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Il y a quelque chose de profondément pourri dans une société quand certains trouvent du divertissement dans la souffrance d’un être vivant.
Les faits récents donnent la nausée. En Hollande, la police a lancé l’alerte après une série d’actes de cruauté commis par des jeunes : un poussin vivant a été utilisé comme ballon de football avant d’être écrasé avec une fatbike, le tout filmé puis partagé sur les réseaux sociaux. D’autres oiseaux ont également été attaqués dans plusieurs incidents. Les autorités parlent d’un phénomène d’imitation nourri par la recherche de vues et de réactions en ligne.
Prendre un poussin, une créature fragile qui ne représente aucune menace pour personne, et s’en servir comme d’un ballon de football n’est pas une simple bêtise de jeunesse. Ce n’est pas une plaisanterie. Ce n’est pas une erreur. C’est un acte de cruauté pure. Quand quelqu’un est capable de rire pendant qu’un animal agonise, il révèle quelque chose de glaçant sur lui-même : une absence totale d’empathie.
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. En Belgique, une affaire de grande ampleur a conduit au renvoi devant le tribunal correctionnel de la propriétaire d’un domaine où près de 270 animaux avaient été retrouvés amaigris, malades ou morts dans des conditions effroyables. En France, plus de 820 animaux ont été saisis dans un élevage clandestin du Var où les conditions de détention ont été jugées indignes.
Le plus révoltant n’est même pas toujours la violence elle-même. C’est la fierté avec laquelle elle est commise et montrée. On filme. On partage. On cherche des likes. On transforme la souffrance en spectacle. Comme si la douleur d’un être vivant n’était plus qu’un contenu parmi d’autres à faire défiler sur un écran.
Les animaux ne sont pas des objets, des jouets ou des accessoires pour adolescents en quête d’attention débile. Ils ressentent la peur, le stress et la douleur. Ils ne comprennent pas pourquoi on les frappe, pourquoi on les terrorise, pourquoi on les tue pour rire.
Et il faut arrêter de chercher des excuses. La jeunesse n’excuse pas tout. Des millions d’enfants et d’adolescents grandissent sans torturer d’animaux. L’âge n’efface ni la responsabilité ni la gravité des actes. Lorsqu’on prend plaisir à faire souffrir un être sans défense, ce n’est pas de l’humour noir, ce n’est pas de la provocation : c’est une faillite morale.
Une société qui banalise ces actes prépare le terrain à d’autres violences. Car l’empathie ne se découpe pas en morceaux. Celui qui apprend à mépriser la souffrance animale apprend surtout à mépriser la souffrance tout court.
Les animaux n’ont ni avocat, ni voix, ni possibilité de se défendre. Ils dépendent entièrement de notre capacité à rester humains. Et ceux qui transforment leur douleur en jeu ne méritent ni admiration, ni excuses, ni indulgence. Ils méritent d’être confrontés à la gravité de leurs actes et à des sanctions réelles.
Le degré de civilisation d’une société se mesure aussi à la manière dont elle traite les êtres les plus vulnérables. Quand certains s’acharnent sur un poussin, un chien, un chat ou un cheval pour s’amuser, ils ne montrent pas leur force. Ils exposent seulement leur médiocrité et leur lâcheté.
Qui est responsable ?
Il est également temps de poser une question que beaucoup évitent : où sont les parents ? Éduquer un enfant ne consiste pas seulement à lui fournir un toit, un téléphone et une connexion internet. C’est aussi lui apprendre le respect du vivant, l’empathie et les limites. Lorsqu’un jeune est capable de torturer un animal, de filmer la scène et de la diffuser fièrement, il y a eu quelque part un échec éducatif majeur.
Les parents ne sont pas responsables de chacun des actes de leurs enfants, mais ils ont le devoir de leur transmettre des valeurs fondamentales.
Quant à la justice, sa mansuétude chronique en matière de maltraitance animale envoie un signal désastreux. Trop souvent, les auteurs s’en sortent avec des sanctions symboliques qui ne reflètent en rien la gravité des faits. Tant que la souffrance infligée à un être vivant sera traitée comme une faute mineure, certains continueront à croire qu’ils peuvent agir en toute impunité. Une société qui protège réellement les plus vulnérables ne se contente pas de condamner ces actes en paroles : elle les sanctionne avec fermeté.
Que faire en cas de maltraitance animale ?
FRANCE : il existe notamment le numéro national 3677 SOS Maltraitance Animale, ainsi que les dispositifs de signalement auprès des autorités.
BELGIQUE : cela dépend de la région, mais en cas d’urgence ou si un animal est en danger immédiat, il faut appeler la police au 101.
Pour la Wallonie, le numéro officiel est le 1718 (option 2).
Pour Bruxelles, vous pouvez déposer une plainte auprès de Bruxelles Environnement via leur formulaire dédié ou contacter la police si la situation est urgente.
Si vous êtes témoin d’un acte de cruauté, le plus utile est de conserver les preuves : vidéos, captures d’écran, profils utilisés, date, heure et lieu des faits. Transmettez ensuite ces éléments directement aux autorités compétentes. Les réseaux sociaux effacent parfois les contenus rapidement ; quelques captures d’écran peuvent alors faire toute la différence dans une enquête.
Le mot de la fin
La façon dont une société traite ses animaux révèle ce qu’elle est vraiment. Et lorsque certains prennent plaisir à faire souffrir les plus vulnérables, ce n’est pas seulement l’animal qui est victime : c’est notre humanité tout entière qui recule.
When Animal Cruelty Becomes Entertainment: the Shame of Our Time
There is something profoundly rotten in a society when some people find entertainment in the suffering of a living being.
Recent events are sickening. In the Netherlands, police sounded the alarm after a series of acts of cruelty committed by young people: a live chick was used as a football before being run over with a fatbike, with the whole thing filmed and then shared on social media. Other birds were also attacked in several incidents. The authorities have spoken of copycat behaviour fuelled by the pursuit of views and reactions online.
Taking a chick, a fragile creature that poses no threat to anyone, and using it as a football is not simply youthful stupidity. It is not a joke. It is not a mistake. It is an act of pure cruelty. When someone is capable of laughing while an animal is dying, it reveals something chilling about them: a complete absence of empathy.
Unfortunately, this case is not an isolated one. In Belgium, a major case led to the owner of an estate being referred to the criminal court after nearly 270 animals were found emaciated, ill or dead in appalling conditions. In France, more than 820 animals were seized from an illegal breeding operation in the Var, where the conditions in which they were kept were deemed unacceptable.
What is most revolting is not always even the violence itself. It is the pride with which it is committed and displayed. They film it. They share it. They chase likes. They turn suffering into a spectacle. As though the pain of a living being were nothing more than another piece of content to scroll past on a screen.
Animals are not objects, toys or accessories for teenagers in search of mindless attention. They feel fear, stress and pain. They do not understand why they are being hit, why they are being terrorised, why they are being killed for a laugh.
And we need to stop looking for excuses. Being young does not excuse everything. Millions of children and teenagers grow up without torturing animals. Age erases neither responsibility nor the seriousness of such acts. When someone takes pleasure in making a defenceless being suffer, it is not dark humour and it is not provocation: it is a moral failure.
A society that normalises such acts lays the groundwork for other forms of violence. Empathy cannot be divided into separate compartments. Someone who learns to despise animal suffering is, above all, learning to despise suffering itself.
Animals have no lawyer, no voice and no way of defending themselves. They depend entirely on our ability to remain human. And those who turn their pain into a game deserve neither admiration, excuses nor indulgence. They deserve to be confronted with the seriousness of their actions and with real consequences.
The degree of civilisation of a society can also be measured by the way it treats its most vulnerable beings. When people torment a chick, a dog, a cat or a horse for amusement, they are not showing strength. They are merely exposing their mediocrity and cowardice.
Who Is Responsible?
It is also time to ask a question that many people avoid: where are the parents? Raising a child is not simply about providing a roof, a phone and an internet connection. It also means teaching them respect for living beings, empathy and boundaries. When a young person is capable of torturing an animal, filming the scene and proudly sharing it, somewhere along the way there has been a major failure in education.
Parents are not responsible for every single act committed by their children, but they have a duty to pass on fundamental values.
As for the justice system, its chronic leniency towards animal abuse sends a disastrous message. Far too often, perpetrators get away with symbolic penalties that in no way reflect the seriousness of their actions. As long as suffering inflicted on a living being is treated as a minor offence, some people will continue to believe that they can act with impunity. A society that genuinely protects the most vulnerable does not merely condemn such acts in words: it punishes them firmly.
What Should You Do in Cases of Animal Abuse?
FRANCE: there is, among other resources, the national 3677 SOS Maltraitance Animale number, as well as official channels for reporting abuse to the authorities.
BELGIUM: procedures vary by region, but in an emergency or if an animal is in immediate danger, call the police on 101.
In Wallonia, the official number is 1718 (option 2).
In Brussels, you can file a complaint with Brussels Environment using its dedicated form, or contact the police if the situation is urgent.
If you witness an act of cruelty, the most useful thing you can do is preserve the evidence: videos, screenshots, profiles used, and the date, time and location of the incident. Then pass this information directly to the relevant authorities. Social media platforms sometimes remove content quickly; a few screenshots can therefore make all the difference to an investigation.
A Final Word
The way a society treats its animals reveals what it truly is. And when some people take pleasure in making the most vulnerable suffer, it is not only the animal that becomes a victim: our humanity as a whole takes a step backwards.
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