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Ce drapeau aperçu à l’entrée de Monument Valley en territoire Navajo m’a interpellée par la mélancolie qui s’en dégageait.
On m’en a alors raconté la triste histoire.
End of the Trail est au départ une sculpture en bronze réalisée par James Earle Fraser et aussi l’une de ses œuvres les plus emblématiques.

Modelée pour la première fois en 1894, la sculpture raconte l’expérience de Fraser qui a grandi dans le territoire du Dakota.
Il cite : « Quand j’étais enfant, je me suis souvenu d’un vieux trappeur du Dakota qui disait : “Les Indiens seront un jour poussés dans l’océan Pacifique”. »
L’artiste a déclaré plus tard que l’idée lui était venue de représenter un Indien arrivant au bout de la piste, au bord du Pacifique, au bout de son chemin.
En 1915, Fraser a exposé une version monumentale en plâtre de l’œuvre à l’Exposition internationale Panama-Pacifique de San Francisco, ce qui lui a valu un succès populaire et une médaille d’or.
En quelques mois, des milliers de tirages et de photographies de la statue ont été vendus, et en 1918, Fraser a commencé à produire des réductions en bronze de la sculpture.
Aujourd’hui, « End of the Trail » a été reproduite à l’infini en peinture et en gravure, sur des affiches, des T-shirts, des sacs, des boucles de ceinture, des drapeaux. Ce visuel a même figuré sur la couverture de l’album Surf’s Up des Beach Boys en 1971.

Fraser tenait absolument à montrer les effets néfastes de la colonisation américaine sur les nations amérindiennes confinées dans des réserves gouvernementales. Assis sur un cheval balayé par le vent, le personnage s’affaisse avec découragement, incarnant l’épuisement physique et la souffrance d’un peuple conduit de force au bout du chemin.
La sculpture de Fraser a été interprétée de diverses manières : alors que certains critiques considéraient le déclin de l’Indien comme une étape nécessaire de la « marche du progrès » de l’Amérique vers l’ouest, d’autres ont vu dans l’œuvre un réquisitoire plein de remords contre « la stupidité nationale qui a avidement et cruellement détruit une race de personnes possédant imagination, intégrité, fidélité et noblesse », comme l’a écrit un critique anonyme dans Touchstone en 1920.
Une œuvre criante de douleur.
End of the Trail – Navajo Nation, Arizona, Monument Valley
This flag, which I spotted at the entrance to Monument Valley in Navajo territory, struck me because of the melancholy it seemed to convey.
I was then told its sad story.
End of the Trail was originally a bronze sculpture created by James Earle Fraser and is also one of his most iconic works.

First modelled in 1894, the sculpture reflects Fraser’s experience of growing up in Dakota Territory.
He is quoted as saying: “When I was a child, I remembered an old Dakota trapper saying: ‘The Indians will someday be pushed into the Pacific Ocean.’”
The artist later said that the idea came to him to portray a Native American reaching the end of the trail, at the edge of the Pacific, at the end of his journey.
In 1915, Fraser exhibited a monumental plaster version of the work at the Panama-Pacific International Exposition in San Francisco, where it achieved popular success and won a gold medal.
Within a few months, thousands of prints and photographs of the statue had been sold, and in 1918 Fraser began producing smaller bronze versions of the sculpture.
Today, “End of the Trail” has been reproduced endlessly in paintings and engravings, on posters, T-shirts, bags, belt buckles and flags. The image even appeared on the cover of the Beach Boys’ 1971 album Surf’s Up.

Fraser was determined to show the damaging effects of American colonisation on Native American nations confined to government reservations. Sitting on a wind-battered horse, the figure slumps in discouragement, embodying the physical exhaustion and suffering of a people forcibly driven to the end of the trail.
Fraser’s sculpture has been interpreted in different ways: while some critics regarded the decline of the Native American as a necessary stage in America’s westward “march of progress”, others saw the work as a remorseful indictment of “the national stupidity which greedily and cruelly destroyed a race of people possessing imagination, integrity, fidelity and nobility”, as an anonymous critic wrote in Touchstone in 1920.
A work that cries out in pain.
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