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À Mathura et Vrindavan, gardez un œil sur vos lunettes
Mathura et sa voisine Vrindavan sont parmi les villes les plus sacrées de l’hindouisme, intimement associées à Krishna. Elles ont aussi des habitants particulièrement habiles dont le comportement surprend régulièrement les visiteurs : les macaques rhésus. Ils circulent sur les toits, les balcons, autour des temples et dans les rues, et certains ont appris qu’un objet dérobé à un humain peut parfois se transformer en nourriture. Les lunettes semblent être une spécialité locale suffisamment connue pour que les autorités elles-mêmes aient dû s’en préoccuper.

Le vol contre rançon : une stratégie apprise
Le phénomène n’est pas une légende destinée aux touristes. Des macaques vivant au contact étroit des humains peuvent apprendre à saisir certains objets et à les abandonner lorsqu’on leur propose de la nourriture. Il ne faut pas pour autant leur prêter une organisation criminelle avec éclaireurs, diversions et partage du butin : les descriptions de « gangs » parfaitement coordonnés sont amusantes, mais vont beaucoup plus loin que ce que l’on peut raisonnablement affirmer.
En août 2022, l’histoire a pris une tournure particulièrement savoureuse lorsqu’un macaque de Vrindavan s’est emparé des lunettes du magistrat du district de Mathura. Des policiers et responsables ont tenté de récupérer la paire, finalement rendue après que de la nourriture a été offerte à l’animal. La scène, filmée, est devenue virale. Autrement dit : si vous vous demandez si cette réputation de voleurs de lunettes est exagérée, même l’administration locale peut témoigner du contraire.

Pourquoi y a-t-il autant de singes autour des villes saintes ?
La présence des macaques dans les villes indiennes résulte de plusieurs facteurs. Ce sont des animaux extraordinairement adaptables, capables de vivre au contact des humains et de profiter des déchets, de la nourriture accessible et du nourrissage volontaire. Dans les villes de pèlerinage, la concentration de visiteurs et d’offrandes crée des ressources supplémentaires.
La dimension religieuse compte également, mais mérite d’être formulée avec nuance. Hanuman, l’une des grandes figures de l’hindouisme, possède une forme simiesque et les singes bénéficient pour de nombreux croyants d’une association religieuse particulière. Certains les nourrissent par dévotion. Cela ne signifie pas que chaque singe soit juridiquement « intouchable », ni que tous les habitants apprécient leur présence. Pour les personnes qui vivent quotidiennement avec les dégâts, morsures, vols et intrusions, la relation est évidemment plus compliquée.

Un problème bien réel pour les habitants
Ce qui peut sembler amusant pendant quelques minutes à un voyageur devient beaucoup moins charmant lorsqu’il faut protéger quotidiennement sa maison, son commerce ou ses affaires. Les macaques peuvent pénétrer dans les bâtiments, voler de la nourriture, endommager des objets et devenir agressifs lorsqu’ils se sentent menacés ou lorsqu’ils attendent de la nourriture.
Le nourrissage entretient en outre une proximité qui modifie leur comportement et augmente les interactions avec les humains. La gestion du problème est délicate : il faut concilier sécurité publique, bien-être animal, réglementation de la faune sauvage et sensibilité religieuse. Les solutions évoquées ou mises en œuvre selon les lieux comprennent notamment une meilleure gestion des déchets, des dispositifs de dissuasion et différentes mesures de gestion des populations. Il n’existe pas de solution miracle.

En 2026, les lunettes restent un sujet très sérieux
Preuve que le phénomène n’appartient pas au folklore ancien : lors de la préparation d’une visite de la présidente indienne Droupadi Murmu dans la région de Mathura-Vrindavan en mars 2026, la présence des macaques a été intégrée au dispositif de sécurité. Des équipes du département des forêts et des silhouettes de langurs ont notamment été prévues le long du parcours afin de tenir les singes à distance — avec une préoccupation très concrète rapportée par la presse : éviter qu’un macaque ne s’empare des lunettes de la présidente.
C’est probablement l’une des meilleures illustrations du problème. Lorsque le protocole d’une visite présidentielle doit tenir compte des talents de chapardage des macaques, on peut difficilement parler d’une simple anecdote touristique.

Fascinants, sacrés… et surtout sauvages
Les macaques de Mathura et Vrindavan illustrent parfaitement la manière dont animaux sauvages, religion et vie urbaine peuvent se retrouver imbriqués. Leur intelligence et leur capacité d’adaptation sont fascinantes, mais elles ne doivent pas faire oublier qu’il ne s’agit ni de mascottes ni d’attractions touristiques. Le meilleur conseil reste finalement très simple : ne les nourrissez pas, évitez de les provoquer, gardez vos objets près de vous et, surtout, si vous portez des lunettes, sachez que vous pourriez être plus intéressant que vous ne le pensiez.
Mathura’s thieving monkeys: clever, sacred and very interested in your glasses
In Mathura and Vrindavan, keep an eye on your glasses
Mathura and neighbouring Vrindavan are among Hinduism’s most sacred cities, intimately associated with Krishna. They also have some particularly skilful residents whose behaviour regularly surprises visitors: rhesus macaques. They move across rooftops and balconies, around temples and through the streets, and some have learnt that an object taken from a human can sometimes be converted into food. Spectacles appear to be enough of a local speciality that even the authorities have had to take the problem seriously.

Robbery for ransom: a learnt strategy
The phenomenon is not a story invented for tourists. Macaques living in close contact with people can learn to grab certain objects and relinquish them when offered food. That does not mean we should credit them with an organised criminal network complete with lookouts, diversions and a division of the spoils: descriptions of perfectly coordinated “gangs” are entertaining, but go considerably beyond what can reasonably be claimed.
In August 2022, the story took a particularly amusing turn when a macaque in Vrindavan grabbed the spectacles of Mathura’s district magistrate. Police and officials tried to retrieve them, and the glasses were eventually returned after food was offered to the animal. The filmed incident went viral. In other words, if you are wondering whether their reputation for stealing spectacles is exaggerated, even the local administration can testify otherwise.

Why are there so many monkeys around the holy cities?
The presence of macaques in Indian cities results from several factors. They are extraordinarily adaptable animals, capable of living alongside people and exploiting rubbish, accessible food and deliberate feeding. In pilgrimage cities, concentrations of visitors and offerings create additional resources.
Religion also matters, although the connection deserves nuance. Hanuman, one of Hinduism’s major figures, has a simian form, and monkeys have a particular religious association for many believers. Some people feed them as an act of devotion. That does not mean every monkey is legally “untouchable”, nor that every resident welcomes their presence. For people dealing daily with damage, bites, theft and intrusions, the relationship is understandably more complicated.

A very real problem for residents
What may look amusing to a traveller for a few minutes becomes considerably less charming when people have to protect their homes, businesses and belongings every day. Macaques can enter buildings, steal food, damage property and become aggressive when they feel threatened or expect to be fed.
Feeding also encourages proximity, altering their behaviour and increasing interactions with people. Managing the problem is difficult: public safety, animal welfare, wildlife regulations and religious sensitivities all have to be considered. Measures discussed or used in different places include better waste management, deterrents and various approaches to population management. There is no simple solution.

In 2026, spectacles are still a serious matter
Proof that this is not merely old folklore came during preparations for Indian President Droupadi Murmu’s visit to the Mathura-Vrindavan region in March 2026. The presence of macaques was incorporated into security planning. Forest department teams and langur cut-outs were among the measures planned along the route to keep monkeys away — with one very practical concern reported by the press: preventing a macaque from making off with the President’s spectacles.
It is probably one of the best illustrations of the problem. When the protocol for a presidential visit has to account for the macaques’ talent for petty theft, this can hardly be dismissed as a simple tourist anecdote.

Fascinating, sacred… and above all, wild
The macaques of Mathura and Vrindavan perfectly illustrate how wildlife, religion and urban life can become intertwined. Their intelligence and adaptability are fascinating, but we should not forget that they are neither mascots nor tourist attractions. The best advice is ultimately very simple: do not feed them, avoid provoking them, keep your belongings close and, above all, if you wear glasses, be aware that you may be more interesting than you realised.
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