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40 miles au nord de San Francisco se trouve un lieu Ă©tonnant. Si vous avez le courage de rouler jusqu’Ă la pointe sud-ouest de la rĂ©serve protĂ©gĂ©e du Parc National Seashore, vous dĂ©couvrirez le phare le plus isolĂ© et le plus difficile d’accĂšs que je connaisse.
Ce phare prévenait depuis 1870 du danger imminent et de la présence des falaises. Les navires entrants et sortants de la baie de San Francisco pouvaient apercevoir sa lumiÚre à plus de 40 miles.

N’oubliez pas d’emporter un pull ou des vĂȘtements chauds, la tempĂ©rature y est extrĂȘmement fraĂźche Ă cause de l’intensitĂ© du vent.
à une cinquantaine de kilomÚtres du phare, on peut déjà dire adieu au beau soleil californien et au ciel bleu azur. Ce sont les nuages, le vent et la brume qui nous accompagnent sur cette interminable route sinueuse (pour les personnes sujettes au mal de transport, ce lieu est à éviter absolument).
Le chemin serpente au milieu de quelques rares fermes historiques et de leurs troupeaux. Le trajet est trĂšs long, accrochez-vous ! La route est d’abord large et devient ensuite de plus en plus Ă©troite, jonchĂ©e de nids de poules et de sable soufflĂ© par le vent. Le chemin zigzague jusqu’Ă vous donner le tournis.
J’ai beau savoir que je me trouve en Californie, les paysages ressemblent Ă s’y mĂ©prendre Ă ceux de l’Ăcosse (la ville la plus proche du phare s’appelle d’ailleurs Inverness).

Point Reyes a Ă©tĂ© enregistrĂ© comme l’endroit le plus venteux de la cĂŽte pacifique et obtient la deuxiĂšme place au classement des zones brumeuses de l’AmĂ©rique du Nord. En Ă©tĂ©, la visibilitĂ© est rĂ©duite Ă seulement quelques mĂštres (et c’Ă©tait le cas lors de ma visite).

ArrivĂ© sur les lieux, vous devez marcher un kilomĂštre avant d’approcher du phare… mais vous ne verrez pas la merveille sans avoir descendu (et pire, au retour il faut les monter) les 350 marches – soit la hauteur d’un immeuble de 9 Ă©tages.
Ce petit bijou posĂ© sur la falaise possĂšde une Ăąme Ă nulle autre pareille. Le vent semble vous attraper par les cheveux pour vous plonger au plus profond de l’ocĂ©an. C’est Ă cet endroit que l’on comprend la signification d’un « vent Ă dĂ©corner les bĆufs ». MĂȘme si vous n’y voyez pas Ă deux mĂštres, ce lieu est empreint de quiĂ©tude et en mĂȘme temps de mystĂšre.
Les phoques, les otaries et mĂȘme les baleines en ont fait leur terrain de jeu favori. Si vous restez assez longtemps, vous aurez l’occasion d’en ĂȘtre le tĂ©moin.
Vous ne serez pas étonnés de savoir que ce phare a aussi été utilisé pour le tournage du film The Fog (Le brouillard) en 1980 par John Carpenter.
Text & pictures © Morgan Mc Kenzie
Point Reyes Lighthouse… at the very end of the world
Forty miles north of San Francisco lies an astonishing place. If you have the courage to drive to the south-western tip of the protected National Seashore, you will discover the most isolated and difficult-to-reach lighthouse I know.
Since 1870, this lighthouse warned of imminent danger and the presence of the cliffs. Ships entering and leaving San Francisco Bay could see its light from more than 40 miles away.

Do not forget to bring a jumper or warm clothes; the intense wind makes it extremely chilly here.
About fifty kilometres before the lighthouse, you can already say goodbye to the beautiful Californian sunshine and azure-blue sky. Clouds, wind and mist accompany us along this endless winding road â anyone prone to travel sickness should definitely avoid this place.
The road winds past a handful of historic farms and their herds. It is a very long journey, so hold on! At first the road is wide, then it becomes increasingly narrow, scattered with potholes and windblown sand. It zigzags enough to make your head spin.
Even though I know I am in California, the landscape could easily be mistaken for Scotland â the nearest town is even called Inverness.

Point Reyes has been recorded as one of the windiest places on the Pacific coast and ranks among North America’s foggiest areas. In summer, visibility can be reduced to only a few metres â as it was during my visit.

Once there, you have to walk a kilometre before approaching the lighthouse… but you will not see this marvel without first descending 350 steps â and worse, climbing them again on the way back â roughly the height of a nine-storey building.
This little gem perched on the cliff has a soul unlike any other. The wind seems to grab you by the hair and plunge you into the depths of the ocean. This is where you truly understand what a ferocious wind means. Even when you cannot see two metres ahead, the place feels both peaceful and mysterious.
Seals, sea lions and even whales have made it one of their favourite playgrounds. Stay long enough and you may have the chance to witness them.
You will not be surprised to learn that this lighthouse was also used during the filming of John Carpenter’s 1980 film The Fog.
Text & pictures © Morgan Mc Kenzie
đ«đ· Cet article est Ă©galement disponible en français â Ă lire ici.
