đŹđ§ This article is also available in English â read it here.
La Jordanie est un pays du Moyen-Orient qui concentre sur un territoire relativement petit des paysages, des civilisations et des histoires Ă©tonnamment diffĂ©rents. Et c’est aussi, disons-le, un pays qui a du chameau. Au sens propre, Ă©videmment : le dromadaire reste indissociable de l’imaginaire du dĂ©sert et de la culture bĂ©douine. Mais surtout au figurĂ©, parce que la Jordanie a du caractĂšre. Elle rĂ©ussit Ă rĂ©unir Petra, le Wadi Rum, la Mer Morte, des villes antiques et une culture de l’hospitalitĂ© sans jamais donner l’impression que tout cela appartient au mĂȘme dĂ©cor.
Petra, la cité rose des Nabatéens
Petra fait partie des sept « nouvelles merveilles du monde » dĂ©signĂ©es en 2007 Ă l’issue d’un vote international organisĂ© par la fondation New7Wonders. Ce titre n’a rien d’officiel au sens de l’UNESCO, mais il traduit assez bien la fascination exercĂ©e par cette ancienne capitale nabatĂ©enne. Les NabatĂ©ens, peuple arabe installĂ© dans la rĂ©gion, firent de Petra un grand carrefour commercial entre l’Arabie, l’Ăgypte et le monde mĂ©diterranĂ©en.
SituĂ©e dans le sud de la Jordanie, dans un paysage montagneux de grĂšs, Petra est beaucoup plus qu’une façade cĂ©lĂšbre. La ville est en partie construite et en partie taillĂ©e directement dans la roche, avec un remarquable rĂ©seau de canaux, barrages, citernes et rĂ©servoirs qui permettait de maĂźtriser l’eau dans un environnement aride.

Pour beaucoup de visiteurs, la premiĂšre rencontre avec Petra passe par le Siq, cette gorge Ă©troite qui dĂ©bouche soudainement sur Al-Khazneh. Le « TrĂ©sor » doit son nom Ă une lĂ©gende selon laquelle un trĂ©sor aurait Ă©tĂ© dissimulĂ© dans l’urne sculptĂ©e au sommet de la façade. Sa fonction exacte reste discutĂ©e, mĂȘme s’il est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme un monument funĂ©raire royal ou dynastique. Son dĂ©cor tĂ©moigne de la capacitĂ© des NabatĂ©ens Ă intĂ©grer des influences hellĂ©nistiques Ă leur propre architecture.
Et surtout, Petra ne se limite absolument pas au Trésor. Le théùtre, les Tombes Royales, le Haut Lieu du Sacrifice, les temples et le gigantesque MonastÚre, Ad Deir, suffiraient chacun à justifier une visite. Le site est immense et mérite beaucoup plus que les quelques heures que lui consacrent certains circuits.
Petra connut son apogĂ©e Ă l’Ă©poque nabatĂ©enne et au dĂ©but de la pĂ©riode romaine. Le royaume nabatĂ©en fut annexĂ© par Rome en 106 de notre Ăšre. Plusieurs tremblements de terre, l’Ă©volution des routes commerciales et les transformations Ă©conomiques contribuĂšrent ensuite Ă son dĂ©clin, sans pour autant faire disparaĂźtre toute occupation humaine. Des Ă©glises tĂ©moignent notamment de la prĂ©sence byzantine. Quant Ă la fameuse « redĂ©couverte » de Petra par Johann Ludwig Burckhardt en 1812, le terme mĂ©rite des guillemets : la population locale connaissait Ă©videmment parfaitement le site. Burckhardt l’a surtout fait connaĂźtre Ă nouveau aux EuropĂ©ens.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985, Petra reste l’un des grands sites archĂ©ologiques du monde. Et contrairement Ă beaucoup de monuments que l’on comprend d’un seul regard, elle se rĂ©vĂšle progressivement. Plus on marche, plus elle devient impressionnante.
Le désert du Wadi Rum, un décor de cinéma
Le Wadi Rum est l’autre image mythique de la Jordanie : un paysage de grĂšs et de granit composĂ© de vallĂ©es, d’immenses parois rocheuses, de canyons et d’arches naturelles. Inscrit lui aussi au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site conserve des pĂ©troglyphes, inscriptions et vestiges qui tĂ©moignent de milliers d’annĂ©es de prĂ©sence humaine.
Son aspect presque extraterrestre a Ă©videmment sĂ©duit le cinĂ©ma. Lawrence d’Arabie, The Martian et plusieurs productions de la saga Star Wars y ont tournĂ© des scĂšnes. On peut dĂ©couvrir le dĂ©sert en vĂ©hicule tout-terrain, Ă pied ou en compagnie de guides bĂ©douins et passer la nuit dans l’un des nombreux camps. Mais le plus beau spectacle reste peut-ĂȘtre celui qui ne nĂ©cessite absolument rien : attendre que la lumiĂšre disparaisse et regarder le ciel du dĂ©sert.

La Mer Morte, une baignade vraiment insolite
La Mer Morte est en rĂ©alitĂ© un lac hypersalin situĂ© entre la Jordanie, IsraĂ«l et la Cisjordanie. Sa surface, autour de 440 mĂštres sous le niveau des ocĂ©ans, constitue le point Ă©mergĂ© le plus bas de la planĂšte. Sa trĂšs forte salinitĂ© augmente tellement la densitĂ© de l’eau que le corps humain flotte avec une facilitĂ© dĂ©concertante. Poissons et plantes aquatiques ne peuvent y vivre, mĂȘme si certaines formes de vie microscopiques rĂ©sistent Ă ces conditions extrĂȘmes.
Ses eaux et ses boues riches en minĂ©raux ont donnĂ© naissance Ă toute une tradition de soins et de bien-ĂȘtre. Certaines utilisations mĂ©dicales spĂ©cifiques ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es, notamment en dermatologie, mais mieux vaut Ă©viter de transformer le lieu en pharmacie universelle. Une chose est certaine en revanche : une goutte dans l’Ćil ou une petite coupure suffit Ă mesurer trĂšs concrĂštement la quantitĂ© de sel prĂ©sente dans l’eau.

La Jordanie, un pays qui a tout pour plaire
La Jordanie rĂ©unit des choses que l’on imaginerait volontiers sĂ©parĂ©es par des milliers de kilomĂštres : une citĂ© nabatĂ©enne cachĂ©e dans les montagnes, un dĂ©sert digne d’une autre planĂšte, une mer dans laquelle on ne peut pratiquement pas couler, des ruines romaines et des traditions bĂ©douines encore bien prĂ©sentes. C’est probablement cette diversitĂ© qui la rend si attachante. On vient souvent pour Petra. On repart en se demandant pourquoi on ne connaissait pas mieux tout le reste.
Jordan, a country with plenty of character
Jordan is a Middle Eastern country that packs remarkably different landscapes, civilisations and stories into a relatively small territory. And it is also, quite literally, a land of camels. The dromedary remains inseparable from the imagery of the desert and Bedouin culture. More importantly, however, Jordan has character. It manages to bring together Petra, Wadi Rum, the Dead Sea, ancient cities and a culture of hospitality without ever making them feel as though they belong to the same setting.
Petra, the rose-red city of the Nabataeans
Petra is one of the seven âNew Wonders of the Worldâ, chosen in 2007 following an international vote organised by the New7Wonders Foundation. The title has no official UNESCO status, but it captures rather well the fascination inspired by this ancient Nabataean capital. The Nabataeans, an Arab people established in the region, turned Petra into a major trading crossroads linking Arabia, Egypt and the Mediterranean world.
Situated in southern Jordan amid sandstone mountains, Petra is far more than one famous façade. The city is partly built and partly carved directly into the rock, with a remarkable network of channels, dams, cisterns and reservoirs that enabled its inhabitants to manage water in an arid environment.

For many visitors, the first encounter with Petra comes through the Siq, the narrow gorge that suddenly opens onto Al-Khazneh. The âTreasuryâ owes its name to a legend claiming that treasure was hidden in the urn carved at the top of the façade. Its exact function remains debated, although it is generally regarded as a royal or dynastic funerary monument. Its decoration reveals the Nabataeans’ ability to absorb Hellenistic influences into their own architecture.
Above all, Petra is certainly not limited to the Treasury. The theatre, Royal Tombs, High Place of Sacrifice, temples and gigantic Monastery, Ad Deir, would each justify a visit in their own right. The site is enormous and deserves far more than the few hours allocated by some tours.
Petra flourished during the Nabataean period and the early Roman era. Rome annexed the Nabataean kingdom in AD 106. Earthquakes, changing trade routes and economic transformations later contributed to its decline, without eliminating human occupation altogether. Churches, for example, bear witness to the Byzantine presence. As for Petra’s famous ârediscoveryâ by Johann Ludwig Burckhardt in 1812, the word deserves quotation marks: local people obviously knew the site perfectly well. Burckhardt primarily reintroduced it to European attention.
A UNESCO World Heritage Site since 1985, Petra remains one of the world’s great archaeological places. Unlike monuments that can be understood at a glance, however, Petra reveals itself gradually. The farther you walk, the more impressive it becomes.
Wadi Rum, a cinematic desert
Wadi Rum is Jordan’s other mythical landscape: a sandstone and granite wilderness of valleys, enormous rock faces, canyons and natural arches. Also inscribed on UNESCO’s World Heritage List, it preserves petroglyphs, inscriptions and archaeological remains bearing witness to thousands of years of human presence.
Its almost extraterrestrial appearance has inevitably attracted filmmakers. Lawrence of Arabia, The Martian and several Star Wars productions have filmed scenes here. The desert can be explored by four-wheel-drive vehicle, on foot or with Bedouin guides, and visitors can spend the night in one of its many camps. Yet perhaps the finest spectacle requires nothing at all: simply waiting for the light to disappear and looking up at the desert sky.

The Dead Sea, a genuinely unusual swim
The Dead Sea is actually a hypersaline lake lying between Jordan, Israel and the West Bank. Its surface, around 440 metres below ocean level, is the lowest exposed point on Earth. Its extraordinary salinity makes the water so dense that the human body floats with remarkable ease. Fish and aquatic plants cannot live in it, although certain microscopic forms of life can withstand these extreme conditions.
Its mineral-rich waters and mud have given rise to a long tradition of skincare and wellbeing. Certain specific medical uses have been studied, particularly in dermatology, but it is better not to turn the place into a universal pharmacy. One thing is certain, though: a drop in the eye or a tiny cut is enough to demonstrate very vividly just how much salt the water contains.

Jordan, a country with almost everything
Jordan brings together things one might expect to find thousands of kilometres apart: a Nabataean city hidden among mountains, a desert worthy of another planet, a sea in which it is almost impossible to sink, Roman ruins and Bedouin traditions that remain very much alive. That diversity is probably what makes the country so appealing. Many people come for Petra. They leave wondering why they knew so little about everything else.
đ«đ· Lire la version française
