Peut-être avez-vous entendu l’incroyable histoire de Precious, le chihuahua adopté à la ASPCA de Phoenix en Arizona il y a 3 ans. Il m’aura fallu déployer des trésors de patience et surtout une somme d’argent incroyable et imprévue pour le rapatrier. Une mésaventure et des tracasseries qui auraient pu être évitées si chaque personne avait fait ce qui lui était demandé à la base.
J’avais d’abord repéré la petite chienne sur le site de la ASPCA et lorsque je l’ai aperçue « en vrai » dans cette gigantesque cage à Phoenix, elle semblait encore plus minuscule. Elle était entourée par deux chiens tellement grands qu’elle paraissait inexistante. Son parcours avait été horrible, enlevée à ses maîtres parce que négligée et abusée, elle pesait à peine 1,5 kilos. Precious avait dû avoir les pattes cassées. Elle en gardait une bizarre manière de marcher. Le petite chienne était déjà une vedette au refuge. Elle était passée à la télévision dans l’émission Animal Cops Phoenix, qui diffuse les reportages d’une équipe de policiers animaliers.
Chaque année, je choisis d’aider un refuge, souvent espagnol pour soutenir les galgos (je dirige aussi une association qui aide les animaux et plus particulièrement les lévriers espagnols en plus de ma société événementielle et de mon combat pour aider les artistes amérindiens). Je me rends donc dans un refuge américain pour leur déposer l’argent de mes collectes faites au cours de l’année. J’ai aussi décidé de ramener un petit chien en provenance des USA.
Pour être certaine de remplir tous les critères en matière de procédures hyper compliquées, j’ai contacté la compagnie aérienne belge avec qui je pars. Habituellement, je vole avec British Airways que j’affectionne particulièrement pour le service impeccable, mais comme il y a une quarantaine sur les animaux, j’ai adapté mes plans.
La compagnie belge ayant confirmé sur base de mon numéro de vol et du billet d’avion, qu’un chien pouvait effectivement voyager en cabine à condition d’être de petite taille et dans une cage, je n’ai pas hésité à adopter le petit chihuahua.
Et puis les problèmes commencèrent…
Parce que les exigences de l’union européenne diffèrent en fonction des pays, j’ai à nouveau voulu me faire reconfirmer qu’aucun document ne me manquait pour le retour. Je disposais bien de tous les documents, mais … La réponse de la compagnie m’a sidérée : interdiction de ramener un chien car vous êtes en classe business.
« Comment ça ? En business, oui et alors ? Vous le saviez non ? ». « Euh oui, enfin je ne sais pas. »
J’apprends (lorsque je suis sur place bien sûr) que le vol, opéré par United Airlines sur la partie américaine, n’autorise pas le retour du chien ! C’est une blague j’espère ?
- Nulle part sur le site de la compagnie avec laquelle j’ai embarqué il est indiqué qu’un chien est interdit sur un vol Phoenix / Bruxelles en classe business.
- Je les ai appelé avant le départ pour vérifier et la réponse était positive pour tout le vol.
- J’ai réservé et payé l’entièreté du vol chez eux (sans même d’abord savoir qu’une partie était sous traîtée via United Airlines).
Je pensais que joindre United Airlines allait solutionner les choses. J’ai donc passé de nombreux appels vers Bruxelles et vers United sur place afin de trouver une solution. La proposition de la compagnie américaine ? « Voyez avec Brussels Airlines, vous n’avez pas réservé en direct via nous ! Ils connaissent nos règles ». Fin de non recevoir ! Merci le service client pour les deux compagnies aériennes.
Entretemps, il reste une semaine avant le vol retour. Dans l’attente d’une décision définitive, je n’ai d’autre choix que de continuer les procédures avec l’USDA (l’organisme officiel qui délivre les documents de sortie). Ces documents doivent être datés de moins de 10 jours avant le départ. Comme je suis en Arizona et que le siège de l’USDA est dans un autre état, je vous laisse deviner le prix des courriers express. Il faut aussi une première visite chez un vétérinaire pour vérifier la santé du chien et une seconde visite pour signer un document qui devra ensuite être contresigné par l’USDA : coût 350 dollars.
Quelles solutions j’ai envisagé ?
1. Négocier avec Brussels Airlines ? En cours, mais on sait ce que cela a donné ensuite : rien
2. Négocier avec United Airlines ? Impossible, ils renvoient vers la compagnie aérienne auprès de laquelle j’ai acheté le billet.
3. Proposer mon siège en business à une personne qui sera très contente d’être upgradée ? Interdit pour une question de sécurité. Fallait oser mais ils l’ont fait.
4. Donner le chien à une personne en classe normale (contre rémunération) alors que je voyage en business ? Interdit par la compagnie aérienne. Rebelote
5. Changer de vol ? Difficile mais en cours
Le lendemain, j’ai enfin trouvé (via mes réseaux sociaux, le cas de ce chien avait déjà fait beaucoup de bruit) les coordonnées de la direction générale belge. Comme je ne me satisfais pas d’un mail réponse du service clientèle me disant que j’aurais des nouvelles dans les 3 semaines (si, si, du vécu!), je décide d’envoyer un courriel pour relater ma triste histoire et demander une intervention rapide.
1 jour plus tard, une réponse de la direction qui me dit que tout va être mis en oeuvre pour nous aider à ramener le chien. Ils vont contacter United Airlines. Quelle joie !
Quelques heures plus tard, via contact téléphonique, Bruxelles me confirme ne pas avoir reçu l’autorisation de United. On me propose de changer de vol et je marque de suite mon accord pour un changement, peu importe la date de départ si c’est endéans les 8 jours (je dois respecter le délai des papiers du chien). La responsable va me rappeler le lendemain pour me communiquer l’éventuelle date.
En attendant je continue les procédures d’exportation du chien avec le USDA. Tout doit être prêt pour le départ, faute de quoi il ne pourra pas embarquer s’il manque un seul document. Il aussi risque d’être refusé à son arrivée à Bruxelles et être renvoyé sur le sol américain.
Trois jours plus tard (ben oui, c’était le weekend, personne n’a pris la peine de suivre le dossier, je n’y avais pas pensé !), pas de nouvelles de Brussels Airlines malgré leur promesse.
Le départ se rapproche inexorablement et le stress monte.
Que faire ?
1. Rendre ce chien à l’ASPCA (et être sur la liste noire, un comble pour une association).
2. Lui trouver une famille d’accueil définitive sur place, mais en si peu de temps difficile.
3. Le faire garder par une famille d’accueil temporaire, le temps d’arranger les choses.
4. Rester aux Etats Unis et m’occuper du retour mais je suis sur place depuis un mois déjà, je ne peux pas indéfiniment rester.
J’ai envoyé des mails sur le site Dog Vac Day afin de trouver un dog sitting pouvant garder Precious et me l’envoyer par un autre vol. Cela signifie que la personne devra aussi la conduire chez un vétérinaire pour la dernière visite de contrôle et ensuite déposer le chien à l’aéroport. Si par le plus grand des hasards, l’avion réservé devait être dans plus de 4 jours, les papiers USDA ne seraient plus valables (pour rappel au maximum 10 jours avant le départ), il faudra alors tout recommencer.
Ensuite j’ai eu un contact avec les responsables d’un chenil qui gardent les animaux lorsqu’il y a des catastrophes naturelles (comme ce fut le cas pour le Hurricane Katrina). Ils sont d’accord de garder Precious le temps de trouver une solution, mais il faut impérativement quelqu’un sur place pour effectuer les dernières démarches auprès des autorités américaines. Comme je ne réside pas de manière permanente sur le sol américain, ils ne peuvent s’occuper des démarches à ma place. Je tiens cependant à souligner la proactivité de cette organisation.
La mort dans l’âme et complètement dégoûtée par le manque de sens commercial de Brussels Airlines, j’ai renvoyé un dernier mail à la compagnie aérienne pour signaler que nous n’avions pas d’autre choix que de laisser temporairement le chien sur place puisque de leur côté aucune solution n’était proposée malgré les promesses données.
LA CONCLUSION :
J’ai trouvé un transporteur indépendant pouvant (moyennant beaucoup de $$$) s’occuper de l’entièreté de la paperasserie mais le chien doit être remis en chenil avec 3 jours de quarantaine et donc recommencer toute la procédure pour les documents et refaire à cette pauvre bête des vaccins que tout le monde sait qu’elle a eu, mais qu’il faut pouvoir prouver avoir été fait moins de 10 jours avant le départ. Le tout prendrait +/- 3 semaines. Il faudra attendre 30 jours pour arriver en Belgique.
Nous partons donc sans le chien. A l’aéroport de Phoenix, la représentante de United Airlines s’étonne « Mais vous voyagez avec un chien à bord non ? ». J’avoue que cela ne m’a pas fait rire du tout !!
Vous avais-je dit que, 3 semaines plus tard, quand Precious est enfin arrivée, on lui avait volé ses affaires et sa nourriture, qu’elle a voyagé 38 heures sans sortir de sa cage (sic!) et que j’ai pu payer 500 euros pour la société de dédouanement belge, en plus des frais occasionnés par le fait qu’elle n’ait pas pu partir à la date prévue et qu’il a fallu lui réserver un autre vol ? (total 5.000 dollars pour un chien qui en a coûté 150 à la base et 350 de papiers). Rien que 2.582 $ pour faire garder le chien sur place et faire les démarches déjà faites.

Suite à ma plainte, six mois plus tard, la compagnie belge m’a proposé la grandiose et généreuse compensation de 300 euros, montant que j’ai bien sûr refusé, leur signifiant que pour ce prix, je préférais largement faire de la contre publicité.
Je tiens à préciser que je peux prouver tous les échanges de mails et tous les frais engendrés par une affaire qui aurait pu être tellement simple s’il y avait eu de la bonne volonté et reconnaissance de leur erreur à la base.
Nul besoin de dire que depuis, je n’ai plus jamais été passagère sur un vol des deux compagnies aériennes et ce n’est pas faute de beaucoup voyager. Ceux qui me connaissent le savent.
Entretemps, Precious est devenue mannequin chien et pourra sans doute, pour mon plus grand plaisir, encore beaucoup raconter sa mésaventure au monde.
