Ce que j’ai vécu à La Croix Bleue de Belgique m’a surprise et déçue

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Cet article n’engage que moi, mais je pense que, lorsqu’une association d’aide aux animaux milite pour une cause, elle se doit de montrer au public l’importance qu’il a pour elle. Faute de quoi, pour quelle raison aiderait-on encore cette même association ?

La Croix Bleue de Belgique est une ASBL qui œuvre pour le bien-être animal et la protection de la nature. Elle recueille dans ses refuges des animaux de toutes sortes tels que chiens, chats, oiseaux, chevaux, rongeurs…

Il y a quelques mois, j’ai été active durant plus de deux semaines sur une action de récolte de nourriture au sein de la chaîne Tom & Co. Je vous assure que c’est loin d’être sympathique à faire tous les jours. Il y a ceux qui vous insultent parce que vous vous occupez d’animaux (et qui sont pourtant dans une animalerie, cherchez l’erreur), ceux qui sont impolis, qui font semblant de ne pas vous entendre, qui refusent de vous regarder, passent à côté de vous comme si vous étiez une pestiférée ou vous reprochent d’être là. Chaque petit paquet de croquettes déposé dans votre caddie est gagné difficilement, croyez-moi.

Je n’étais donc pas peu fière d’avoir réussi à récolter plus de 2.000 kilos de nourriture pour les animaux. Quelle joie de savoir que, pour le point de vente, c’était un record et qu’ils étaient satisfaits de ma présence.

J’ai donc décidé d’offrir mes gains d’un côté à Un Amour de Galgos, qui milite en faveur des lévriers espagnols, et de l’autre à la Croix Bleue.

Je suis partie sans aucun a priori, même si cette dernière association avait déjà été secouée par quelques scandales, comme celui d’un couple venu abandonner un vieux chien et en adopter un nouveau. RTL avait mené l’enquête en 2012 et avait noté ce qui suit :

Nous avons pris contact avec M. Merlin, le responsable de la Croix Bleue de Forest qui s’est dit outré par les accusations qui étaient faites à l’encontre de son centre. « L’information est erronée, ça ne s’est pas passé comme ça, il n’y a pas eu d’échange », nous a-t-il expliqué. Il a précisé qu’une dame était venue pour abandonner son chien, expliquant qu’elle était enceinte et que le chien était devenu jaloux du bébé. « Nous n’avons pas cru à son explication, mais nous ne pouvions pas laisser ce chien à la rue », a déclaré M. Merlin.

La dame était accompagnée d’un homme qui a désiré adopter un chien. La Croix Bleue s’est alors renseignée et a vérifié que les deux personnes n’étaient pas de la même famille et n’habitaient pas ensemble. « Tous les contrôles ont été effectués dans les règles », a précisé le responsable de la Croix Bleue de Forest. L’abandon et l’adoption ont donc été traités comme deux dossiers différents. M. Merlin a également affirmé que l’homme s’était inscrit au cours d’éducation canine gratuite proposé par le refuge de Forest, mais ne s’y était jamais présenté.

Même si cela semblait un peu tiré par les cheveux, j’ai donné à La Croix Bleue le bénéfice du doute.

J’ai donc pris contact avec l’association de Forest afin d’y déposer les sacs de nourriture et jouets récoltés et on m’a de suite annoncé au téléphone (fort peu sympathiquement d’ailleurs) qu’il fallait que je me déplace et qu’on ne viendrait pas chercher la nourriture. Aucun problème pour moi. Rendez-vous est donc pris. Lorsque j’arrive au refuge de Forest, j’ai été surprise de voir à quel point le personnel n’est ni commercial, ni bienveillant. Moi qui pensais que les employés d’un refuge étaient forcément souriants et altruistes. Grossière erreur.

Après avoir déposé (et… outrée, pas d’aide de leur personnel) le fruit de mon labeur dans un hangar, pas un « Merci », pas un « Vous avez fait le bonheur de nos amis canins et félins » (même si c’eût été hypocrite, tout aurait été mieux que ce silence). Rien ! C’est comme si j’étais venue juste en visite les mains vides. C’est comme si La Croix Bleue n’avait pas besoin de nourriture pour chiens, comme si aucune aide n’était demandée (sauf peut-être des euros !).

Il est clair que cette association œuvre au sauvetage des animaux. Il y a probablement des personnes amicales au sein de l’association (du moins, j’ai envie de le croire !). Je suis persuadée que le fond est correct. Mais comment faire évoluer les mentalités si le personnel ne montre pas un minimum d’intérêt et de passion ? Comment convaincre le quidam de donner à un refuge où on n’est pas vraiment le bienvenu ? Comment croire que votre don est pris au sérieux ?

Pensez-vous réellement que la prochaine fois mon choix se portera encore sur La Croix Bleue ?

Mise à jour – 2022

Quatre ans après la publication de cet article, le refuge de Forest s’est retrouvé au centre d’une polémique autrement plus sérieuse. En juin 2022, une plainte a été déposée tandis que d’anciens collaborateurs du refuge dénonçaient notamment des cages sales, des croquettes périmées et le fait que, par manque de bénévoles en semaine, tous les chiens ne pouvaient pas être promenés. Certains assimilaient ces conditions à de la maltraitance.

La Croix Bleue a fermement contesté ces accusations, les qualifiant d’acte de malveillance destiné à nuire à l’association. Une inspection du refuge avait alors été annoncée. Je n’ai toutefois trouvé aucune source publique suffisamment fiable permettant d’établir que ces accusations ont ensuite été confirmées par cette inspection.

Ces événements sont survenus quatre ans après l’expérience que je relate dans cet article. Ils ne prouvent évidemment pas que ce que j’avais moi-même constaté en 2018 avait la même origine, mais ils donnent, avec le recul, une résonance assez particulière aux questions que je me posais déjà à l’époque sur l’accueil, l’implication et le fonctionnement de ce refuge.


What I experienced at the Blue Cross of Belgium surprised and disappointed me

This article reflects my experience alone, but I believe that when an animal welfare organisation campaigns for a cause, it has a responsibility to show the public how important their support is. Otherwise, why should people continue helping that same organisation?

The Blue Cross of Belgium is a non-profit organisation working for animal welfare and the protection of nature. Its shelters take in all kinds of animals, including dogs, cats, birds, horses and rodents.

A few months earlier, I had spent more than two weeks taking part in a food collection at Tom & Co. I can assure you that doing this every day is far from pleasant. There are people who insult you because you are helping animals (while standing in a pet shop themselves — spot the contradiction), people who are rude, pretend not to hear you, refuse to look at you, walk past as though you were contagious or reproach you simply for being there. Believe me, every little packet of pet food placed in your trolley is hard won.

I was therefore rather proud to have managed to collect more than 2,000 kilos of food for animals. I was delighted to learn that it was a record for that particular shop and that they were pleased with my presence.

I decided to divide what I had collected between Un Amour de Galgos, which campaigns for Spanish greyhounds, and the Blue Cross.

I went there without any preconceived ideas, even though the latter organisation had previously been shaken by a few controversies, including the case of a couple said to have brought in an old dog and adopted a new one. RTL investigated the story in 2012 and reported the following:

We contacted Mr Merlin, the manager of the Blue Cross centre in Forest, who said he was outraged by the accusations being made against his centre. “The information is incorrect, that is not what happened, there was no exchange,” he explained. He said that a woman had come to surrender her dog, explaining that she was pregnant and that the dog had become jealous of the baby. “We did not believe her explanation, but we could not leave the dog on the street,” Mr Merlin said.

The woman was accompanied by a man who wanted to adopt a dog. The Blue Cross made enquiries and checked that the two people were not members of the same family and did not live together. “All the checks were carried out according to the rules,” the manager of the Forest centre said. The surrender and the adoption were therefore treated as two separate cases. Mr Merlin also said that the man had enrolled in the free dog-training course offered by the Forest shelter, but had never attended.

Even though it all seemed a little far-fetched, I gave the Blue Cross the benefit of the doubt.

I therefore contacted the organisation in Forest to arrange to drop off the bags of food and toys I had collected, and was immediately told on the telephone (not particularly pleasantly, incidentally) that I would have to bring everything myself and that nobody would come to collect it. No problem for me. An appointment was made. When I arrived at the Forest shelter, I was surprised by how neither welcoming nor particularly considerate the staff seemed. I had imagined that people working in an animal shelter would automatically be smiling and altruistic. Big mistake.

After unloading the fruits of my labour into a storage building (and… to my astonishment, with no help from their staff), there was no “Thank you”, no “You’ve made our dogs and cats very happy” (even if it had been hypocritical, anything would have been better than silence). Nothing! It was as though I had simply turned up for a visit empty-handed. As though the Blue Cross did not need dog food, as though no help were being requested (except perhaps euros!).

It is clear that this organisation works to rescue animals. There are probably friendly people within it (at least, I want to believe so!). I am convinced that its underlying purpose is sound. But how can attitudes be changed if staff show no minimum of interest or passion? How can you persuade ordinary people to donate to a shelter where they do not really feel welcome? How can you believe that your donation is being taken seriously?

Do you really think that, next time, the Blue Cross will still be my choice?

2022 update

Four years after this article was published, the Forest shelter found itself at the centre of a considerably more serious controversy. In June 2022, a complaint was filed while former collaborators at the shelter alleged, among other things, dirty cages, expired pet food and the fact that, because of a shortage of volunteers during the week, not all dogs could be walked. Some described these conditions as mistreatment.

The Blue Cross firmly denied the allegations, describing them as a malicious attempt to damage the organisation. An inspection of the shelter was announced at the time. I have, however, found no sufficiently reliable public source establishing that those allegations were subsequently confirmed by that inspection.

These events occurred four years after the experience described in this article. They obviously do not prove that what I personally observed in 2018 had the same cause, but in retrospect they give a rather particular resonance to the questions I was already asking at the time about the welcome, commitment and operation of this shelter.

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