Brian Price : de Navy Seal à artisan traditionnel Navajo

Quand il était petit, Brian Price, originaire de Leupp en Arizona, n’avait absolument aucune idée de ce qu’il voulait être.

Il était bien loin de se douter qu’un jour, il intégrerait l’unité d’élite des Navy SEAL. La branche des forces spéciales de la marine de guerre des Etats-Unis est considérée comme l’élite de l’armée. Les Navy SEAL participent à des missions top secrètes extrêmement dangereuses. Ils sont entraînés à opérer dans tous les environnements comme le reprend d’ailleurs leur acronyme Sea, Air, Land.

Pourtant, avant lui, ses deux grands-pères avaient aussi servi les Etats-Unis. Ils étaient respectivement spécialiste du langage codé Navajo et marin de la Navy.

« Mon grand-père nous parlait en code, alors c’est comme si j’avais quelque chose à défendre moi aussi, et je me sentais fier de le faire. »

Sa vie :

Brian a grandi en Arizona, apprenant la valeur de l’éducation grâce à sa grand-mère et son arrière-grand-mère travaillant comme enseignantes.

Il a vécu la vie moyenne d’un garçon dans une réserve amérindienne, travaillant très dur, fréquentant le pensionnat de Leupp, faisant parfois quelques sorties en famille à Flagstaff.

Au moment d’entrer au collège, ses parents décident de déménager dans le Missouri afin d’y entamer une nouvelle carrière professionnelle. Ce fut un choc culturel pour Brian, habitué à la réserve en Arizona. Il obtient son diplôme de fin d’études secondaires ainsi qu’une bourse d’études dans l’université tribale de Haskell.

Après une année d’université, il n’a toujours aucune idée de ce qu’il veut faire et décide de rejoindre l’armée. « Nous avons toujours admiré nos aînés, alors je voulais perpétuer cette tradition ».

Grâce à sa force et à sa vitesse, il devient champion universitaire de course à pied et réussit en même temps le camp d’entraînement des Navy SEAL.

L’entraînement SEAL est connu pour être terriblement pénible. Les élèves sont placés dans des situations stressantes allant de l’enfermement extrême, à l’apprentissage de la flottaison, attachés, les yeux bandés avec des bruits assourdissants dans les oreilles. Sans parler des épreuves d’enlèvements et des interrogatoires musclés. Les recrues alternent quatre heures de sommeil avec des mises en situation de 20 heures.

En 2009, Brian obtient son diplôme de Navy Seal. Sur 375 candidats, seuls 43 ont réussi à passer tous les tests. Il reçoit avec fierté son insigne de Trident.

Etrangement, alors qu’ils sont pourtant les premiers habitants du pays, le ségrégationnisme envers les tribus indiennes est toujours bien présent et les brimades furent régulières.

Brian nous confie que racisme qu’il a rencontré durant son apprentissage l’a paradoxalement rendu plus fort. « Quand j’entendais dire que Squanto allait abandonner (Squanto représente un traducteur considéré comme un traître ayant aidé les pèlerins du Mayflower), j’étais encore plus déterminé à ne pas arrêter, parce que je savais que ce n’était pas seulement pour moi. Je suis un Amérindien et je ne peux pas simplement abandonner. Lorsque j’étais épuisé, je pensais à mes ancêtres et je retrouvais la force. »

Mais le Trident n’était qu’un début. Brian Price s’est encore entraîné pendant trois ans et demi apprenant les différents aspects du combat rapproché.

Il fut choisi pour son expertise en communications de combat, ce qui d’une certaine manière, lui a permis de se sentir lié à son grand-père et à ce que celui-ci a dû ressentir comme Code Talker.

Brian a voyagé dans le monde entier avec sa division SEAL Team Five, combattant en Afghanistan et dans de nombreux autres pays.

Brian Price

« La barrière culturelle que vous voyez à votre arrivée, à l’école ou à l’entraînement des SEAL, disparaît assez rapidement parce que tous ceux qui s’en sortent peuvent compter les uns sur les autres. Vous avez traversé toutes ces épreuves ensemble, et vous devenez en quelque sorte une famille ».

Il a ainsi rencontré de nombreuses personnalités comme l’ancien président américain Barack Obama.

Brian Price met un point d’honneur à représenter le meilleur de ce que la nation Navajo offre, sachant qu’il restera probablement le premier et le seul Diné (les amérindiens Navajo se définissent par ce terme) que les gens rencontreraient.

Après les SEAL :

Lorsque son mandat s’est terminé en 2016, il a décidé de quitter définitivement l’armée, ayant trop souffert d’avoir perdu tant d’amis. De nombreuses médailles et rubans lui furent remises pour sa bravoure.

Avec ce qu’il a gagné dans la marine, Brian s’est inscrit à l’université de Columbia où, en 2020, il a obtenu un Master en art dramatique et en arts du théâtre, espérant ainsi secrètement que son peuple serait mieux représenté dans les films.

Depuis, il vit la plupart du temps à New York, où il écrit des pièces de théâtre et joue occasionnellement dans des productions théâtrales ou cinématographiques. Il travaille actuellement sur une pièce de théâtre privée qu’il espère faire produire.

Brian continue à faire du bénévolat afin d’aider d’autres anciens combattants en tant que coach mental. Il espère retourner à l’école, cette fois pour obtenir un doctorat en psychologie clinique. Il rêve de soutenir les guerriers de retour au pays, souffrant comme lui de stress post traumatique.

« Quand je suis revenu de la guerre, je souffrais terriblement, j’ai eu tellement de mal à m’adapter à une vie normale. J’aurais aimé recevoir de l’aide, alors je voudrais être cette aide pour les autres ».

Les bijoux amérindiens :

Récemment, Brian est retourné chez lui à Leupp pour un séjour prolongé. C’est à ce moment-là que je l’ai rencontré. Il se consacre à la fabrication de bijoux amérindiens traditionnels afin d’aider sa famille, mais aussi pour immortaliser l’héritage de son peuple. Selon lui, de nombreux jeunes oublient par nécessité leurs racines et ne connaissent plus les coutumes et la signification des bijoux et leurs symboles. Brian réalise des bagues, bracelets, boucles d’oreilles et colliers avec des turquoises et d’autres pierres semi précieuses comme le jade, l’onyx, …

Brian Price – Navy Seal

L’homme voudrait également contribuer à la création d’une bourse d’études pour les enfants Navajos qui, comme lui, veulent se consacrer aux arts. Il espère que sa propre histoire pourra inspirer d’autres jeunes et leur montrer que tout est possible.

« Je pense que c’est bénéfique pour les jeunes générations d’expérimenter un peu le monde. Il n’y a pas de mal à faire l’expérience de la planète tout en gardant sa maison natale, parce que souvent on a beaucoup d’opportunités très intéressantes quand on reste ouvert d’esprit. Nous venons d’une lignée de guerriers et de gens qui sont en harmonie avec leur environnement. C’est une culture magnifique que le monde a besoin de voir et de connaître. »

Nous avons fait l’acquisition d’une série de bijoux fabriqués par ce personnage attachant et passionnant. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.

“Thoughts are like arrows: once released, they strike their mark. Guard them well or one day you may be your own victim.”

Citation Navajo