Oatman sur la Route 66 est peuplée par des drôles d’habitants (partie 2)

Cela fait plusieurs années que je voulais passer par Oatman, mais il faut reconnaître que c’est un détour de plus d’une heure trente, il ne faut donc pas être pressé entre deux étapes.
Si vous n’avez pas de contrainte de montre, n’hésitez pas à y arrêter le temps. Outre la description que j’en ai faite dans mon premier article, pour moi la raison principale de ma visite à Oatman était la présence des mulets sauvages.

Dès les premières secondes de l’entrée dans la ville, le ton est donné. Les mulets arrivent soudain de nulle part en bande organisée et bloquent la voiture. Nous voilà pris dans une embuscade de quatre pattes.

Ils cherchent sans doute de la nourriture et n’hésitent pas à passer leur tête sympathique par la fenêtre. Nous n’avons d’autres choix que de patienter jusqu’à ce qu’ils se soient rendu compte que nous n’avons pas ce qui les intéresse.

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Ces drôles de personnages descendent le matin des collines et dévalisent les toursistes qui, contre caresses et affection, leur offrent le repas. Les ânes repartent le soir dans leurs collines pour ne revenir que le lendemain matin.

Ces « wild burros » sont retournés à la vie sauvage lorsqu’ils furent abandonnés par les prospecteurs d’or quittant les lieux en laissant ces pauvres bêtes à leur sort.

Au grand amusement des propriétaires de boutiques, les mulets n’hésitent pas à s’approcher des porches des magasins, sans doute pour mieux profiter de l’air conditionné.

Un des habitants nous a expliqué que le premier qui aperçoit un nouveau né a le droit d’aller le déclarer à la poste qui les recence tous. L’heureux élu peut aussi choisir le prénom du bébé mulet. Chaque année les naissances sont de grands événements qui donnent lieu à de véritables courses pour être le père ou la mère adoptive du nouveau né.

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Même si les animaux sont adorables et se laissent approcher sans aucun problème (certainement si vous avez pris la peine d’acheter pour 3 dollars un sac de foin), il ne faut cependant pas oublier que cela reste des animaux sauvages. Méfiez-vous des mamans lorsque vous êtes proche de leur bébé, gardez toujours un oeil sur elles.

J’adore leurs longues oreilles et leur air débonnaire. On dirait que la ville leur appartient. L’un d’eux est arrivé derrière moi alors que je caressais un bébé et a mis sa tête sur mon épaule, sans bouger pendant quelques minutes peut-être pour surveiller ce que je faisais ou alors pour se moucher.

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Leur regard coquin et tendre à la fois, leur pelage hyper doux, leur manière de prendre possession des lieux, je craque complètement pour eux. Ce qui est certain, c’est que j’y retournerai très bientôt.

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Text & pictures © Morgan Mc Kenzie