L’affaire des dreadlocks Marc Jacobs, une tempête dans un verre d’eau.

Une banale histoire de cheveux a été cette semaine au centre d’un houleux débat sur les réseaux sociaux. Marc Jacobs s’est en effet retrouvé accusé d’appropriation culturelle lors du Fashion Week à New York.

Tout a commencé jeudi dernier, lorsque Marc Jacobs a présenté sa nouvelle collection printemps 2017 avec ses mannequins coiffés de dreadlocks de laine teints à la main en hommage à des personnages tels Boy George et Lana Wachowski.

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Immédiatement la toile s’est enflammée, la coiffure estampillée offensante et le défilé qualifié d’appropriation culturelle. A ceci se rajoute un casting mannequin à  prédominance raciale blanche.

Ce qui a encore rajouté de l’huile sur le feu,  c’est que dans l’après-midi Marc Jacobs a posté sur son compte Instagram un commentaire maintenant supprimé dans lequel il affirme respecter tout le monde mais être inspiré par certaines personnes et leur vision des choses, mais qu’il ne voit pas la couleur ou la race.

Pourtant loin de se calmer, la polémique a encore augmenté au point que Marc Jacobs a du faire marche arrière  et présenter des excuses « pour son manque de sensibilité involontairement exprimé », avant de préciser encore  « Bien sûr que je vois la couleur, mais je ne discrimine nullement et c’est un fait! « 

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L’affaire aurait pu s’arrêter là !  Mais non.

Au même moment, la cour de Justice américaine rendait légale l’interdiction des dreadlocks sur le lieu de travail faisant suite à une plainte de Chastity Jones une demandeuse d’emploi refusant de se couper les cheveux pour obtenir un travail. Jones avait invoqué la discrimination raciale selon un article de 1964, ou le refus d’embaucher une personne sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’origine nationale est contraire à la loi.  Selon elle, le fait de se couper les cheveux ciblait de manière raciale les afro-américains.

Le tribunal a estimé que les employés d’une entreprise doivent projeter une image professionnelle et que l’employeur est seul juge pour la tenue vestimentaire et la coiffure qu’il souhaite imposer à ses employés. Les réactions ont été nombreuses sur les réseaux sociaux argumentant que chacun a une définition différente d’une image professionnelle et qu’il n’est pas correct de laisser le choix à une entreprise puisque ceci n’est qu’une question de perception dans ce cas liée à une communauté ou une culture.

En février dernier les dreadlocks étaient déjà à la une des médias. L’animatrice de télévision Giuliana Rancic avait avait affirmé en parlant des cheveux de la chanteuse Zendaya que sa « coiffure était tout simplement inacceptable que ca sentait le patchouli ou le cannabis ».

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Zendaya n’avait pas attendu longtemps avant de répliquer sur Instagram que « La frontière est fine entre ce qui est drôle et ce qui est irrespectueux et qu’elle a été touchée par les insultes qui montrent une ignorance et un irrespect ». Très énervée, Zendaya avait enchaîné :  « Mon père, mon frère, mes amis, mes cousins portent tous des dreads. Il y a assez de clichés comme ça sur les cheveux des noirs américains, pas la peine que des personnes ignorantes en rajoutent en jugeant les autres sur la façon dont leurs cheveux sont bouclés ».

Acculée Giuliana Rancic avait du faire des excuses publiques. On peut ainsi lire sur twitter, « Je suis désolée de t’avoir offensée, ainsi que d’autres personnes. Je me référais à un look bohème chic. Je ne faisais aucune référence à une race et ne le ferai jamais ».

Pour en revenir à Marc Jacobs, celui-ci a malheureusement été victime d’un mauvais timing entre son défilé et un jugement sur une question de discrimination raciale. Il a sûrement réalisé à ses dépens combien les réseaux sociaux peuvent mettre négativement en lumière ce qui n’aurait finalement du être qu’un magnifique spectacle de mode et un hommage à une culture.
Marc Jacobs ?
Moi je reste fan de ce créateur  !
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Marc Jacobs – Event Brussels
Faut-il toujours chercher une raison cachée derrière un acte artistique ?

Doit-on se justifier auprès de tous dès que l’on affirme, publie, organise, montre ?

Notre société exige une explication avant même d’avoir essayé de comprendre le contexte et cherche un bouc émissaire sans doute pour se sentir moins seule.

« Change is a great and horrible thing, and people love it or hate it at the same time. Without change, however, you just don’t move ».
Marc Jacobs
Text  ©Morgan Mc Kenzie