Les Animaux d’Australie : la faune la plus folle et fabuleuse du monde

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L’Australie possĂšde cette capacitĂ© assez extraordinaire Ă  faire croire que l’évolution s’y est amusĂ©e davantage qu’ailleurs. Marsupiaux qui mettent leur grossesse sur pause, mammifĂšres qui pondent des Ɠufs, wombats aux crottes cubiques, oiseaux incapables de voler et koalas qui passent une grande partie de leur vie Ă  dormir : la rĂ©alitĂ© est dĂ©jĂ  suffisamment Ă©trange pour qu’il soit inutile d’en rajouter.

Kangourous : beaucoup plus que des boxeurs

Le kangourou est devenu l’un des symboles de l’Australie, mais ses particularitĂ©s dĂ©passent largement ses cĂ©lĂšbres bonds. Les grands kangourous peuvent franchir plusieurs mĂštres en un saut et leur Ă©norme queue musculaire fonctionne presque comme une cinquiĂšme patte lorsqu’ils se dĂ©placent lentement. Les femelles de plusieurs espĂšces peuvent Ă©galement suspendre le dĂ©veloppement d’un embryon grĂące Ă  la diapause embryonnaire. Quant aux combats entre mĂąles, ils existent bien, mais le geste spectaculaire consiste surtout Ă  prendre appui sur la queue pour frapper l’adversaire avec les puissantes pattes arriĂšre.

Koalas : dormir est presque un métier à plein temps

Non, le koala n’est pas un ours mais un marsupial. Son alimentation trĂšs spĂ©cialisĂ©e repose essentiellement sur les feuilles d’eucalyptus, pauvres en Ă©nergie, ce qui explique en partie ses longues pĂ©riodes de repos : il peut dormir ou somnoler jusqu’à une vingtaine d’heures par jour. Et derriĂšre son allure de peluche se cache une voix Ă©tonnante. Les mĂąles produisent notamment de profonds beuglements qui semblent sortir d’un animal beaucoup plus imposant.

Émeus : et cette improbable « guerre » de 1932

L’émeu est le deuxiĂšme plus grand oiseau vivant aprĂšs l’autruche et ne vole pas, mais il court remarquablement bien. Il partage avec le kangourou les armoiries australiennes. Et puis il y a la fameuse « Emu War » de 1932 : face aux milliers d’émeus qui endommageaient les cultures en Australie-Occidentale, des soldats Ă©quipĂ©s de mitrailleuses furent envoyĂ©s pour rĂ©duire leur nombre. L’opĂ©ration fut si peu efficace qu’elle est entrĂ©e dans la lĂ©gende comme une guerre perdue contre les Ă©meus. Ce n’était Ă©videmment pas une vĂ©ritable guerre, mais l’histoire est suffisamment absurde pour ne pas avoir besoin d’ĂȘtre embellie.

Ornithorynque : l’animal qui semble avoir empruntĂ© des piĂšces partout

L’ornithorynque est un monotrĂšme : un mammifĂšre qui pond des Ɠufs. Son bec souple dĂ©tecte les signaux Ă©lectriques produits par ses proies sous l’eau et le mĂąle possĂšde un Ă©peron venimeux sur chaque patte arriĂšre. Son venin peut provoquer une douleur intense chez l’ĂȘtre humain, mĂȘme s’il n’est gĂ©nĂ©ralement pas considĂ©rĂ© comme mortel. Avec son bec, sa queue plate, ses pattes palmĂ©es et son mode de reproduction, l’animal avait d’ailleurs paru si invraisemblable aux premiers naturalistes europĂ©ens que certains soupçonnĂšrent un canular.

Diables de Tasmanie : bruyants, puissants
 et menacés

Le diable de Tasmanie est le plus grand marsupial carnivore vivant. Ses cris, grognements et hurlements lors des repas ont largement contribué à sa réputation, tout comme ses mùchoires capables de consommer os et cartilage. Mais derriÚre le personnage de petit monstre se cache une espÚce confrontée depuis les années 1990 à une maladie transmissible rarissime, la tumeur faciale du diable, qui a décimé de nombreuses populations sauvages. Les programmes de conservation sont donc devenus essentiels à son avenir.

Serpents et araignées : réputation terrifiante, risque à relativiser

Oui, l’Australie abrite plusieurs des serpents les plus venimeux du monde, notamment le taipan de l’intĂ©rieur, ainsi que des araignĂ©es mĂ©dicalement importantes comme la Sydney funnel-web et la redback. Mais transformer le pays en gigantesque piĂšge mortel est une caricature. Les morsures graves restent relativement rares, les antivenins et les protocoles mĂ©dicaux sont trĂšs efficaces et la plupart des animaux cherchent davantage Ă  Ă©viter l’ĂȘtre humain qu’à l’attaquer. La prudence reste nĂ©cessaire dans le bush ; la panique, beaucoup moins.

Et quelques autres champions de l’étrange

Wombat

Les wombats sont des marsupiaux fouisseurs trapus et puissants. Leur célébrité la plus improbable est parfaitement réelle : leurs excréments ont une forme cubique, phénomÚne lié aux propriétés mécaniques particuliÚres de leur intestin.

CacatoĂšs

Les cacatoĂšs font partie du paysage sonore australien autant que du paysage visuel. Intelligents, sociaux et parfois spectaculairement bruyants, certaines espĂšces se sont parfaitement adaptĂ©es aux villes et ont appris Ă  exploiter les ressources humaines — y compris, chez certains cacatoĂšs Ă  huppe jaune, l’art d’ouvrir les poubelles.

Quokka

Le quokka, petit marsupial surtout cĂ©lĂšbre Ă  Rottnest Island en Australie-Occidentale, doit sa rĂ©putation d’« animal le plus heureux du monde » Ă  la forme de sa bouche, qui donne souvent l’impression qu’il sourit. Il n’est Ă©videmment pas en train de sourire pour la photo : c’est notre cerveau humain qui interprĂšte son expression. Cela ne l’empĂȘche pas d’ĂȘtre extrĂȘmement photogĂ©nique.

Le mot de la fin

La faune australienne est extraordinaire non parce qu’elle serait composĂ©e uniquement d’animaux dangereux, mais parce que des millions d’annĂ©es d’isolement ont favorisĂ© des lignĂ©es et des adaptations que l’on rencontre rarement ailleurs. Les marsupiaux y occupent des niches Ă©cologiques Ă©tonnamment diverses, tandis que l’ornithorynque et l’échidnĂ© reprĂ©sentent une branche encore plus singuliĂšre de l’évolution des mammifĂšres. L’Australie n’est donc pas ce « zoo gĂ©ant oĂč tout cherche Ă  vous tuer » que les plaisanteries Internet aiment dĂ©crire. C’est beaucoup mieux : un gigantesque laboratoire naturel oĂč l’évolution semble avoir testĂ© quelques idĂ©es particuliĂšrement originales.


Australia’s extraordinary animals: the world’s strangest and most wonderful wildlife?

Australia has a remarkable ability to make it seem as though evolution had rather more fun there than elsewhere. Marsupials that can pause a pregnancy, egg-laying mammals, wombats producing cube-shaped droppings, flightless birds and koalas that spend much of their lives asleep: reality is already strange enough without any need for exaggeration.

Kangaroos: much more than boxers

The kangaroo has become one of Australia’s great symbols, but its peculiarities go far beyond its famous hops. Large kangaroos can cover several metres in a single bound, while their enormous muscular tail functions almost like a fifth leg when they move slowly. Females of several species can also suspend an embryo’s development through embryonic diapause. And while males certainly do fight, their most spectacular move involves balancing on the tail and striking an opponent with their powerful hind legs.

Koalas: sleeping is practically a full-time occupation

No, the koala is not a bear but a marsupial. Its highly specialised diet consists essentially of eucalyptus leaves, which are low in energy, helping to explain its very long periods of rest: a koala may sleep or doze for around twenty hours a day. And beneath that cuddly appearance lies an astonishing voice. Males in particular produce deep bellows that sound as though they belong to a much larger animal.

Emus: and that improbable 1932 “war”

The emu is the world’s second-largest living bird after the ostrich and cannot fly, although it can run remarkably well. Alongside the kangaroo, it appears on Australia’s coat of arms. Then there is the famous 1932 “Emu War”: when thousands of emus damaged crops in Western Australia, soldiers equipped with machine guns were sent to reduce their numbers. The operation proved so ineffective that it entered popular legend as a war lost to the emus. It was not, of course, an actual war, but the story is absurd enough without embellishment.

Platypus: the animal that seems to have borrowed parts from everywhere

The platypus is a monotreme: an egg-laying mammal. Its soft bill detects electrical signals produced by prey underwater, while males have a venomous spur on each hind leg. The venom can cause intense pain in humans, although it is not generally considered fatal. With its bill, flat tail, webbed feet and peculiar reproduction, the creature seemed so implausible to early European naturalists that some suspected a hoax.

Tasmanian devils: noisy, powerful
 and threatened

The Tasmanian devil is the world’s largest living carnivorous marsupial. Its screams, growls and shrieks around food have contributed greatly to its reputation, as have jaws capable of consuming bone and cartilage. Yet behind the miniature-monster image lies a species confronted since the 1990s by an extraordinarily rare transmissible cancer, devil facial tumour disease, which has devastated many wild populations. Conservation programmes have therefore become essential to its future.

Snakes and spiders: terrifying reputation, more measured reality

Yes, Australia is home to several of the world’s most venomous snakes, including the inland taipan, as well as medically significant spiders such as the Sydney funnel-web and redback. Turning the entire country into one enormous death trap, however, is a caricature. Serious bites are comparatively uncommon, antivenoms and medical protocols are highly effective, and most animals are far more interested in avoiding people than attacking them. Caution in the bush is sensible; panic rather less so.

And a few more champions of the strange

Wombat

Wombats are stocky, powerful burrowing marsupials. Their most improbable claim to fame is perfectly real: their droppings are cube-shaped, a phenomenon linked to the unusual mechanical properties of their intestines.

Cockatoo

Cockatoos are as much a part of Australia’s soundscape as its landscape. Intelligent, social and sometimes spectacularly noisy, some species have adapted perfectly to cities and learnt to exploit human resources — including, among some sulphur-crested cockatoos, the art of opening rubbish bins.

Quokka

The quokka, a small marsupial particularly famous on Rottnest Island in Western Australia, owes its reputation as the “world’s happiest animal” to the shape of its mouth, which often gives the impression of a smile. It is not, of course, deliberately smiling for the camera: that is our human brain interpreting its expression. This does not make it any less photogenic.

A final thought

Australian wildlife is extraordinary not because it consists entirely of dangerous creatures, but because millions of years of isolation favoured lineages and adaptations rarely encountered elsewhere. Marsupials occupy remarkably diverse ecological niches, while the platypus and echidnas represent an even more singular branch of mammalian evolution. Australia is therefore not the “giant zoo where everything is trying to kill you” of Internet jokes. It is something far better: an enormous natural laboratory where evolution appears to have tested some particularly original ideas.

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