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Le Saluki, également connu sous le nom de lévrier persan, est une race de chien aussi ancienne que majestueuse. Réputé pour sa grâce, sa vitesse et son endurance, ce chien noble a une histoire riche qui remonte à des milliers d’années, notamment au Moyen-Orient. Le Saluki n’est pas seulement un chien de chasse hors pair, c’est aussi un compagnon fidèle qui a été vénéré par des civilisations entières, des pharaons égyptiens aux tribus bédouines.

Les origines du Saluki : un héritage ancestral
Le Saluki est considéré comme l’une des plus anciennes races de chiens domestiqués, avec des représentations qui apparaissent dans l’art antique, datant de plus de 4 000 ans. Originaire des régions désertiques du Moyen-Orient, ce chien était prisé par les peuples nomades, notamment les Bédouins, pour sa capacité à chasser le gibier rapide, tel que les gazelles, dans des conditions climatiques extrêmes.

Les historiens l’ont identifié comme « une race et un type distincts dès 329 avant J.-C., lorsque Alexandre le Grand a envahi l’Inde », mais des fouilles de tombes dans la région du Nil supérieur et dans l’Empire sumérien ont mis au jour des sculptures de chiens identiques au Saluki moderne, fouilles qui remontent à 7 000-6 000 av. J.-C. Des preuves ont également été trouvées en Égypte que les pharaons chassaient avec des Salukis associés à des faucons, le même chien apparaissant sur les tombes égyptiennes de 2100 avant J.-C.
Les chiens étaient souvent momifiés après la mort, ce qui était un honneur particulier. Certains cynologues pensent qu’il existe des références bibliques à cette race, et d’autres interprètent le Coran comme les décrivant comme des cadeaux sacrés d’Allah. Il est vrai que les Salukis ont été considérés comme « propres » par les musulmans pendant des siècles. Ils étaient autorisés à les toucher et à les laisser vivre dans leurs maisons, y compris dans les quartiers des femmes. Cela n’était tout simplement pas accordé aux autres chiens. La tradition voulait que l’on ne vende jamais un Saluki, mais qu’on le donne à des personnes très spéciales, ou en échange d’une épouse, de chevaux ou de chameaux.

Les Salukis étaient souvent considérés comme un cadeau des dieux, et dans certaines cultures, il était interdit de vendre ces chiens précieux. Leur statut privilégié est resté intact à travers les siècles, et aujourd’hui encore, ils sont vénérés pour leur beauté élégante et leur loyauté sans faille.
Dans certains lieux (devenus rares), vous pouvez encore voir ces chiens faire des démonstrations de chasse et mettre leur rapidité et leur beauté en évidence. Les photographies ont été prises au Qasr Al Sarab à Abu Dhabi. Les Salukis ont plusieurs chambres à leur disposition et de l’air conditionné afin de les garder en forme.

Le statut du Saluki : un chien à la croisée des cultures
Aujourd’hui, le Saluki est reconnu internationalement comme une race précieuse et rare. Il est particulièrement apprécié dans les pays du Golfe, où il continue d’être élevé non seulement pour la chasse, mais aussi comme symbole de prestige. Toutefois, malgré leur statut élevé, tous les Salukis ne vivent pas dans des conditions idéales. Comme beaucoup d’autres races, ils peuvent être victimes de négligence ou d’abandon, surtout lorsqu’ils ne sont plus en mesure de remplir leur rôle de chien de chasse.

Le paradoxe du Saluki, à la fois vénéré et pourtant souvent abandonné dans les Émirats arabes unis, peut sembler difficile à comprendre. Voici quelques éléments d’explication pour éclairer cette situation complexe :
1. Le statut culturel et traditionnel
Le Saluki est profondément ancré dans la culture du Moyen-Orient, en particulier dans les pays du Golfe comme les Émirats arabes unis. Ces chiens ont été traditionnellement élevés pour la chasse, une activité noble et respectée. Posséder un Saluki est encore considéré comme un symbole de prestige, de richesse et de tradition. Ces chiens sont souvent vus comme un héritage vivant des coutumes ancestrales des Bédouins, ce qui explique en partie leur vénération.
2. L’évolution de la société et de la chasse
Cependant, la société émiratie a beaucoup évolué au fil des années, passant d’un mode de vie nomade à un mode de vie urbain moderne. Bien que la chasse avec des Salukis soit encore pratiquée, notamment pour des compétitions ou des démonstrations de tradition, cette activité est devenue moins centrale dans la vie quotidienne. De plus, l’accès facile à la technologie et aux modes de transport modernes a réduit la nécessité d’élever ces chiens pour la chasse.
3. L’abandon après la saison de chasse
Dans certains cas, les Salukis sont élevés spécifiquement pour la saison de chasse. Une fois cette période terminée, les chiens qui ne répondent plus aux besoins de leurs propriétaires ou qui ne sont plus performants peuvent être abandonnés. Ce phénomène est amplifié par le fait que certains propriétaires voient ces chiens comme des outils de travail plutôt que comme des compagnons à long terme. Ainsi, lorsqu’un Saluki vieillit ou se blesse, il est parfois considéré comme dispensable.
4. L’absence de sensibilisation et de réglementation
Bien que le Saluki soit une race respectée, la sensibilisation aux responsabilités liées à la possession d’un animal de compagnie n’est pas toujours aussi développée que dans d’autres régions du monde. Le manque de réglementation stricte concernant l’élevage et la possession de chiens, ainsi que l’absence de programmes de stérilisation et de réhabilitation pour les animaux abandonnés, contribuent à ce problème. De plus, le marché des courses et des compétitions de chasse peut entraîner une surpopulation de Salukis, avec des éleveurs cherchant à maximiser leurs profits sans nécessairement garantir un avenir sûr pour chaque chien.
5. Efforts de sauvetage et d’adoption
Heureusement, la situation n’est pas ignorée. De nombreuses organisations locales et internationales se mobilisent pour recueillir les Salukis abandonnés, les soigner et les placer dans des foyers aimants, souvent en dehors des Émirats. Ces efforts visent non seulement à sauver des vies individuelles, mais aussi à sensibiliser la population locale à la nécessité de prendre soin de ces chiens majestueux.
Mon association contribue à placer des Salukis dans de nouvelles familles européennes et à leur trouver une famille pour la vie. Prince Azar, que vous connaissez sans doute, est un Saluki que j’ai adopté des Émirats arabes unis.

Le mot de la fin
Le contraste entre la vénération du Saluki et le phénomène d’abandon s’explique par une combinaison de traditions culturelles, d’évolution sociale et de manque de sensibilisation. Tandis que les Salukis continuent d’être chéris dans certaines sphères, il est crucial de renforcer les initiatives éducatives et les programmes de sauvetage pour protéger ces animaux, qui méritent un traitement à la hauteur de leur noble héritage.
Le sauvetage des Salukis des Émirats arabes unis est un exemple touchant de l’impact que peuvent avoir des individus et des associations engagés pour le bien-être des animaux. En mettant en lumière cette noble race et en lui offrant une seconde chance, vous contribuez à préserver l’héritage du Saluki tout en promouvant des pratiques plus humaines et responsables à travers le monde.
Adopter un Saluki est sans aucun doute un hommage vivant à la noblesse et à la beauté de ces chiens millénaires, et peut inspirer d’autres à suivre votre exemple dans la protection et la célébration de la vie animale.
The Saluki: an Ancient Treasure, Yet Often Abandoned
The Saluki, also known as the Persian Greyhound, is a breed as ancient as it is majestic. Renowned for its grace, speed and endurance, this noble dog has a rich history stretching back thousands of years, particularly in the Middle East. The Saluki is not only an outstanding hunting dog, but also a loyal companion that has been revered by entire civilisations, from the Egyptian pharaohs to Bedouin tribes.

The origins of the Saluki: an ancestral heritage
The Saluki is considered one of the oldest domesticated dog breeds, with representations appearing in ancient art dating back more than 4,000 years. Originating in the desert regions of the Middle East, this dog was prized by nomadic peoples, particularly the Bedouins, for its ability to hunt fast game such as gazelles in extreme climatic conditions.

Historians have identified it as “a distinct breed and type as early as 329 BC, when Alexander the Great invaded India”, while excavations of tombs in the Upper Nile region and the Sumerian Empire have uncovered sculptures of dogs identical to the modern Saluki, dating back to 7,000–6,000 BC. Evidence has also been found in Egypt that pharaohs hunted with Salukis alongside falcons, with the same dog appearing on Egyptian tombs from 2100 BC.
Dogs were often mummified after death, which was a particular honour. Some canine specialists believe there are biblical references to the breed, while others interpret the Quran as describing them as sacred gifts from Allah. It is true that Salukis were regarded as “clean” by Muslims for centuries. They were allowed to touch them and let them live inside their homes, including in the women’s quarters. This simply was not granted to other dogs. Tradition held that a Saluki should never be sold, but given to very special people, or exchanged for a wife, horses or camels.

Salukis were often regarded as a gift from the gods, and in some cultures it was forbidden to sell these precious dogs. Their privileged status has endured through the centuries and even today they are revered for their elegant beauty and unwavering loyalty.
In some places — now rare — you can still see these dogs giving hunting demonstrations and displaying their speed and beauty. The photographs were taken at Qasr Al Sarab in Abu Dhabi. The Salukis have several rooms at their disposal and air conditioning to keep them in good condition.

The status of the Saluki: a dog at the crossroads of cultures
Today, the Saluki is internationally recognised as a precious and rare breed. It is particularly valued in the Gulf countries, where it continues to be bred not only for hunting but also as a symbol of prestige. Yet despite their elevated status, not all Salukis live in ideal conditions. Like many other breeds, they can suffer neglect or abandonment, especially when they are no longer able to fulfil their role as hunting dogs.

The paradox of the Saluki, both revered and yet often abandoned in the United Arab Emirates, can seem difficult to understand. Here are a few elements that help explain this complex situation:
1. Cultural and traditional status
The Saluki is deeply rooted in Middle Eastern culture, particularly in Gulf countries such as the United Arab Emirates. These dogs were traditionally bred for hunting, a noble and respected activity. Owning a Saluki is still regarded as a symbol of prestige, wealth and tradition. They are often seen as a living legacy of ancestral Bedouin customs, which partly explains their revered status.
2. The evolution of society and hunting
However, Emirati society has changed considerably over the years, moving from a nomadic way of life to a modern urban lifestyle. Although hunting with Salukis is still practised, particularly for competitions or traditional demonstrations, it has become less central to everyday life. In addition, easy access to technology and modern transport has reduced the need to raise these dogs for hunting.
3. Abandonment after the hunting season
In some cases, Salukis are bred specifically for the hunting season. Once that period is over, dogs that no longer meet their owners’ needs or are no longer performing may be abandoned. This is compounded by the fact that some owners see these dogs as working tools rather than long-term companions. As a result, when a Saluki grows old or is injured, it may sometimes be regarded as dispensable.
4. Lack of awareness and regulation
Although the Saluki is a respected breed, awareness of the responsibilities associated with pet ownership is not always as developed as in other parts of the world. A lack of strict regulation surrounding dog breeding and ownership, together with an absence of sterilisation and rehabilitation programmes for abandoned animals, contributes to the problem. In addition, the racing and hunting competition market can lead to an overpopulation of Salukis, with breeders seeking to maximise profits without necessarily ensuring a safe future for every dog.
5. Rescue and adoption efforts
Fortunately, the situation is not being ignored. Many local and international organisations work to rescue abandoned Salukis, care for them and place them in loving homes, often outside the Emirates. These efforts aim not only to save individual lives but also to raise awareness among the local population of the need to care for these majestic dogs.
My association helps place Salukis with new European families and find them a family for life. Prince Azar, whom you probably know, is a Saluki I adopted from the United Arab Emirates.

A final word
The contrast between the reverence of the Saluki and the phenomenon of abandonment can be explained by a combination of cultural traditions, social change and a lack of awareness. While Salukis continue to be cherished in certain circles, it is crucial to strengthen educational initiatives and rescue programmes to protect these animals, which deserve treatment worthy of their noble heritage.
The rescue of Salukis from the United Arab Emirates is a touching example of the impact that committed individuals and organisations can have on animal welfare. By highlighting this noble breed and offering it a second chance, you help preserve the Saluki’s heritage while promoting more humane and responsible practices around the world.
Adopting a Saluki is undoubtedly a living tribute to the nobility and beauty of these ancient dogs, and can inspire others to follow your example in protecting and celebrating animal life.
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