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Dans la vibrante et envoûtante Marrakech, là où les ruelles de la médina semblent mener à des découvertes infinies, se dresse un palais devenu presque une légende : La Mamounia. Plus qu’un hôtel, c’est un morceau de l’histoire de la ville, un lieu où l’architecture marocaine, l’Art déco, les jardins et le souvenir de ses visiteurs célèbres se mêlent depuis plus d’un siècle.

Les jardins, à l’origine de la légende

L’histoire du domaine remonte au XVIIIe siècle, lorsque le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah offrit à son fils, le prince Al Mamoun, un vaste verger de treize hectares. C’est de ce cadeau que le lieu tirera plus tard son nom. Aujourd’hui encore, les jardins font partie intégrante de l’identité de La Mamounia, avec leurs oliviers, leurs agrumes, leurs palmiers, leurs roses et leurs longues allées où l’on oublie très vite que la médina est à quelques minutes.
Le murmure des fontaines, les oiseaux et les parfums végétaux créent cette impression assez rare d’un hôtel qui ne se limite pas à ses bâtiments. Une partie de la magie de La Mamounia se joue dehors, dans cette succession de perspectives et de jardins qui constituent presque un monde à part.

Une architecture entre Maroc et Art déco
Ouverte en 1923, La Mamounia fut conçue à l’origine par les architectes Henri Prost et Antoine Marchisio, qui associèrent les codes de l’architecture marocaine à l’Art déco. Zelliges, bois sculptés, stucs, tapis et marbre cohabitent avec des lignes plus occidentales. L’hôtel a connu plusieurs grandes rénovations, notamment celle menée par Jacques Garcia et achevée en 2009, puis de nouvelles transformations en 2020 et 2023 par Patrick Jouin et Sanjit Manku.

Un héritage de prestige
Depuis son ouverture, La Mamounia a accueilli une impressionnante succession d’artistes, d’écrivains, de chefs d’État et de personnalités. Winston Churchill y séjournait volontiers en hiver et y peignait ses aquarelles. Alfred Hitchcock y tourna des scènes de L’Homme qui en savait trop, et Yves Saint Laurent et Pierre Bergé y séjournèrent lors de leur arrivée à Marrakech en 1966 avant d’acquérir leur propre résidence.

Restaurants et bien-être

La Mamounia compte aujourd’hui quatre restaurants, avec des propositions marocaines, italiennes et asiatiques, ainsi que le Pavillon de la Piscine. Les noms associés aux cuisines de l’hôtel ont évolué au fil des années ; en 2026, on y retrouve notamment Rachid Agouray, Simone Zanoni et Jean-Georges Vongerichten, tandis que les créations de Pierre Hermé sont également présentes dans l’expérience gourmande du palace.
Le spa s’étend sur environ 2 500 m² et comprend notamment des hammams traditionnels, des cabines de soins, une piscine intérieure chauffée, un jacuzzi et des espaces de relaxation. Tout est ici pensé dans la continuité de l’hôtel : un luxe très travaillé, spectaculaire par endroits, mais dont l’ambition reste de créer une parenthèse hors du tumulte de Marrakech.
Le mot de la fin
La Mamounia appartient à cette catégorie rare d’hôtels qui dépassent leur fonction première. On peut discuter ses goûts, préférer des adresses plus intimistes ou moins mythiques, mais il est difficile de nier la force du lieu. Entre ses jardins, son histoire et sa manière de se réinventer sans effacer complètement ce qui l’a rendue célèbre, elle reste l’une des grandes signatures de Marrakech.
La Mamounia: a poem in the heart of Marrakech
In vibrant, intoxicating Marrakech, where the lanes of the medina seem to lead to endless discoveries, stands a palace that has become almost legendary: La Mamounia. More than a hotel, it is part of the city’s history, a place where Moroccan architecture, Art Deco, gardens and the memories of famous guests have mingled for more than a century.

The gardens, where the legend began

The history of the estate goes back to the eighteenth century, when Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah gave his son, Prince Al Mamoun, a vast thirteen-hectare orchard. The property would later take its name from that gift. Even today, the gardens remain central to La Mamounia’s identity, with olive trees, citrus, palms, roses and long pathways that make it remarkably easy to forget that the medina is only minutes away.
The murmur of fountains, birdsong and botanical scents create the rare impression of a hotel that extends well beyond its buildings. Much of La Mamounia’s magic happens outdoors, in a succession of vistas and gardens that form almost a world of their own.

Architecture between Morocco and Art Deco
Opened in 1923, La Mamounia was originally designed by architects Henri Prost and Antoine Marchisio, who combined Moroccan architectural traditions with Art Deco. Zellige tiles, carved wood, stucco, rugs and marble sit alongside more Western lines. The hotel has undergone several major renovations, including Jacques Garcia’s redesign completed in 2009 and further transformations in 2020 and 2023 by Patrick Jouin and Sanjit Manku.

A prestigious heritage
Since opening, La Mamounia has welcomed an extraordinary succession of artists, writers, statesmen and public figures. Winston Churchill liked to spend part of the winter here and painted watercolours during his stays. Alfred Hitchcock filmed scenes from The Man Who Knew Too Much at the hotel, while Yves Saint Laurent and Pierre Bergé stayed here when they first came to Marrakech in 1966, before buying a home of their own.

Restaurants and wellbeing

La Mamounia currently has four restaurants, offering Moroccan, Italian and Asian cuisine as well as the poolside pavilion. The culinary names associated with the hotel have evolved over the years; in 2026 they include Rachid Agouray, Simone Zanoni and Jean-Georges Vongerichten, while Pierre Hermé’s creations also form part of the palace’s gastronomic experience.
The spa extends over approximately 2,500 square metres and includes traditional hammams, treatment rooms, a heated indoor pool, jacuzzi and relaxation areas. Everything follows the spirit of the hotel itself: highly considered luxury, spectacular in places, yet ultimately designed to create a pause from the intensity of Marrakech.
A final word
La Mamounia belongs to that rare category of hotels that transcend their original function. You may debate its style, prefer more intimate addresses or less mythical ones, but it is difficult to deny the power of the place. Between its gardens, its history and its ability to reinvent itself without completely erasing what made it famous, it remains one of Marrakech’s defining hotels.
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