đŹđ§ This article is also available in English
La Chine nâest pas celle que vous croyez
Il suffit de prononcer le mot « Chine » pour que chacun ait immĂ©diatement une image en tĂȘte. Des foules, des vĂ©los, des usines, des temples, des bols de riz, une pollution Ă couper au couteau et, quelque part au milieu de tout cela, la Grande Muraille. Ajoutez quelques pandas pour la touche sympathique et un drapeau rouge pour le contexte politique, et nous voilĂ Ă peu prĂšs Ă©quipĂ©s de tout lâimaginaire occidental sur le sujet. Le problĂšme, câest quâune bonne partie de ces images semble avoir Ă©tĂ© soigneusement conservĂ©e dans du formol depuis une vingtaine dâannĂ©es.
Pendant que nous continuions Ă nous demander si les Chinois copiaient nos technologies, ils ont construit des villes dans lesquelles certains EuropĂ©ens ont dĂ©sormais lâimpression de dĂ©barquer dans le futur. Pendant que nous sortons encore notre carte bancaire pour acheter un cafĂ©, des millions de Chinois rĂšglent depuis longtemps une multitude de dĂ©penses avec leur tĂ©lĂ©phone. Et pendant que nous imaginons parfois un pays compliquĂ© Ă visiter, la Chine dĂ©roule aujourdâhui le tapis rouge aux touristes de nombreux pays. Pour les Belges, câest mĂȘme devenu Ă©tonnamment simple : avec un passeport ordinaire, il est actuellement possible dây sĂ©journer jusquâĂ 30 jours sans visa pour un voyage touristique, notamment. Cette exemption est prĂ©vue jusquâau 31 dĂ©cembre 2026.
Bref, la Chine nâest probablement pas celle que vous croyez. Et câest justement ce qui la rend intĂ©ressante.
Un futur qui a poussé trÚs vite
Shanghai de nuit est sans doute lâune des images les plus Ă©videntes de cette nouvelle Chine. Mais il y a aussi Shenzhen, dont le nom Ă©voquait autrefois surtout les usines produisant nos tĂ©lĂ©phones et nos gadgets Ă©lectroniques. La ville est aujourdâhui devenue lâun des grands laboratoires technologiques du pays. Robotique, intelligence artificielle, vĂ©hicules Ă©lectriques, drones : des entrepreneurs Ă©trangers viennent dĂ©sormais en Chine non seulement pour produire, mais aussi pour observer ce qui sây invente.
Ce retournement de situation est assez fascinant. Nous avons passĂ© des annĂ©es Ă regarder la Chine comme « lâusine du monde ». Une gigantesque machine capable de fabriquer rapidement et Ă bas prix ce que nous concevions ailleurs. Cette vision nâest pas totalement fausse, mais elle est terriblement incomplĂšte. La Chine veut aussi concevoir, breveter, automatiser et exporter ses propres technologies. Et certaines de ses villes semblent avoir dĂ©cidĂ© quâattendre tranquillement que le reste du monde les rattrape nâĂ©tait pas au programme.
Le contraste peut dâailleurs ĂȘtre spectaculaire. Quelques heures de dĂ©placement suffisent parfois pour passer d’une mĂ©galopole hĂ©rissĂ©e de gratte-ciel Ă des paysages de riziĂšres, des villages anciens ou des montagnes oĂč l’on retrouve une Chine beaucoup plus proche de celle que nous avions imaginĂ©e. Câest probablement lâune des erreurs que nous faisons le plus souvent avec ce pays : parler de « la Chine » comme sâil sâagissait dâun ensemble homogĂšne. Avec son immensitĂ©, ses diffĂ©rences rĂ©gionales, ses langues et dialectes, ses cuisines et ses paysages, vouloir la rĂ©sumer en quelques clichĂ©s est Ă peu prĂšs aussi raisonnable que de prĂ©tendre comprendre toute lâEurope aprĂšs un week-end Ă Paris.
Votre portefeuille peut rester au fond du sac
Il existe un petit dĂ©tail qui risque de rappeler assez rapidement au voyageur europĂ©en quâil vient de changer de monde : le paiement. En Chine, le tĂ©lĂ©phone est devenu un vĂ©ritable portefeuille. Alipay et Weixin Pay â que nous connaissons gĂ©nĂ©ralement sous le nom de WeChat Pay â sont omniprĂ©sents. Restaurant, taxi, magasin, transports ou petite dĂ©pense du quotidien : le QR code fait partie du paysage.
Pendant longtemps, cette organisation formidable pour les Chinois pouvait se transformer en casse-tĂȘte pour les Ă©trangers. Il fallait parfois un compte bancaire chinois, les cartes occidentales nâĂ©taient pas acceptĂ©es partout et le touriste dĂ©couvrait que possĂ©der une Visa internationale ne faisait pas nĂ©cessairement de lui le roi du pĂ©trole. Les choses ont beaucoup changĂ©. Les visiteurs Ă©trangers peuvent aujourdâhui enregistrer certaines cartes bancaires internationales dans Alipay ou Weixin Pay et utiliser leur tĂ©lĂ©phone pour payer. Les autoritĂ©s chinoises publient mĂȘme des guides spĂ©cialement destinĂ©s aux Ă©trangers pour leur expliquer comment procĂ©der.
Câest lĂ que la Chine devient amusante : ce qui paraĂźt incroyablement pratique une fois que tout fonctionne peut ĂȘtre franchement dĂ©routant pendant les premiĂšres heures. Dans nos pays, perdre son tĂ©lĂ©phone est contrariant. Dans une sociĂ©tĂ© oĂč celui-ci sert Ă payer, commander, rĂ©server et accĂ©der Ă toute une sĂ©rie de services, il peut devenir le centre de votre existence quotidienne. Le progrĂšs simplifie Ă©normĂ©ment les choses⊠à condition dâavoir pensĂ© Ă charger sa batterie.
Le « restaurant chinois » nâexiste pratiquement pas
Il faut Ă©galement rĂ©gler un autre malentendu : la cuisine chinoise. Ce que nous appelons en Belgique « aller manger chinois » est une simplification presque comique. La Chine possĂšde des traditions culinaires extrĂȘmement diffĂ©rentes selon les rĂ©gions, et certains plats que nous associons spontanĂ©ment Ă la cuisine chinoise occidentale ont Ă©tĂ© adaptĂ©s au fil du temps aux goĂ»ts locaux.
Entre les plats pimentĂ©s du Sichuan, la cuisine cantonaise, les nouilles du Nord, les raviolis, les spĂ©cialitĂ©s de Shanghai et les innombrables cuisines rĂ©gionales, on pourrait voyager en Chine en suivant uniquement ce que lâon trouve dans son assiette. Et comme souvent en voyage, câest probablement lorsquâon arrĂȘte de chercher ce que lâon connaĂźt que les choses deviennent intĂ©ressantes.
Ăvidemment, tout ne plaira pas Ă tout le monde. Certains marchĂ©s et certaines habitudes alimentaires peuvent dĂ©router un visiteur europĂ©en. Les textures, les odeurs et mĂȘme notre conception de ce qui constitue ou non une partie « mangeable » dâun animal ne sont pas universelles. Mais câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que commence le voyage : lorsque le monde cesse de sâadapter Ă nous.
Tout est connecté. Enfin⊠presque tout
La Chine est extraordinairement numĂ©rique, mais elle ne lâest pas nĂ©cessairement de la maniĂšre Ă laquelle nous sommes habituĂ©s. Google, Facebook, Instagram, YouTube et plusieurs autres services occidentaux sont soumis Ă des restrictions en Chine continentale. Le voyageur qui arrive avec lâidĂ©e que son tĂ©lĂ©phone fonctionnera exactement comme Ă Bruxelles risque donc quelques surprises.
Câest lâun des paradoxes les plus intĂ©ressants du pays. Vous pouvez vous retrouver dans un environnement technologiquement trĂšs avancĂ© tout en dĂ©couvrant que certains outils numĂ©riques que vous considĂ©riez comme universels ne le sont absolument pas. Le monde chinois possĂšde ses propres plateformes, ses propres applications et son propre Ă©cosystĂšme numĂ©rique.
Et ce nâest pas simplement une particularitĂ© touristique. Internet est contrĂŽlĂ© et la surveillance constitue une rĂ©alitĂ© du systĂšme chinois. CamĂ©ras, identification numĂ©rique et contrĂŽle de certains contenus font partie dâun modĂšle politique trĂšs diffĂ©rent du nĂŽtre. Il serait absurde dâĂ©crire un article sur la modernitĂ© chinoise en passant pudiquement cette rĂ©alitĂ© sous silence sous prĂ©texte que les gratte-ciel de Shanghai sont photogĂ©niques.
Mais il serait tout aussi simpliste de rĂ©duire 1,4 milliard dâindividus Ă leur gouvernement. Voyager sert aussi Ă cela : dĂ©couvrir la diffĂ©rence entre un pays, un rĂ©gime politique et les personnes qui y vivent. Ce sont trois choses que nous avons parfois une fĂącheuse tendance Ă mĂ©langer.
Est-on en sécurité en Chine ?
Câest une question que beaucoup de voyageurs se posent, parfois davantage en raison de lâimage politique du pays que de la criminalitĂ© quotidienne. La Chine peut donner un fort sentiment de sĂ©curitĂ© dans de nombreuses situations ordinaires, notamment dans les grandes villes, mais cela ne signifie Ă©videmment pas que tout risque disparaĂźt.
Surtout, les rĂšgles ne sont pas les nĂŽtres. Et lorsquâon voyage, câest toujours la lĂ©gislation locale qui sâapplique, pas celle que lâon aurait prĂ©fĂ©rĂ© emporter dans sa valise. Certaines attitudes, publications, photographies ou discussions qui nous paraissent parfaitement anodines peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es diffĂ©remment. La meilleure rĂšgle reste probablement celle qui fonctionne partout : se renseigner avant de partir et ne pas confondre voyage avec dĂ©monstration de ses propres certitudes.
Cela ne signifie pas quâil faille visiter la Chine avec la peur au ventre. Cela signifie simplement quâon ne visite pas un pays de cette importance en ignorant totalement son fonctionnement politique et juridique.
Et puis il y a lâautre Chine
Parce quâĂ force de parler de trains, de smartphones, de gratte-ciel et de technologie, on oublierait presque que la Chine est aussi lâune des civilisations les plus anciennes du monde.
Il y a PĂ©kin et la CitĂ© interdite. Xiâan et son armĂ©e de soldats de terre cuite. Les temples. Les montagnes. Les villages. Les jardins. Les traditions qui ont traversĂ© des siĂšcles pendant que des villes entiĂšres se transformaient autour dâelles. Et bien sĂ»r la Grande Muraille, tellement prĂ©sente dans notre imaginaire quâon pourrait presque la considĂ©rer comme un cliché⊠jusquâau moment oĂč lâon se retrouve rĂ©ellement devant elle.
Câest peut-ĂȘtre cette juxtaposition qui donne le plus envie dâaller voir la Chine. On peut y chercher le passĂ© et tomber sur le futur. Partir Ă la recherche dâune Chine traditionnelle et dĂ©couvrir une sociĂ©tĂ© qui, sur certains aspects de la vie quotidienne, a pris plusieurs virages technologiques que nous nâavons pas encore nĂ©gociĂ©s. Puis quitter une ville futuriste et se retrouver quelques heures plus tard face Ă un paysage qui semble nâavoir pas changĂ© depuis des siĂšcles.
Et si le problĂšme venait finalement de nous ?
Nous voyageons souvent avec une curieuse habitude : nous emportons le pays avec nous avant mĂȘme dây ĂȘtre allĂ©s. Nous avons lu des choses, vu des reportages, entendu des opinions. Nous savons dĂ©jĂ ce que nous allons penser. La Chine pousse ce mĂ©canisme Ă lâextrĂȘme parce quâelle fascine autant quâelle inquiĂšte et parce quâelle est devenue lâun des grands sujets politiques, Ă©conomiques et technologiques de notre Ă©poque.
Il ne sâagit pas de devenir naĂŻf sous prĂ©texte de voyager. Les questions concernant les libertĂ©s individuelles, la censure, la surveillance ou les droits humains ne disparaissent Ă©videmment pas lorsquâon achĂšte un billet dâavion. Mais voyager nâoblige pas non plus Ă choisir entre admiration et condamnation. On peut ĂȘtre Ă©merveillĂ© par une ville et critique envers un systĂšme. ImpressionnĂ© par une technologie et mal Ă lâaise devant son utilisation. Adorer une population sans partager la politique de son gouvernement. Le monde est heureusement un peu plus compliquĂ© quâun bouton « jâaime » ou « je nâaime pas ».
Et câest probablement la meilleure raison dâaller en Chine.
Pas pour confirmer ce que nous pensions déjà savoir.
Mais justement pour découvrir tout ce sur quoi nous nous étions trompés.
đ«đ· Lire cet article en français
China Is Not What You Think
Simply say the word âChinaâ and everyone immediately has an image in mind. Crowds, bicycles, factories, temples, bowls of rice, pollution thick enough to cut with a knife and, somewhere in the middle of it all, the Great Wall. Add a few pandas for a friendly touch and a red flag for the political context, and we have more or less assembled the entire Western imaginary of China. The problem is that a good part of those images seems to have been carefully preserved in formaldehyde for the past twenty years.
While we were still wondering whether the Chinese were copying our technologies, they built cities where some Europeans now feel as though they have landed in the future. While we still pull out a bank card to buy a coffee, millions of Chinese people have long been paying for countless everyday purchases with their phones. And while we sometimes imagine China as a complicated country to visit, it is now making travel remarkably easy for tourists from many countries. For Belgians, it has even become surprisingly straightforward: holders of ordinary Belgian passports can currently stay in China visa-free for up to 30 days for tourism, among other eligible purposes. This exemption is scheduled to remain in force until 31 December 2026.
In short, China is probably not what you think it is. And that is precisely what makes it interesting.
A future that arrived very quickly
Shanghai at night is undoubtedly one of the most obvious images of this new China. But there is also Shenzhen, a name that once mainly brought to mind factories producing our phones and electronic gadgets. Today, the city has become one of the countryâs major technological laboratories. Robotics, artificial intelligence, electric vehicles, drones: foreign entrepreneurs now come to China not only to manufacture things, but also to see what is being invented there.
The reversal is rather fascinating. For years, we looked at China as âthe factory of the worldâ: a gigantic machine capable of manufacturing quickly and cheaply what we designed elsewhere. That view is not entirely wrong, but it is terribly incomplete. China also wants to design, patent, automate and export its own technologies. And some of its cities seem to have decided that patiently waiting for the rest of the world to catch up is simply not on the agenda.
The contrast can be spectacular. A few hours of travelling can sometimes take you from a metropolis bristling with skyscrapers to rice fields, ancient villages or mountains where you find a China much closer to the one you had imagined. This is probably one of the mistakes we make most often with the country: talking about âChinaâ as though it were a homogeneous whole. Given its sheer size, regional differences, languages and dialects, cuisines and landscapes, trying to sum it up in a few clichĂ©s makes about as much sense as claiming to understand all of Europe after a weekend in Paris.
Your wallet can stay at the bottom of your bag
There is one small detail that may rather quickly remind a European traveller that they have entered a different world: payment. In China, the phone has become a genuine wallet. Alipay and Weixin Pay â generally known to us as WeChat Pay â are ubiquitous. Restaurants, taxis, shops, transport or small everyday purchases: QR codes are part of the landscape.
For a long time, this system, wonderfully convenient for Chinese users, could turn into a headache for foreigners. A Chinese bank account was sometimes necessary, Western cards were not accepted everywhere, and tourists discovered that owning an international Visa did not necessarily make them masters of the universe. Things have changed considerably. Foreign visitors can now link certain international bank cards to Alipay or Weixin Pay and use their phones to make payments. Chinese authorities even publish guides specifically explaining the process to foreign visitors.
This is where China becomes amusing: something that feels incredibly convenient once everything works can be frankly bewildering during the first few hours. In our countries, losing your phone is inconvenient. In a society where it is used to pay, order, book and access a whole range of services, it can become the centre of your daily existence. Progress makes life enormously easier⊠provided you remembered to charge the battery.
The âChinese restaurantâ practically does not exist
Another misunderstanding needs clearing up: Chinese food. What we call âgoing out for Chineseâ in Belgium is an almost comical simplification. China has extraordinarily varied culinary traditions from one region to another, and some dishes we instinctively associate with Chinese food in the West have been adapted over time to local tastes.
Between the spicy dishes of Sichuan, Cantonese cuisine, northern noodles, dumplings, Shanghai specialities and countless regional cuisines, you could travel across China simply by following what appears on your plate. And, as so often when travelling, things probably become interesting precisely when you stop looking for what you already know.
Obviously, not everything will appeal to everyone. Certain markets and eating habits can be disconcerting to European visitors. Textures, smells and even our idea of which parts of an animal are or are not âedibleâ are not universal. But that is precisely where travel begins: when the world stops adapting itself to us.
Everything is connected. Well⊠almost everything
China is extraordinarily digital, but not necessarily in the way we are accustomed to. Google, Facebook, Instagram, YouTube and several other Western services are subject to restrictions in mainland China. Travellers arriving with the assumption that their phones will work exactly as they do in Brussels may therefore encounter a few surprises.
It is one of the countryâs most interesting paradoxes. You can find yourself in a technologically advanced environment while discovering that some of the digital tools you considered universal are anything but. China has its own platforms, its own apps and its own digital ecosystem.
And this is not merely a curiosity for tourists. The internet is controlled and surveillance is a reality of the Chinese system. Cameras, digital identification and the control of certain content form part of a political model very different from ours. It would be absurd to write an article about Chinese modernity while discreetly ignoring this reality simply because Shanghaiâs skyscrapers are photogenic.
But it would be equally simplistic to reduce 1.4 billion individuals to their government. Travel is also about discovering the difference between a country, a political regime and the people who live there. They are three things we sometimes have an unfortunate tendency to confuse.
Is China safe?
It is a question many travellers ask, sometimes more because of the countryâs political image than because of everyday crime. China can feel very safe in many ordinary situations, particularly in major cities, although that obviously does not mean that all risk disappears.
Above all, the rules are not ours. When we travel, local law applies, not the law we would have preferred to pack in our suitcase. Certain behaviours, publications, photographs or discussions that seem entirely harmless to us may be viewed differently. The best rule is probably the one that works everywhere: do your research before leaving and do not confuse travelling with demonstrating your own certainties.
That does not mean visiting China in fear. It simply means that one does not visit a country of this importance while completely ignoring how its political and legal system works.
And then there is the other China
Because after all this talk of trains, smartphones, skyscrapers and technology, it is almost easy to forget that China is also home to one of the worldâs oldest civilisations.
There is Beijing and the Forbidden City. Xiâan and its army of terracotta soldiers. The temples. The mountains. The villages. The gardens. Traditions that have survived for centuries while entire cities transformed around them. And, of course, the Great Wall, so deeply embedded in our imagination that we could almost dismiss it as a cliché⊠until the moment we actually find ourselves standing before it.
Perhaps it is this juxtaposition that makes China so tempting to see for oneself. You can go looking for the past and stumble upon the future. Set out in search of traditional China and discover a society that, in some aspects of daily life, has already taken several technological turns that we have yet to negotiate. Then leave a futuristic city and, a few hours later, find yourself facing a landscape that seems not to have changed for centuries.
And what if the problem was ultimately us?
We often travel with a curious habit: we take the country with us before we have even been there. We have read things, watched documentaries and heard opinions. We already know what we are going to think. China pushes this mechanism to the extreme because it fascinates as much as it worries us, and because it has become one of the great political, economic and technological subjects of our time.
There is no need to become naĂŻve simply because we travel. Questions concerning individual freedoms, censorship, surveillance or human rights obviously do not disappear when we buy a plane ticket. But travelling does not oblige us to choose between admiration and condemnation either. We can be amazed by a city and critical of a system. Impressed by a technology and uncomfortable with the way it is used. Love a population without sharing the politics of its government. Fortunately, the world is a little more complicated than a âlikeâ or âdislikeâ button.
And that is probably the best reason to go to China.
Not to confirm what we thought we already knew.
But precisely to discover everything we were wrong about.
