Francis Cabrel, un des derniers troubadours.

Quand j’étais ado, Francis Cabrel faisait partie des chanteurs qu’on a un peu honte d’écouter. Du genre « Momaaaaan, arrête de mettre cette musique ringarde. »

Et je n’avais vraiment aucune raison d’être fan de Francis Cabrel. Mes parents ne cessaient de me demander la signification de telle phrase à double sens. Ca sentait l’interrogation orale à chaque début de note. Combien de fois n’ais-je entendu dire qu’il était un chanteur à textes contrairement aux pauvres écrits actuels.

A force peut-être de l’entendre me chanter que c’est écrit, qu’en octobre le vent fera craquer les branches, qu’il faudra leur dire … j’ai fini par l’apprécier. Francis Cabrel représente cette musique qui vous ramène instantanément en arrière, au temps où vous étiez enfant. Et puis son engagement contre la corrida a fini par définitivement me séduire et me convaincre que ce chanteur n’était décidément pas comme les autres.

Dans une des rares interviews que Francis Cabrel a voulu accorder, il explique qu’il aime écrire ses propres textes parce qu’il puise son inspiration dans  la littérature et dans la difficulté de mettre les mots dans le bon ordre. Il y parle de respect, de l’attitude que nous devrions tous avoir face au futur, de la fragilité des choses, de la futilité de la vie. Féru de Balzac (moi qui ai eu du mal à finir La Comédie  Humaine ou Le Père Goriot sans m’endormir), il y trouve des réserves d’idées qu’il met ensuite en musique pour le plaisir de nos oreilles.

Ce qui l’angoisse,  « c’est le bruit des pas du type qui arrive seul sur scène devant son micro ». Savoir que ce troubadour des temps modernes est aussi un homme fragile aux milliers de doutes le rend encore plus attachant.

Ca y est, cette fois, non seulement je n’ai plus aucune honte à aimer Cabrel, mais je suis fière de connaître par coeur toutes les paroles de cet interprète qui reste finalement assez mystérieux.

Et vous ? Ecoutez-vous parfois Francis Cabrel ?