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La Corée du Sud est un pays fascinant, où une modernité parfois vertigineuse cohabite avec des codes sociaux hérités d’une longue histoire. Certaines habitudes peuvent surprendre les visiteurs européens, non parce qu’elles seraient étranges, mais simplement parce qu’elles obéissent à d’autres références. En connaître quelques-unes permet surtout d’éviter les maladresses et de mieux comprendre ce qui se passe autour de vous.
Le respect de la hiérarchie
L’influence du confucianisme reste perceptible dans les relations sociales. L’âge, la fonction et le degré de proximité entre les personnes peuvent modifier la manière de parler et de se comporter. Avec une personne plus âgée ou dans une situation formelle, utiliser les deux mains pour donner ou recevoir quelque chose, s’incliner légèrement et employer un registre de langue approprié sont autant de marques de respect. Ces codes ne s’appliquent évidemment pas de façon mécanique à chaque rencontre, mais ils restent suffisamment présents pour être remarqués par un visiteur.

Retirer ses chaussures
Dans une maison coréenne, retirer ses chaussures à l’entrée est la règle. Cette habitude est liée notamment au mode de vie traditionnel au niveau du sol et à l’ondol, le système coréen de chauffage par le sol. Dans certains restaurants traditionnels, temples ou autres espaces, on vous demandera également de vous déchausser. En revanche, il serait exagéré d’écrire que l’on retire systématiquement ses chaussures dans tous les restaurants coréens modernes.
Les plats se partagent volontiers
Un repas coréen ne suit pas nécessairement notre succession entrée-plat-dessert. Le riz, la soupe, un plat principal et différents banchan — kimchi, légumes assaisonnés et autres petits accompagnements — peuvent arriver ensemble. Beaucoup de plats sont disposés au centre de la table et partagés, même si chacun dispose généralement de son propre bol de riz et de ses couverts. Le nombre et la variété des banchan dépendent évidemment du restaurant et du repas.
Qui paie l’addition ?
L’idée selon laquelle la personne la plus âgée paie toujours l’addition est devenue trop caricaturale. Dans les repas professionnels ou lorsqu’une personne invite les autres, il reste courant qu’une seule personne règle l’ensemble, et l’on peut ensuite offrir le café ou le deuxième verre. Entre amis, les pratiques sont aujourd’hui beaucoup plus variées et partager les frais n’a rien d’exceptionnel. Si quelqu’un insiste réellement pour vous inviter, le plus élégant reste souvent d’accepter et de rendre la pareille une prochaine fois.

À table, quelques gestes comptent
On attend traditionnellement que les personnes plus âgées commencent à manger. Avec les baguettes, évitez surtout de les planter verticalement dans un bol de riz, geste associé aux rites funéraires, ainsi que de pointer quelqu’un avec elles. Les baguettes coréennes, souvent métalliques, se posent lorsqu’on ne les utilise pas. Comme partout, les usages se détendent entre amis, mais connaître ces quelques codes évite les impairs les plus évidents.

Le masque n’est pas né avec le Covid
Bien avant la pandémie, voir des personnes masquées dans les rues de Séoul n’avait rien d’exceptionnel. Pollution atmosphérique, poussières fines, rhumes, allergies ou simple volonté de ne pas transmettre une infection expliquaient déjà cette habitude. Le Covid a évidemment renforcé cet usage, mais le masque s’intégrait depuis longtemps au quotidien de nombreux Sud-Coréens.
Seollal et l’argent offert aux enfants
La Corée célèbre le 1er janvier, mais aussi Seollal, le Nouvel An lunaire, l’une des grandes fêtes familiales du pays. Les plus jeunes effectuent traditionnellement une profonde révérence, le sebae, devant leurs aînés et leur présentent leurs vœux. Ils peuvent recevoir en retour de l’argent, appelé sebaetdon. Comme toujours avec les traditions familiales, la manière de célébrer varie d’un foyer à l’autre.
Les 100 jours et le premier anniversaire
Le centième jour d’un bébé, le baek-il, conserve une valeur symbolique héritée d’une époque où la mortalité infantile était élevée. Il peut être célébré en famille avec des gâteaux de riz. Une autre tradition célèbre, le doljabi, appartient en revanche au premier anniversaire, le dol, et non à la fête des 100 jours. On place alors différents objets devant l’enfant et celui qu’il choisit est censé symboliser son avenir. Notre ancienne version mélangeait les deux célébrations : voilà qui est désormais remis dans le bon ordre.

Boire de l’alcool possède aussi ses codes
Dans un contexte traditionnel ou formel, on sert volontiers les autres plutôt que soi-même et l’on utilise les deux mains, ou une main soutenant l’autre bras, lorsqu’on verse ou reçoit un verre face à un aîné. Les jeunes peuvent également détourner légèrement la tête lorsqu’ils boivent devant une personne plus âgée. Là encore, l’étiquette dépend beaucoup du contexte et se relâche entre proches.
Donner et recevoir
Présenter une carte de visite, un cadeau ou un objet avec les deux mains est une marque de courtoisie particulièrement utile à connaître. Quant à l’idée qu’un cadeau ne doit jamais être ouvert devant celui qui l’offre, elle mérite d’être nuancée : certaines personnes attendront, d’autres l’ouvriront immédiatement. Mieux vaut observer son hôte que transformer une coutume en règle absolue.

Le Suneung, une journée pas comme les autres
Le Suneung, ou CSAT, est l’examen national d’entrée à l’université et constitue un moment extrêmement important pour les lycéens. La journée entière s’organise autour des candidats : les autorités prennent des mesures pour limiter le bruit et faciliter leurs déplacements, et les décollages et atterrissages d’avions sont temporairement restreints pendant l’épreuve d’écoute en anglais. C’est probablement l’une des illustrations les plus spectaculaires de la place occupée par les études dans la société sud-coréenne.
Et l’âge coréen ? Une tradition qui a officiellement changé

Voilà un point qui a changé depuis la première publication de cet article. Dans le système traditionnel dit de « l’âge coréen », un bébé avait un an à la naissance et tout le monde prenait une année supplémentaire au 1er janvier. Mais depuis le 28 juin 2023, la Corée du Sud a standardisé dans sa législation l’utilisation de l’âge international, calculé à partir de la date de naissance, pour les domaines civils et administratifs concernés.
Cela ne signifie pas que l’ancienne façon de parler de l’âge a disparu du jour au lendemain des conversations. L’âge reste culturellement important, notamment parce qu’il peut influencer le niveau de langage et la manière dont deux personnes se situent l’une par rapport à l’autre. Mais présenter aujourd’hui l’ancien calcul comme « l’âge officiel des Coréens » serait tout simplement faux.

Les coutumes coréennes reflètent une société où tradition et modernité se croisent en permanence. Certaines règles se maintiennent, d’autres s’assouplissent et quelques-unes disparaissent officiellement tout en survivant dans les habitudes. C’est précisément pour cela qu’il est plus intéressant de les comprendre que d’en faire une liste de commandements à suivre. Voyager, après tout, consiste aussi à apprendre à observer avant de juger.
Korean customs that might surprise you
South Korea is a fascinating country where sometimes dizzying modernity coexists with social codes inherited from a long history. Some habits may surprise European visitors, not because they are strange, but simply because they follow different cultural references. Knowing a few of them helps avoid awkward moments and, above all, makes it easier to understand what is happening around you.
Respect for hierarchy
The influence of Confucianism remains visible in social relationships. Age, position and the degree of familiarity between people can affect the way they speak and behave. With an older person or in a formal situation, using both hands to give or receive something, bowing slightly and choosing an appropriate level of speech are all signs of respect. These codes do not apply mechanically to every encounter, but they remain visible enough for visitors to notice.

Taking off your shoes
In a Korean home, shoes come off at the entrance. The custom is linked in part to the traditional floor-based lifestyle and ondol, Korea’s underfloor heating system. Some traditional restaurants, temples and other spaces will also ask you to remove your shoes. It would be an exaggeration, however, to suggest that shoes are removed in every modern Korean restaurant.
Food is often shared
A Korean meal does not necessarily follow our starter-main-dessert sequence. Rice, soup, a main dish and several banchan — kimchi, seasoned vegetables and other small side dishes — may arrive together. Many dishes are placed in the centre and shared, although diners generally have their own rice bowl and utensils. The number and variety of banchan naturally depend on the restaurant and the meal.
Who pays the bill?
The idea that the oldest person always pays has become something of a caricature. At business meals or when someone has invited the group, it remains common for one person to settle the entire bill, with someone else perhaps buying coffee or the second round afterwards. Among friends, practices are much more varied today and splitting the cost is hardly unusual. If someone genuinely insists on treating you, the most graceful response is often to accept and return the favour another time.

A few table manners matter
Traditionally, people wait for the eldest diners to begin eating. With chopsticks, avoid sticking them vertically into a bowl of rice, a gesture associated with funeral rites, and do not point at people with them. Korean chopsticks, often made of metal, are put down when not in use. As everywhere, etiquette becomes more relaxed among friends, but knowing these few codes helps avoid the most obvious faux pas.

Masks did not begin with Covid
Long before the pandemic, seeing people wearing masks in Seoul was nothing unusual. Air pollution, fine dust, colds, allergies or simply the wish not to spread an infection already explained the habit. Covid obviously reinforced their use, but masks had long been part of everyday life for many South Koreans.
Seollal and money for children
Korea celebrates 1 January, but also Seollal, the Lunar New Year and one of the country’s great family holidays. Younger people traditionally perform a deep bow, known as sebae, before their elders and offer New Year wishes. They may receive money, called sebaetdon, in return. As with all family traditions, the precise way it is celebrated varies from one household to another.
One hundred days and the first birthday
A baby’s hundredth day, or baek-il, retains symbolic importance from a time when infant mortality was high. Families may celebrate it with rice cakes. Another famous tradition, doljabi, actually belongs to the first birthday, or dol, rather than the hundred-day celebration. Various objects are placed in front of the child, and the one chosen is supposed to symbolise their future. Our original article mixed the two celebrations together; they are now back in the correct order.

Drinking alcohol has its own codes
In a traditional or formal setting, people often serve others rather than themselves and use both hands, or one hand supporting the other arm, when pouring or receiving a drink in front of an elder. Younger people may also turn their head slightly away when drinking before someone older. Again, etiquette depends greatly on context and becomes much more relaxed among close friends.
Giving and receiving
Presenting a business card, gift or object with both hands is a useful mark of courtesy to remember. The idea that a present must never be opened in front of the giver deserves more nuance: some people will wait, while others will open it immediately. It is better to observe your host than to turn a custom into an absolute rule.

Suneung: no ordinary exam day
The Suneung, or CSAT, is South Korea’s national university entrance examination and an enormously important moment for secondary-school pupils. The entire day is organised around candidates: authorities take measures to reduce noise and help them reach examination centres, while aircraft take-offs and landings are temporarily restricted during the English listening test. It is perhaps one of the most spectacular illustrations of the importance placed on education in South Korean society.
And Korean age? A tradition that officially changed

This is one point that has changed since the article was first published. Under the traditional system commonly known as “Korean age”, a baby was considered one year old at birth and everyone gained another year on 1 January. Since 28 June 2023, however, South Korea has standardised the international age system, calculated from a person’s date of birth, in the relevant areas of civil and administrative law.
That does not mean the old way of discussing age vanished from conversation overnight. Age remains culturally important, partly because it can influence speech levels and how two people position themselves in relation to one another. But presenting the old calculation today as “the official age of Koreans” would simply be wrong.

Korean customs reflect a society in which tradition and modernity constantly intersect. Some rules endure, others become more relaxed and a few officially disappear while surviving in everyday habits. That is precisely why understanding them is more interesting than turning them into a list of commandments. Travelling, after all, also means learning to observe before judging.
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