Les gens qui disent “On se fait ça bientôt” : vraie intention ou mensonge social parfaitement accepté ?

Il existe une phrase universelle, transgénérationnelle, indestructible… une phrase qui traverse les âges avec une élégance presque suspecte :
“On se fait ça bientôt.”

Traduction officielle : enthousiasme, retrouvailles, projet commun.
Traduction officieuse : jamais de la vie, mais je tiens à rester une personne socialement acceptable.

Bienvenue dans l’un des plus grands mystères des relations humaines.

Le moment où tout bascule

La scène est simple. Vous croisez quelqu’un — ancien collègue, connaissance sympathique, ami “qu’on adore mais qu’on ne voit jamais”. Le courant passe à nouveau, les sourires s’enchaînent, et puis arrive LA phrase :

“Franchement, ça m’a fait trop plaisir, on se fait ça bientôt !”

Et là, sans même réfléchir, vous répondez : “Mais ouiii, avec plaisir !”

Vous venez tous les deux de signer un contrat… que personne ne respectera.

Une promesse sans date, sans lieu, sans lendemain

Ce qui est fascinant, c’est la précision… de l’imprécision.

Pas de jour, pas d’heure, pas d’endroit, pas de suivi …

C’est une invitation fantôme. Elle existe, mais elle ne se matérialisera jamais. Un peu comme ces résolutions de janvier. Ou votre abonnement à la salle de sport.

Les différentes espèces du “bientôt”

Parce que oui, il y a malgré tout des nuances dans le flou.

Le sincère débordé : il veut vraiment vous voir… mais sa vie ressemble à un Tetris niveau expert.

Le poli chronique : incapable de dire non, il distribue des “bientôt” comme des bonbons.

Le nostalgique express : sur le moment, il ressent quelque chose… qui disparaît dès qu’il rentre chez lui.

Le professionnel du flou : lui, c’est un artiste. Il n’a jamais vu personne, mais il a “beaucoup de gens à voir bientôt”.

Pourquoi on fait ça, au fond ?

Parce que dire “je ne te reverrai probablement pas” est légèrement… brutal.

Le “on se fait ça bientôt” est une couverture sociale. Une manière élégante de fermer une conversation sans fermer la porte.

C’est doux, c’est propre, c’est accepté.

C’est un mensonge… mais un mensonge qui arrange tout le monde.

Et le pire ? On y croit (un peu)

Même en connaissant la règle, une petite partie de nous espère. “Et si cette fois, c’était vrai ?” Alors parfois, on attend. On checke ses messages. On se dit qu’on va peut-être proposer une date. Puis la vie reprend. Et le “bientôt” disparaît doucement dans le néant des bonnes intentions.

Les courageux qui brisent le système

Il existe une espèce rare. Très rare.

Ceux qui, face à un “on se fait ça bientôt”, répondent : “Carrément, tu es dispo quand ?”

Silence.

Panique.

Bug dans la matrice.

Parce que là, on passe du concept flou à la réalité. Et tout le monde n’est pas prêt.

Alors… hypocrisie ou lubrifiant social ?

Un peu des deux.

Hypocrisie, parce que la promesse est rarement tenue. Lubrifiant social, parce qu’elle évite les malaises, les refus secs, les “non merci je passe mon tour”.

C’est une petite illusion collective. Et, soyons honnêtes… elle rend les interactions plus légères.

La vraie question : faut-il arrêter ?

Pas forcément.

Mais peut-être apprendre à distinguer les “bientôt” sincères des “bientôt” décoratifs, et surtout, oser parfois être un peu plus vrai.

Parce qu’au fond, entre un faux “bientôt” et un vrai “prends soin de toi”, le deuxième a quelque chose de plus… humain.

On en reparle bientôt ? 😉