Ma visite chez le kiné

Après de nombreuses années de douleurs dorsales, de « Oh » et « Aie », de pommades miraculeuses qui ne soulagent que mon portefeuille, d’analyses médicales ne trouvant rien d’anormal, je décide enfin de prendre rendez-vous chez le kinésithérapeute.

Je n’ai jamais été chez un kiné, j’ignorais donc complètement à quel type de manipulations je pouvais m’attendre.

Pas d’autre possibilité que le samedi matin 9 heures.
Réveil difficile. Après une douche rapide, me voilà encore un peu endormie dans le cabinet du spécialiste.  Mais pas pour longtemps.

Premier contact, « Enlève tes chaussures et ton tee-shirt. »  Noooooon, moi la pudique ! Me retrouver habillée d’un soutien gorge devant un gars inconnu à peine plus vieux que moi, même s’il est kinésithérapeute, est tout à fait impensable. J’insiste, « Pourquoi dois-je enlever mon tee-shirt, je ne peux pas le garder ? ».  Je sens bien que la question fait tâche, mais il finit heureusement par dire oui.  Je lis dans ses yeux « Encore une fille complexée qui n’ose pas se mettre en petite tenue, comme si cela m’intéressait. »

Ok, je confesse que c’était débile de croire que j’allais garder mon manteau, mes gants, mon pull, mon tee-shirt et peut-être mon bonnet de laine. Après coup, cela me paraît logique de me retrouver en soutien gorge, mais qu’importe, je n’aime pas cela !

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Avant d’avoir eu le temps de dire ouf, je me suis retrouvée immobilisée sur la table du kiné, contorsionnée dans tous les sens, à entendre ma colonne vertébrale hurler « Craac », « Clop, clop, clop » « Sskiiitch »…

Etre pliée à la façon d’un acrobate est finalement assez cocasse.  Entre manipulations vertébrales, tensions de la jambe, rotations du cou, je ne savais plus comment je m’appelais au bout de 10 minutes. Pas un instant de répit. Même quelques grimaces pour montrer ma désapprobation n’y ont rien fait.

Je pense que les meilleurs judokas ne se sont pas retrouvés dans des positions aussi extraordinaires que moi. J’ai appris aujourd’hui combien je pouvais être élastique.

La bonne nouvelle, c’est que cela a réellement calmé la douleur, la mauvaise nouvelle, c’est que je vais devoir y retourner encore plusieurs fois.

Mais bon j’exagère un peu, le kiné était sympa, et puis, j’ai bien trop peur qu’il lise cet article.

Text & pictures © Morgan Mc Kenzie