Les enfants rois : éducation trop permissive ?

Ils savent à peine marcher et déjà ils règnent sur toute la maison. Ces enfants rois qui font la pluie et le beau temps sont de plus en plus présents au sein des familles. Peut-on les blâmer pour leur comportement ?

L’enfant roi décide de l’emploi du temps de tout le monde. Personne n’ose contredire sa Majesté sous peine d’une grosse crise de colère. Les parents refusent ou n’osent dire « Non » à leur merveilleuse progéniture, persuadés que les barrières et les limites ne sont pas nécessaires à l’apprentissage de la vie. D’ailleurs pour eux, cet apprentissage doit être le plus facile possible.

Une éducation positive basée sur « l’interdit d’interdire » ne finit-elle pas par créer des enfants sans aucun respect pour autrui ? Souvent les parents qui pensent que l’autorité est synonyme de répression ont eux-mêmes eu une éducation parfois trop stricte. N’ont ils pas baissé les bras pour ne pas gérer les conflits après une dure journée de travail ? Ne compensent-ils pas un manque de présence par un laisser-aller qu’ils pensent inoffensif ?

Il y a quelques années, un couple d’amis de ma mère était invité à la maison avec ses deux enfants. Les garçons devaient avoir 4 et 5 ans. A peine arrivés, ils avaient déjà sauté sur le chien en lui lançant un violent coup de pied à tel point qu’il (un pitbull imaginez la panique de ma mère) avait hurlé. Moi qui ai toujours été élevée dans le respect des animaux, j’ai de suite détesté ces sales gosses. Le chien fut mis à l’écart pour éviter tout risque, même si la pauvre bête était un vrai ours en peluche. Quand ma mère a dit « Non non les enfants on ne peut pas, il est interdit de donner un coup de pied au chien, il pourrait vous mordre par réflexe de défense. », le père s’est exclamé « S’il mort, il sera euthanasié, les chiens doivent être éduqués correctement. »
J’ai cru que ma mère allait les virer, mais non, il y a eu un sourire poli de façade. Elle n’a pas non plus bougé le moindre cil quand les marmots ont commencé à dessiner sur le sol au marqueur noir (et pourtant j’attendais avec grande impatience l’explosion qui n’allait pas tarder, j’en étais certaine). Quand nous sommes passés à table, il a fallu préparer aux deux seigneurs un autre repas que celui demandé par la mère à savoir un hamburger.  Depuis la veille, le plus jeune détestait les hamburgers et les parents trouvaient cela normal.  Inutile de vous dire que le menu « adulte » ne leur convenait pas non plus. « Est-ce que tu pourrais leur préparer autre chose ? C’est important qu’ils mangent ce qu’ils ont envie! » (j’avoue en avoir été jalouse, moi qui devait avaler ce qui était servi à table quand j’étais petite !). Je passe sur l’épisode de la nourriture qu’ils se jettent dessus, du nez qu’on se gratte sans complexes, des armoires que l’on fouille, du vase qu’on fait tomber, un vrai vaudeville !

Je ne me souviens plus comment s’est déroulé le repas, mais je me rappelle parfaitement du ton pincé de ma mère quand elle a dit « Je ne vous propose pas de digestif au salon, vos enfants vont sauter avec leurs chaussures sur mes fauteuils et ca c’est au dessus de mes forces aujourd’hui. »

La soirée s’est terminée ainsi qu’une amitié vieille de 10 ans, comme quoi l’éducation des enfants est importante si vous voulez garder vos amis.

Dans le cas de ces personnes, le père n’avait pas trop envie de s’impliquer et encore moins de passer pour le méchant de service et la mère culpabilisait sans doute d’avoir peu de temps à consacrer à ses enfants.

Leurs rejetons évoluaient dans un monde sans aucune contrainte ni limite, donc sans repères. J’ignore ce qu’ils sont devenus et je ne suis pas sûre de vouloir le savoir encore sous le choc de leur attitude face à mon chien.

La question n’est-elle pas de savoir si une éducation permissive est en fin de compte plus ou moins épanouissante qu’une éducation stricte ? Et si tout cela n’était justement qu’une simple question d’équilibre ? Quel est votre avis ?