Incapable de mettre son cerveau au repos : pourquoi ?

Vous souffrez de ne pas pouvoir arrêter votre cerveau, même pour quelques secondes ? Vos pensées s’entrechoquent sans que vous puissiez en contrôler le flux ? Avez-vous remarqué que vos émotions sont encore moins contrôlables quand il s’agit de sentiments profonds ?

Trop penser, trop de questions, trop d’énergie, trop d’hésitations, trop de sensibilité, trop de faiblesses… TROP, voilà justement le problème … Ces 4 petites lettres qui font de votre cerveau une cocotte à pression sont à l’origine de tous vos maux.

Le nom exact de votre pathologie (car oui, il s’agit bien d’une pathologie même si le terme est fort) est la sur-efficience. Comment est-il possible qu’être sensible puisse rendre aussi malheureux, alors qu’il s’agit juste d’un mode de fonctionnement différent des autres ?

Comment fonctionne le cerveau des sur-efficients ?

Les personnes ne sont pas différentes et pourtant quand elles prennent enfin conscience de leur distinction, elles se ressentent incomprises et rejetées.

85% de la population possède une pensée linéaire. Pour les sur-efficients, ce système de pensée est arborescent, l’activité psychique part dans tous les sens.  Entre 15% et 30% de la population souffrirait de cette surchauffe mentale.

Christel Petitcollin, dans son livre «Je pense trop», explique qu’il s’agit d’une prédominance de l’hémisphère droit. «Le cerveau est supervisé par l’hémisphère droit. La pensée est globale, intuitive et fulgurante. D’autres pensent de manière séquentielle, et rationnelle. Ce sont bien deux mondes, deux façons de penser, donc deux mentalités qui cohabitent en croyant être semblables, tout en reprochant à l’autre ses dysfonctionnements.»

Le cerveau gauche est analytique et numérique. Le cerveau droit privilégie l’information sensorielle, l’intuition et l’instinct. Celui qui fonctionne avec son cerveau droit, sait les choses, les sent mais est incapable d’expliquer pourquoi.  La pensée du cerveau droit est arborescente et foisonnante. Elle sera nettement plus complexe, mais beaucoup moins logique et évidente.

En fonction de l’hémisphère prédominant, les informations sont traitées autrement et se préoccupent de choses différentes. Les pensées et les personnalités sont complètement opposées. La majorité des cerveaux (70 à 85%) ont une dominance de l’hémisphère gauche. Les autres, dont les sur-efficients, (15 à 30%), ont une prépondérance de l’hémisphère droit.

Les enfants sur-efficients sont en général des enfants perfectionnistes, craintifs et terriblement anxieux. Ils sont souvent isolés car incompris mais aussi parce qu’ils s’ennuient dès que leur intellect n’est pas stimulé. Il n’est pas rare qu’ils soient harcelés par leurs camarades.

La sur-efficience mentale est néanmoins à différencier des HP.  De nombreux scientifiques ont remis en cause les résultats des tests de QI car ils ne sont absolument pas adaptés aux sur-efficients qui ont souvent tellement plus de nuances dans leur tête, une question en amenant une autre et ainsi de suite. Les sur-efficients mentaux n’obtiennent donc pas de résultats spectaculaires aux tests de QI et se sentent nuls et encore plus incompris.

Le questionnement dans leur tête va parfois très loin, principalement lorsqu’il s’agit de se sentiments amoureux impossibles à mettre dans des petites cases logiques et donc difficiles à rationnaliser pour eux.

Prenez l’exercice simple de leur demander d’envoyer un message court à leur amour.

Voici le cheminement de leur pensée :
Que va-t-il/elle penser si je n’envoie pas le bon message ? Quel contenu doit avoir ce message ? Quelle longueur ? Avec ou sans ponctuation ? Sentimental ou plutôt distant ? Dois-je être honnête dans ma communication ? Que va-t-il se passer si je suis incompris ? Pourquoi devrais-je l’envoyer ? A quel moment dois-je l’envoyer ? Dois-je lui dire que je tiens à lui/elle ?  …

Là où une personne ne souffrant d’aucune anxiété irait de l’avant et choisirait de traîter l’éventuel problème plus tard, le sur-efficient n’avance pas et finit même par reculer par manque de communication claire ou de communication tout court. Ceci amènera inévitablement de la frustration chez le conjoint qui ne comprendra pas le mode de fonctionnement et se sentira rejeté et exclu. Il ne verra que le manque d’implication et de chaleur dans le texte, il notera l’absence de réponse aux questions mais attendra toujours un signe et non une analyse profonde d’une phrase. Le sur-efficient lui se torture l’esprit en rendant son amoureux(se) indécis parce qu’il n’enverra finalement pas ce qu’on attend de lui et restera silencieux ou superficiel dans ses messages. Il ne comprendra pas les reproches se demandant ce qu’on lui veut alors qu’il s’agit juste de sentiments et non de longues phrases.

Son besoin de complexité rend la vie quotidienne difficile à supporter pour celui qui partage sa vie. Ce qui devait être facile à décider et évident devient le casse-tête du siècle. Son intelligence étant évidente, il lui est pourtant possible avec une écoute attentive de détecter les besoins et d’adapter son attitude en fonction de ses sentiments ou de ceux qu’il aime.

Le cerveau devant être toujours occupé, il lui faut absolument de la complexité pour avancer et fonctionner. Une pensée en fait naître dix autres. Un questionnement perpétuel, voilà ce qui définit le mieux la sur-efficience. Une difficulté au quotidien et une hyper-empathie caractérisent les sur-efficients.

Proie facile pour les manipulteurs.

Les personnes qui pensent trop sont souvent des victimes de choix pour les manipulateurs. Afin de prendre une décision ou de se faire une idée, les « trop penseurs » posent beaucoup de questions autour d’eux. Cela les rassure et les persuade d’avoir toutes les informations. C’est ainsi qu’ils peuvent facilement écouter les personnes qu’ils pensent être dignes de confiance, mais qui finalement ne veulent que les manipuler dans l’intérêt de leurs propres idées, haines ou aversions. C’est d’autant plus vrai en matière sentimentale puisque c’est dans ce domaine que les sur-efficients sont les plus fragiles et demandent conseil à leur entourage.

Le sur-efficient, bien que très intelligent, est avant tout un être bienveillant, prêt à aider le monde entier au péril parfois de ses propres besoins.  Du coup le lien entre manipulation et sur-efficient semble encore plus évident.

Comment mettre son esprit en mode off  ?

La relaxation.

Evacuer l’énergie par la sophrologie, l’hypnose ou la méditation peut apporter un équilibre dans les pensées et les mettre dans les bonnes cases ou leur donner moins d’importance.

Le mind mapping.

Avec la création d’une carte mentale. Il s’agit de l’extraction et de la mémorisation des informations. Cela permet de « cartographier » la réflexion sur un thème précis et d’organiser les pensées.  La structure ainsi apportée aux idées apaise et permet de freiner l’arrivée des questions.

La technique de l’entonnoir.

Se poser les bonnes questions afin d’être amené, grâce aux différentes étapes successives, à la conclusion définitive sur un thème précis.

Laisser parler son coeur et n’écouter que soi-même.

Parfois il faut juste laisser faire les sentiments et écouter son coeur. Rien ne sert de rationnaliser des comportements affectifs et intuitifs.  Comme ils ne sont que conformes à la raison et au bon sens, leur donner une structure ne va pas aider à y voir plus clair. Il faut essayer de ressentir ses envies et les suivre sans se poser de questions.

Avoir des activités mentales régulières.

Les sur-efficients sont les candidats parfaits pour des activités complémentaires. Ils sont créatifs et analysent les situations mieux que personne. Stimuler leurs sens par diverses activités mentales leur pemettra de se poser moins de questions ou d’avoir les bonnes interrogations menant à la clé du succès.

Equilibrer sa vie.

Ils doivent apprendre à être attentif à cette bienveillance gratuite et à cet humanisme à outrance qui font partie de leur personnalité. Adopter des techniques pour rendre leur cerveau imperméable aux manipulateurs les aideront à distinguer l’aide normale du profit.

Juste différents.

Les sur-efficients (cerveaux droits) sont tactiles, sensibles, et très chaleureux. Ils ne voient pas le mal et vivent difficilement la confrontation avec la dure réalité quand celle-ci a lieu. Ils se posent 100 questions à la seconde qui en font naître 200 nouvelles. Leur niveau d’exigence est hyper élevé, surtout envers eux-mêmes. Cela les rend insatisfaits et peu sûrs de leur mental ou de leur physique. Notons à nouveau que cela les rend perméable aux manipulateurs. On leur reproche souvent d’être trop susceptibles ou trop sensibles.

Les cerveaux gauches ont un mode de fonctionnement plus rigide. Ils ne sont pas sensibles au cheminement de leurs pensées et analysent une seule chose à la fois. Du coup, ils ont une énorme capacité de concentration, les cerveaux droits ayant les 5 sens en alerte, le moindre détail les distraira. Les cerveaux gauches sont aussi nettement moins sensibles aux expressions, au non verbal et aux intonnations de voix.

Est-il possible de s’entendre entre prédominance de l’hémisphère gauche et droit ?

Les sur-efficients ont tendance à croire que tout le monde pense comme eux et qu’ils n’ont rien de différent. Quand le cerveau droit prédomine, il faut ralentir le rythme lorsque vous parlez, il faut canaliser le flot et le débit de vos pensées. Les natifs du cerveau gauche doivent être moins carrés et logiques afin de se mettre au niveau de l’autre personnalité.

Conclusion :

Il faut rester prudent : l’être humain est extrêmement complexe. Le réduire à des définitions basées sur des symptômes serait une grossière erreur. Si une personne en excellente santé mentale a la capacité de vivre en équilibre avec elle-même et avec son entourage, alors peut-on la définir comme étant « différente » ?  Il existe peut-être des sur-efficients capables de communiquer correctement en amour, socialement parfaitement intégrés, complètement apaisés, stables dans leur tête, capables d’empathie, sûrs d’eux … comme il existe sans doute des prédominants du cerveau gauche qui se posent milles questions.