Havasupai ? L’envers du décor d’un des plus beaux endroits au monde

Plus de 5,5 millions de touristes passent chaque année par le Grand Canyon au Nord de l’Arizona. Seuls quelques initiés connaissent pourtant ce lieu caché au fond du Grand Canyon en plein milieu de la réserve améridienne Havasupai.

La signification du nom de la tribu Havasupai n’est certes pas usurpée « peuple des eaux bleu-vert ». Je n’ai jamais vu ailleurs ce mélange de turquoise et de couleur ocre. Havasupai Falls est un endroit tenu secret depuis de nombreuses années. Il est loin de la civilisation et à une quizaine de kilomètres de Hualapai Hilltop et de la route la plus proche. La seule manière d’y arriver et de prendre un hélicoptère, de faire la randonnée à pied ou encore de monter un cheval ou un mulet.

Grand Canyon

Quelques heures à pied dans le canyon et les chutes de Havasupai apparaissent. Elles achèvent de manière magnifique, après plus de 30 mètres de descente, leur course dans un lagon du plus beau turquoise.

J’ai longtemps cru que le secret de l’endroit s’expliquait en grande partie par la réticence de la tribu à accueillir sur ses terres des touristes. A mon grand désarroi, j’ai complètement changé d’avis lorsque je m’y suis rendue.

L’accès aux chutes a un prix, et je ne veux pas parler que d’argent mais bien de motivation pour y arriver et de souffrance animale.

Au-delà de la noblesse naturelle du Canyon, il existe une vérité beaucoup moins glorieuse. Un incroyable contraste entre la beauté à l’état sauvage et le taudis le plus glauque. Depuis de nombreuses années, des dizaines de chevaux et mulets sont frappés, négligés, maltraités, trop chargés. Il semblerait que les abus soient récurrents malgré les centaines de mails envoyés par les touristes. Sur le site de l’association Save the Havasupai Horses on peut voir de nombreuses photographies de chevaux amaigris et en grande détresse. Il ressort clairement que l’ampleur des abus constatés ne permet pourtant pas de changer quoique ce soit. 

Rappelons que Havasupai est entièrement géré par une tribu indienne. On pourrait penser que ces peuplades opprimées depuis si longtemps garderaient le contact avec la nature comme le faisaient leurs ancêtres et respecteraient les animaux avec qui ils ont partagé tant d’histoire. Je ne ferais pas l’amalgame, j’ai d’ailleurs écrit un article sur les indiens il y a quelques mois, mais je ne vais pas me taire pour autant. Outre les beaux paysages, je ne peux oublier la vue des indiens obèses et rustres, des détritus qui jonchent le sol du village de Supai (et ce ne sont pas des déchets laissés par les touristes), et avant tout les chevaux aux blessures apparentes et non soignées.

Animal abuse Havasu

Sur le compte instagram de l’association, il y a de la documentation postée par des touristes.

Quand on quand on rentre dans le village de Supai, la première impression c’est la saleté et l’hostilité. Je pense que je devais avoir un dollar collé sur le front. On sent que la seule raison de votre présence est de vous faire sortir de l’argent de votre poche.

Etonnant quand on sait que la première source de revenus est le tourisme.

Je me suis sentie coupable et indirectement complice même si je n’ai pas demandé un transport de mes bagages ou monté l’une de ces pauvres bêtes. Je me demandais que faire tout en sachant que je n’avais aucun moyen d’aider. Aux États-Unis, une réserve indienne est un territoire réservé aux tribus nord-amérindiennes et géré par le Bureau des affaires indiennes, dépendant du département de l’Intérieur des États-Unis. Vers qui se plaindre et surtout où ?

Ce n’est qu’après ma visite, en cherchant sur internet, que j’ai vu que de nombreuses plaintes (pour la plupart classées sans suite) avaient été déposées. Comment de telles choses sont elles possibles dans un pays qui se proclame première puissance au monde ?

Avis aux amis européens et autres : aller voir les chutes ? Oui. Cautionner le comportement extrêmement violent des améridiens en charge des chevaux et mules transportants les bagages des touristes aux chutes Havasupai ? Non !
Je n’y retournerai que lorsque je serais certaine que des mesures répressibles sont enfin prises sur base de contrôles réguliers très stricts.