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À vous qui torturez les animaux : je vous hais

Je sais, ce n’est ni très subtil, ni très nuancé, ni particulièrement élégant.

Mais lorsqu’il s’agit de vous, je n’ai aucune envie de chercher une formule plus présentable.

Je vous déteste. Pas parce que vous n’aimez pas les animaux. On a parfaitement le droit de ne pas les aimer.

Je vous déteste parce que vous choisissez délibérément de faire souffrir un être sans défense.

Et je me pose depuis longtemps une question.

Est-ce que cela vous donne l’impression d’être fort ? Laissez moi rire …

Parce qu’il faut être sacrément courageux pour frapper un animal

J’essaie de comprendre. Vous frappez un chien. Vous brûlez un chat. Vous affamez un animal enfermé quelque part. Vous l’attachez. Vous le terrorisez. Vous lui donnez des coups. Vous le laissez agoniser. Vous l’abandonnez

Et parfois, comble du raffinement contemporain, vous filmez la scène.

Mais qu’est-ce que vous ressentez exactement à cet instant ?

De la puissance ? Une forme de supériorité ?

Et comment nous on vous voit ? Un manque de neurones sans aucun doute, un nuisible, un minable, un être pitoyable, une brute sans courage, un individu méprisable, un être abject, un déchet moral, un sous-produit de la lâcheté, un prédateur de l’impuissance.

Vous regardez un animal qui pèse parfois dix fois moins que vous, qui dépend entièrement de l’être humain et qui ne comprend même pas pourquoi on lui fait mal, et vous vous dites :

« Là, je suis vraiment quelqu’un. » Impressionnant. Vraiment. Il fallait oser seulement le penser.

Pourquoi toujours plus faible que vous ?

C’est surtout cela qui m’intrigue.

Pourquoi un animal ? Pourquoi un être enfermé chez vous ? Pourquoi celui qui ne peut pas appeler à l’aide ? Pourquoi celui qui ne peut pas raconter ce que vous lui avez fait ? Pourquoi celui qui dépend de vous pour manger, boire et sortir ? Vous voulez démontrer votre force ? Quelle force ?

Vous préférez celui qui ne peut pas vous répondre. Celui qui recule. Celui qui tremble. Celui qui finit parfois par se coucher dans un coin en espérant simplement que cela s’arrête.

Et c’est là que je me demande si, derrière toute cette violence, il n’y aurait pas finalement quelque chose de beaucoup moins impressionnant.

Une immense faiblesse.

Parce qu’il faut être terriblement petit pour avoir besoin de faire souffrir plus petit que soi afin de se sentir grand.

Imaginez une seconde le niveau de vide qu’il faut atteindre pour que la souffrance d’un animal devienne une idée de contenu.

Vous préparez le téléphone. Vous cadrez. Vous filmez.

Et à aucun moment, dans cette succession de gestes, quelque chose dans votre cerveau ne vous dit :

Mais qu’est-ce que je suis en train de devenir ? Juste une grosse merde, voilà la réponse sans filtre politiquement correct.

Sortez les mouchoirs : non, votre vie difficile ne vous excuse pas

Vous avez eu une enfance difficile ? Vous avez des problèmes ? Vous êtes en colère contre le monde ?

Bienvenue parmi quelques milliards d’êtres humains.

Des millions ont été humiliés, abandonnés, trompés ou maltraités.

Et la majorité ne frappent pas leur chien. Avoir été une victime ne donne à personne le droit d’en fabriquer une nouvelle.

Alors non.

Je ne suis pas le tribunal qui pardonne et donne encore une chance, je n’ai aucune obligation de transformer chaque bourreau en victime pour que cela rende le comportement plus confortable à analyser.

À un moment donné, il existe aussi quelque chose qui s’appelle la responsabilité.

Et puis il y a ceux qui regardent

Je ne vous oublie pas non plus. Vous qui savez que le chien du voisin reçoit des coups. Vous qui voyez cet animal maigrir derrière une clôture. Vous qui entendez les hurlements. Vous qui savez qu’un animal vit enfermé dans des conditions effroyables.

Et qui dites :

« Je ne veux pas avoir de problèmes. »

Personne ne demande de jouer au héros, mais signaler existe.

Les associations existent.

Les services compétents existent.

Il existe une différence entre ne pas se mettre en danger et décider que ce que l’on voit ne nous concerne pas.

Parce que pendant que vous hésitez à vous mêler de ce qui ne vous regarde pas, l’animal, lui, n’a peut-être personne d’autre.

Et après vous, quelqu’un devra réparer

Heureusement, il existe d’autres êtres humains. Ceux qui récupèrent vos victimes. Ceux qui nettoient les plaies. Ceux qui paient les vétérinaires. Ceux qui passent des nuits à côté d’un animal terrorisé. Ceux qui apprennent à un chien que toutes les mains ne frappent pas. Ceux qui attendent parfois des mois avant qu’un animal accepte simplement d’être touché.

« Ce n’est qu’un animal »

Cette phrase vous arrange probablement beaucoup.

Comme si l’espèce de la victime diminuait la cruauté du geste.

Mais la question n’est pas de savoir si la victime est humaine.

La question est de savoir ce que votre comportement dit de vous.

Et parmi toutes les possibilités, vous avez choisi de le faire souffrir.

Cela suffit largement à me renseigner.

Non, je ne vous souhaite pas « la même chose », quoique …

Je ne le souhaite pas, enfin …

Pas parce que j’éprouve soudain une immense compassion pour vous.

Je souhaite quelque chose de plus utile. Je souhaite que vous soyez identifié, aux yeux de tous. Condamné. Que les sanctions soient réellement dissuasives et qu’elles touchent à votre portefeuille ou à celui des parents si vous êtes encore mineur.

Et surtout que vous soyez interdit de détenir à nouveau un animal.

Parce qu’un autre chien ou un autre chat n’a pas à devenir le cobaye chargé de vérifier si vous avez changé.

Alors dites-moi : vous êtes toujours aussi fort ?

Parce que de l’extérieur, je vous assure que l’image est très différente. Je ne vois rien qui mérite le respect.

Alors oui, je vous déteste.

Mais peut-être que le mot le plus juste n’est finalement même pas celui-là.

Parce que la haine suppose encore une forme de considération.

Et face à quelqu’un qui a besoin de torturer un animal pour ressentir sa propre puissance, ce que j’éprouve est peut-être beaucoup plus simple.

Du mépris.

Vous voulez savoir ce qu’est la force ?

Essayez donc de protéger plus faible que vous.

C’est nettement plus difficile. En êtes-vous capable ?

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