Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum : cet amoureux des animaux qui a propulsé Dubaï dans le XXIe siècle.

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Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, né le 15 juillet 1949, est vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis et souverain de Dubaï. Il règne sur l’émirat depuis le 4 janvier 2006. Son parcours est intimement lié à la transformation de Dubaï en plateforme mondiale du commerce, de l’aviation, du tourisme et des services. Mais il existe aussi chez lui une passion beaucoup plus personnelle et ancienne : celle des chevaux, qui l’a conduit à devenir l’une des figures majeures des courses et de l’élevage de pur-sang à l’échelle internationale.

De la génération de Sheikh Rashid au Dubaï contemporain

Sheikh Mohammed a poursuivi la vision de son père, Sheikh Rashid bin Saeed Al Maktoum, qui avait posé une grande partie des fondations économiques et infrastructurelles du Dubaï moderne. De retour à Dubaï en 1968 après sa formation au Royaume-Uni, Sheikh Mohammed fut nommé à la tête de la police et de la sécurité publique de Dubaï, puis devint le premier ministre de la Défense des Émirats arabes unis lors de la création de la fédération.

Le 3 janvier 1995, il fut nommé prince héritier de Dubaï. Mais bien avant cette date, son père lui avait déjà confié des dossiers déterminants. Il joua notamment un rôle majeur dans le développement de l’aviation de Dubaï et prit en charge, en 1985, la création de la zone franche de Jebel Ali. La même année naissait Emirates Airline, avec l’ambition de faire de Dubaï un carrefour aérien international.

Construire la « marque Dubaï »

À partir des années 1990, cette stratégie devient beaucoup plus visible. Dubai Shopping Festival, développement des zones franches spécialisées, essor de l’immobilier, hôtellerie de luxe, tourisme, grands événements et infrastructures spectaculaires participent à la création d’une véritable marque mondiale. Dubai Internet City est lancée en 1999 ; d’autres pôles dédiés aux médias, à la finance ou aux technologies suivront.

Le Burj Khalifa, Palm Jumeirah ou le Dubai Mall ne sont évidemment pas l’œuvre d’un seul homme, mais ils s’inscrivent dans un modèle politique et économique qui a encouragé des projets d’une ampleur exceptionnelle. Le résultat est aujourd’hui évident : Dubaï est devenue l’une des villes les plus identifiables au monde, avec une économie bien plus diversifiée que ne le laisserait penser l’image traditionnelle d’un État du Golfe vivant essentiellement du pétrole.

Innovation, numérique et intelligence artificielle

Sheikh Mohammed a également fait de la technologie l’un des piliers du positionnement de Dubaï. Smart Dubai, la numérisation des services publics, les stratégies blockchain et les programmes liés à l’intelligence artificielle s’inscrivent dans cette logique. Le gouvernement émirati a progressivement développé des services accessibles en ligne et sur mobile, avec l’objectif affiché de simplifier les démarches et de réduire le recours au papier.

L’ancien article citait une « Université Mohammed Bin Rashid pour l’intelligence artificielle ». Cette institution n’existe pas sous ce nom : Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence se trouve à Abu Dhabi et porte le nom du président des Émirats. À Dubaï, un exemple beaucoup plus pertinent est le Dubai Universal Blueprint for Artificial Intelligence, lancé en 2024 sous l’impulsion de Sheikh Hamdan et dans le cadre de la stratégie de Dubaï visant à accélérer l’adoption de l’IA dans l’économie et les services publics.

Une passion immense pour les chevaux

La passion de Sheikh Mohammed pour les chevaux n’est pas un élément de communication ajouté à son parcours politique : elle remonte à son enfance. Godolphin raconte qu’il montait déjà à cru avec ses amis sur les plages de Jumeirah. Lors de ses études au Royaume-Uni, il assista en 1967 à sa première réunion de courses à Newmarket. Dix ans plus tard, sa pouliche Hatta lui offrait sa première victoire comme propriétaire à Brighton.

Cette passion allait prendre une dimension internationale avec la création de Godolphin, aujourd’hui l’une des plus importantes organisations mondiales de courses et d’élevage de pur-sang. Ses célèbres couleurs bleu roi sont présentes sur les hippodromes d’Europe, d’Australie, du Japon, des États-Unis et de Dubaï. L’organisation comprend également l’activité d’étalons Darley et a remporté des milliers de courses à travers le monde, dont de très nombreuses épreuves de Groupe 1.

Dubai World Cup : amener le monde des courses à Dubaï

Sheikh Mohammed est également à l’origine du concept de la Dubai World Cup. La première édition eut lieu en 1996 à Nad Al Sheba et fut remportée par le champion américain Cigar. L’idée était ambitieuse : faire venir à Dubaï les meilleurs chevaux d’Europe, des États-Unis, du Moyen-Orient et d’ailleurs pour une course capable de rivaliser immédiatement avec les grands rendez-vous hippiques historiques.

L’événement se déroule aujourd’hui à Meydan et reste l’une des grandes soirées internationales du calendrier hippique. Là encore, on retrouve une méthode très « Dubaï » : créer un événement suffisamment spectaculaire pour obliger le monde à regarder dans cette direction.

Animaux, désert et conservation

Son intérêt pour le monde animal est surtout documenté à travers les chevaux et les activités liées au désert. Dubaï a parallèlement développé une politique de conservation particulièrement visible avec la Dubai Desert Conservation Reserve, qui protège une vaste partie de l’écosystème désertique et des espèces comme l’oryx d’Arabie. Les programmes de réintroduction de l’oryx ont permis à cet animal emblématique de retrouver une place importante dans les zones protégées de l’émirat.

Plutôt que d’attribuer personnellement à Sheikh Mohammed chaque programme d’adoption ou de bien-être animal mené à Dubaï, ce qui serait difficile à établir, il est plus intéressant de constater la place occupée par les animaux dans l’identité de l’émirat : chevaux arabes et pur-sang, faucons, oryx, gazelles et réserves désertiques font partie d’un patrimoine qui cohabite désormais avec l’image ultramoderne de la ville.

Le bâtisseur de la « marque Dubaï »

Là où son père avait posé les fondations économiques de l’émirat moderne, Sheikh Mohammed a contribué à transformer Dubaï en une marque mondiale. Gigantisme architectural, aviation, commerce, luxe, tourisme, événements internationaux, technologies et connectivité sont devenus les éléments d’une identité immédiatement reconnaissable.

Son influence dépasse largement les frontières des Émirats : investissements internationaux, compagnies et infrastructures mondiales, événements, courses hippiques et diplomatie économique participent aujourd’hui au rayonnement de Dubaï. Cette transformation spectaculaire n’empêche évidemment pas les débats sur le modèle social, politique et environnemental de l’émirat ; elle montre en revanche l’ampleur du projet mené en quelques décennies.

Et au milieu des gratte-ciel, des avions, des ports et des projets futuristes, les chevaux restent probablement l’une des constantes les plus personnelles de son parcours. Godolphin en est aujourd’hui la manifestation la plus visible : une passion née dans le désert devenue, elle aussi, une organisation mondiale.


Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum: the Horse Lover Who Propelled Dubai into the 21st Century

Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, born on 15 July 1949, is Vice President and Prime Minister of the United Arab Emirates and Ruler of Dubai. He has ruled the emirate since 4 January 2006. His career is intimately linked to Dubai’s transformation into a global platform for trade, aviation, tourism and services. Yet he also has a much older and more personal passion: horses, which has made him one of the major international figures in thoroughbred racing and breeding.

From Sheikh Rashid’s generation to contemporary Dubai

Sheikh Mohammed continued the vision of his father, Sheikh Rashid bin Saeed Al Maktoum, who laid much of the economic and infrastructural foundation of modern Dubai. Returning to Dubai in 1968 after training in the United Kingdom, Sheikh Mohammed was appointed Head of Dubai Police and Public Security and later became the United Arab Emirates’ first Minister of Defence when the federation was established.

On 3 January 1995, he was appointed Crown Prince of Dubai. Long before then, however, his father had already entrusted him with important responsibilities. He played a major role in the development of Dubai’s aviation sector and, in 1985, was given responsibility for establishing Jebel Ali Free Zone. Emirates Airline was also born that year, with the ambition of turning Dubai into an international aviation crossroads.

Building the “Dubai brand”

From the 1990s onwards, this strategy became much more visible. Dubai Shopping Festival, specialised free zones, property development, luxury hospitality, tourism, major events and spectacular infrastructure all contributed to the creation of a genuine global brand. Dubai Internet City was launched in 1999; other hubs devoted to media, finance and technology would follow.

Burj Khalifa, Palm Jumeirah and Dubai Mall were obviously not the work of one man, but they belong to a political and economic model that encouraged projects on an exceptional scale. The result is clear today: Dubai has become one of the world’s most recognisable cities, with an economy far more diversified than the traditional image of a Gulf state living primarily from oil might suggest.

Innovation, digital government and artificial intelligence

Sheikh Mohammed has also made technology one of the pillars of Dubai’s positioning. Smart Dubai, the digitisation of public services, blockchain strategies and artificial-intelligence programmes all form part of this approach. The Emirati government has progressively developed online and mobile services, with the stated aim of simplifying procedures and reducing reliance on paper.

The previous article referred to a “Mohammed Bin Rashid University for Artificial Intelligence”. No institution exists under that name: Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence is in Abu Dhabi and is named after the UAE President. A much more relevant Dubai example is the Dubai Universal Blueprint for Artificial Intelligence, launched in 2024 under Sheikh Hamdan as part of Dubai’s strategy to accelerate AI adoption across the economy and public services.

An immense passion for horses

Sheikh Mohammed’s passion for horses is not a public-relations detail added to his political career: it dates back to childhood. Godolphin recounts that he rode bareback races with friends on Jumeirah Beach. While studying in Britain, he attended his first race meeting at Newmarket in 1967. Ten years later, his filly Hatta gave him his first success as an owner at Brighton.

That passion would assume an international dimension with the creation of Godolphin, now one of the world’s largest thoroughbred racing and breeding organisations. Its famous royal-blue silks appear on racecourses in Europe, Australia, Japan, the United States and Dubai. The organisation also encompasses the Darley stallion operation and has won thousands of races around the world, including numerous Group 1 contests.

Dubai World Cup: bringing the racing world to Dubai

Sheikh Mohammed also devised the concept of the Dubai World Cup. The inaugural running took place at Nad Al Sheba in 1996 and was won by the American champion Cigar. The idea was ambitious: bring the finest horses from Europe, the United States, the Middle East and elsewhere to Dubai for a race capable of immediately competing for attention with the historic fixtures of world racing.

The event is now staged at Meydan and remains one of the major international nights on the racing calendar. Once again, it reflects a very Dubai-like method: create an event spectacular enough to make the world look in this direction.

Animals, desert and conservation

His interest in animals is most clearly documented through horses and desert traditions. Dubai has also developed a highly visible conservation policy through the Dubai Desert Conservation Reserve, protecting a substantial desert ecosystem and species such as the Arabian oryx. Reintroduction programmes have helped this emblematic animal regain an important presence within the emirate’s protected areas.

Rather than personally attributing every animal-adoption or welfare programme in Dubai to Sheikh Mohammed, which would be difficult to establish, it is more interesting to note the place animals occupy in the emirate’s identity: Arabian horses and thoroughbreds, falcons, oryx, gazelles and desert reserves form part of a heritage that now coexists with the city’s ultra-modern image.

The builder of the “Dubai brand”

Where his father laid the economic foundations of the modern emirate, Sheikh Mohammed helped turn Dubai into a global brand. Architectural gigantism, aviation, commerce, luxury, tourism, international events, technology and connectivity have become elements of an immediately recognisable identity.

His influence extends well beyond the UAE’s borders: international investments, global companies and infrastructure, events, horse racing and economic diplomacy all contribute to Dubai’s reach today. This spectacular transformation does not eliminate debate about the emirate’s social, political and environmental model; it does, however, demonstrate the scale of the project carried out over only a few decades.

And amid the skyscrapers, aircraft, ports and futuristic projects, horses probably remain one of the most personal constants in his life. Godolphin is now its most visible expression: a passion born in the desert that became, like Dubai itself, a global organisation.

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