Louboutins : problème d’image de marque avec la téléréalité ?

La guerre est ouverte entre les candidats de l’émission de téléréalité « Les Marseillais » et la marque aux reconnaissables semelles rouges. Plusieurs candidates ont exprimé leur mécontentement, telle Jessica Thivenin, arguant que la société de production de l’émission avait été assignée en justice  par la marque Louboutin. Jessica Thivenin a d’ailleurs précisé sur ses réseaux sociaux qu’elle avait interdiction formelle de porter les fameuses chaussures. Pourtant, il semblerait qu’il n’est pas question d’action judiciaire si on se réfère à la communication de Louboutin, mais juste d’une précision rappelant les bonnes pratiques concernant l’utilisation de leurs produits. Nabilla a récemment confié que Louboutin lui avait aussi demandé de ne plus porter les chaussures à l’antenne et qu’elle ne comprenait pas cet acharnement contre les ‘people’ de la téléréalité. D’autres gens issus de la téléréalité leur ont emboîté le pas affirmant que les chaussures n’étaient même pas confortables.

Mais n’est-il pas déjà trop tard pour l’image de Christian Louboutin ? A mes yeux, à force de les voir aux pieds de certaines personnes (et cela ne date pas de cette année), ces chaussures véhiculent inexorablement une sulfureuse image de nouveau riche. Peut-être est-ce la combinaison de la semelle à la couleur agressive et du caractère souvent extrême et en acier trempé des candidats en question.

En même temps, n’est-il pas normal que l’ultime image du luxe aux yeux de ces jeunes qui ont (à leurs yeux) réussi soient les chaussures Louboutin (à défaut d’avoir une Ferrari qui ne s’offusquerait probablement pas d’être conduite par une personne issue de la téléréalité ) ? Il suffit de voir notre facebook rempli de personnes dépensant trois mois de salaire pour s’offrir les chaussures de leurs rêves (et d’en poster la preuve), mais ne sachant pourtant pas les assortir aux vêtements et accessoires. Alors, où est le problème si Louboutin vend ? Ou cette société pense-t-elle vendre aux mauvaises personnes ? Dans ce cas, ne faudrait-il pas un manuel en 30 pages sur les règles à respecter lorsque l’on porte les chaussures ainsi qu’une fashion Police décernant les amendes ?

Je me rappelle de la protection d’image qu’avait voulu imposer il y a quelques années Abercrombie & Fitch interdisant aux personnes qui faisaient plus que la taille 40, de porter leurs vêtements sous prétexte qu’ils étaient exclusifs. Abercrombie & Fitch était définitivement interdit aux gros. Résultat, une vague de protestations, une marque qui plonge, des vêtements offerts aux sans-abri en signe de contestation.

Les marques de luxe ne devraient-elles pas adapter leur stratégie marketing et campagnes publicitaires en fonction d’une possible réaction du public plutôt qu’en fonction de l’image qu’elles pensent renvoyer mais qu’elles ne renvoient en réalité pas du tout ?