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Il y a tellement de villes mortes dans l’Ouest américain que vous en croiserez toujours quelques-unes sur votre parcours. N’hésitez pas à plonger avec curiosité dans leurs âmes du temps passé. Ces endroits mystérieux valent souvent la peine de flâner quelques instants et de remonter le temps.
En venant du Lake Tahoe vers la Vallée de la Mort, à la hauteur de Yosemite, vous passerez non loin de Bodie. Bien que toujours en Californie, elle se trouve pratiquement à la limite de la frontière du Nevada et culmine fièrement à environ 2 550 mètres d’altitude.
La route chaotique et longue qui y mène peut devenir difficilement accessible en hiver ; prévoyez donc de vous y rendre en dehors des tempêtes de neige (pour peu que vous sachiez qu’il y en a !).
Le passé
Une ruée vers l’or rapide, des gisements miniers fertiles, une conquête inattendue, et puis soudain, une absence de tout ce qui a fait qu’on s’y est installé. C’est ensuite rapidement le départ vers un avenir qu’on espère meilleur. Le déclin est en route. Deux grands incendies, en 1892 et 1932, ont notamment détruit une grande partie des constructions. Quelques personnes ont néanmoins continué à vivre ou à veiller sur Bodie bien après la fin de son âge d’or. La ville est devenue un California State Park en 1962 et est aujourd’hui préservée dans un état de « dégradation contrôlée » (arrested decay).
Bodie, ville empreinte de soufre, fut aussi le repaire de brigands en tous genres. Les meurtres, vols et bagarres faisaient partie du quotidien d’une ville minière réputée particulièrement rude. En 1881, le révérend F.M. Warrington décrivait d’ailleurs la ville comme une « mer de péchés » agitée par la luxure et la passion.
Aujourd’hui
Moins de 10 % des quelque 2 000 constructions de l’époque subsistent aujourd’hui. Le principe de conservation est justement de maintenir Bodie dans son état de « dégradation contrôlée », sans la transformer en décor de western restauré. Des rangers, sur place toute l’année, s’occupent de la surveillance et de la préservation du site. Ils nous préviennent d’emporter de l’eau car la chaleur y est étouffante. Et ils avaient raison !
J’ai particulièrement apprécié de ne trouver dans cette ville ni restaurants ni attractions touristiques reconstituées. Tout y paraît authentique. Certaines maisons sont fermées au public et Bodie reste volontairement dépourvue de la plupart des installations commerciales ; un musée et une petite boutique-librairie existent toutefois sur le site.
Des habitants surprenants
Me ferez-vous part de votre expérience à Bodie ?
Text & photos © Morgan Mc Kenzie
Bodie: a ghost town
There are so many ghost towns in the American West that you are bound to come across a few on your travels. Do not hesitate to explore these places with curiosity and immerse yourself in the souls of times gone by. These mysterious places are often worth wandering through for a while and travelling back in time.
Travelling from Lake Tahoe towards Death Valley, around the Yosemite area, you will pass not far from Bodie. Although still in California, it lies relatively close to the Nevada border and stands proudly at an altitude of around 2,550 metres.
The long, rough road leading there can become difficult to access in winter, so plan your visit outside snowstorms — assuming you know there can be snow here!
The past
A rapid gold rush, productive mines, an unexpected boom, and then suddenly the disappearance of everything that had drawn people there in the first place. People moved on in search of a better future and the decline began. Two major fires, in 1892 and 1932, destroyed much of what remained. A handful of people nevertheless continued to live in or look after Bodie long after its heyday. The town became a California State Park in 1962 and is now preserved in a state of “arrested decay”.
Bodie also acquired a sulphurous reputation as a rough mining town and a haunt for all kinds of outlaws. Murders, thefts and fights were part of life in a place notorious for its lawlessness. In 1881, Reverend F.M. Warrington famously portrayed Bodie as a “sea of sin” swept by lust and passion.
Today
Fewer than 10 per cent of the roughly 2,000 structures that once stood here survive today. Bodie’s preservation philosophy is precisely to maintain the town in a state of “arrested decay”, rather than restore it into a reconstructed Wild West attraction. Rangers live and work here throughout the year, protecting and preserving the site. They warned us to bring water because the heat could be oppressive. They were right!
I particularly appreciated finding neither restaurants nor artificial tourist re-enactments in the town. Everything feels authentic. Some houses are closed to visitors and Bodie deliberately has very few commercial facilities, although there is a museum and a small bookshop on site.
Some surprising inhabitants
Will you tell me about your own experience in Bodie?

