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On vous préférait peut-être quand vous doutiez de vous

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Il y a quelque chose d’assez fascinant dans notre rapport à la confiance en soi. Nous passons notre temps à expliquer aux enfants qu’ils doivent croire en eux, aux adolescents qu’ils ne doivent pas se laisser influencer par le regard des autres et aux adultes qu’ils devraient enfin apprendre à s’accepter tels qu’ils sont. Des milliers de livres nous promettent de nous aider à gagner en assurance. Les réseaux sociaux débordent de citations nous invitant à connaître notre valeur.

Et puis quelqu’un arrive et, catastrophe, il connaît effectivement sa valeur.

Soudain, c’est beaucoup moins sympathique.

Il est arrogant, se croit supérieur, a un ego démesuré, devrait redescendre un peu. Curieusement, la confiance en soi semble être une qualité formidable tant qu’elle reste suffisamment discrète pour ne déranger personne.

Nous préférons parfois ceux qui doutent

Une personne qui doute beaucoup est relativement confortable pour son entourage. Elle demande conseil, cherche l’approbation, se remet en question et accepte parfois des choses qu’elle n’accepterait probablement pas si elle avait davantage confiance en elle. On peut lui expliquer ce qu’elle devrait faire, comment elle devrait s’habiller, ce qu’elle devrait penser de son travail, de son couple, de son corps ou de ses choix.

Quelqu’un de sûr de lui complique considérablement l’exercice. Il écoute éventuellement votre avis, mais ne se sent pas obligé de le suivre. Il peut entendre « moi, à ta place… » sans ressentir immédiatement la nécessité de devenir vous à sa place. Il sait que votre opinion existe, mais il ne la confond pas avec une instruction.

Et cela peut ĂŞtre terriblement frustrant pour ceux qui aiment avoir une influence sur les autres.

« Elle se croit vraiment… »

Se croit vraiment quoi, exactement ?

Nous avons une réaction assez étrange face à quelqu’un qui ose dire du bien de lui-même. Demandez à une personne quels sont ses défauts et elle peut vous en fournir quinze avant le café. Demandez-lui quelles sont ses qualités et vous aurez parfois l’impression de lui demander de réciter son relevé bancaire devant toute la salle.

Nous avons appris que parler positivement de soi était suspect. Il faut laisser les autres constater nos qualités et, idéalement, avoir l’air légèrement surpris lorsqu’ils nous les signalent.

« Tu es vraiment douée. »

Réponse socialement recommandée : « Oh non, pas du tout, j’ai encore tellement à apprendre. »

Essayez plutôt : « Merci, oui, je pense que je suis assez bonne dans ce domaine. »

Observez les visages.

C’est pourtant exactement la même personne, avec exactement les mêmes compétences. La seule différence est qu’elle a eu l’indécence de ne pas se diminuer elle-même.

La confiance devient arrogance lorsqu’elle ne nous arrange plus

Évidemment, les gens arrogants existent. Ceux qui écrasent les autres, monopolisent la parole, pensent tout savoir et considèrent le reste de l’humanité comme légèrement inférieur ne sont pas devenus soudainement charmants sous prétexte qu’ils auraient « confiance en eux ».

Mais nous utilisons parfois le mot arrogance avec une facilité remarquable.

Dire non n’est pas arrogant. Refuser de se justifier pendant vingt minutes n’est pas arrogant. Être fier de son travail n’est pas arrogant. Savoir que l’on est compétent n’est pas arrogant. Ne pas avoir besoin d’être aimé par tout le monde n’est pas arrogant non plus.

L’arrogance consiste à penser que l’on vaut plus que les autres. La confiance consiste à savoir que l’on ne vaut pas moins.

La nuance est énorme. Pourtant, elle disparaît très vite lorsque l’assurance de quelqu’un nous dérange.

Les personnes sûres d’elles posent davantage de limites

Et voilà probablement une partie du problème.

Quelqu’un qui connaît sa valeur devient plus difficile à convaincre qu’il devrait accepter l’inacceptable. Il quitte plus facilement une relation dans laquelle on le traite mal. Il négocie son salaire. Il refuse certaines demandes. Il cesse de courir après ceux qui ne font aucun effort pour lui. Il ne confond plus gentillesse et disponibilité permanente.

En résumé, il devient moins pratique.

La personne qui disait toujours oui commence à dire non. Celle qui s’excusait d’avoir une opinion commence à la donner. Celle qui cherchait constamment à être rassurée n’en éprouve plus autant le besoin. Et certaines personnes qui appréciaient beaucoup l’ancienne version découvrent soudain que la nouvelle est « devenue difficile ».

Elle n’est peut-être pas devenue difficile.

Elle est simplement devenue plus difficile Ă  utiliser.

Votre assurance agit parfois comme un miroir

La confiance des autres peut également nous renvoyer brutalement à nos propres hésitations.

Voir quelqu’un porter exactement ce qu’il veut sans se demander si les autres vont aimer peut agacer celui qui change trois fois de tenue avant de sortir. Voir quelqu’un quitter un travail qui le rend malheureux peut déranger celui qui se plaint du sien depuis dix ans sans oser partir. Voir une personne voyager seule, créer une entreprise, montrer son travail, prendre la parole ou simplement vivre sans demander constamment l’autorisation peut réveiller une question assez inconfortable : pourquoi est-ce que moi, je n’ose pas ?

Il est alors tentant de transformer ce malaise en critique.

Tout est dans le dosage

Il faut être ambitieux, mais pas arriviste. Fort, mais doux. Indépendant, mais pas trop. Savoir ce que l’on veut, mais rester ouvert aux suggestions de tout le monde. Être fier de son apparence, mais surtout ne jamais donner l’impression de se trouver irrésistible. Réussir, mais avouer combien tout cela a été difficile afin que personne ne pense que l’on est simplement satisfait de soi.

Souvent on dit de ces personnes qu’elles sont intimidantes. Le mot « intimidant » est d’ailleurs intéressant. Il décrit parfois moins la personne observée que l’effet qu’elle produit sur celui qui l’observe. Elle est peut-être simplement entrée dans une pièce sans avoir pensé à se rendre plus petite.

Ne plus chercher l’approbation change beaucoup de choses

Il existe un moment particulièrement agréable dans une vie : celui où l’on comprend que tout le monde ne nous aimera jamais.

Au début, la nouvelle paraît assez mauvaise. Ensuite, elle devient extraordinairement reposante.

Parce que si l’approbation universelle est impossible, autant arrêter d’organiser son existence autour d’elle. Certaines personnes vous trouveront formidable et d’autres insupportable. Certaines admireront exactement ce que d’autres critiqueront. Vous serez trop ambitieux pour l’un, pas assez pour l’autre ; trop voyant ici, trop discret ailleurs.

On peut passer une vie entière à régler le curseur.

Ou décider qu’il n’existe peut-être pas de bon réglage.

Avoir confiance en soi ne signifie pas ne plus jamais douter. Les personnes les plus assurées connaissent aussi la peur, les complexes et les moments d’incertitude. La différence est peut-être simplement qu’elles ont cessé de considérer chaque doute comme la preuve qu’elles doivent renoncer.

Elles avancent quand mĂŞme.

Alors oui, vous dérangerez peut-être

À mesure que vous apprenez à vous connaître, certaines choses deviennent plus simples. Vous savez davantage ce que vous voulez, mais surtout ce que vous ne voulez plus. Vous expliquez moins. Vous vous excusez moins pour des choses qui ne nécessitent aucune excuse. Vous cessez progressivement de demander aux autres la permission d’être la personne que vous êtes.

Et tout le monde n’applaudira pas.

Certains diront que vous avez changé. Ils auront probablement raison.

D’autres diront que vous vous croyez supérieur. Peut-être simplement parce que vous avez enfin cessé de vous croire inférieur.

Et quelques-uns tenteront de vous faire redescendre d’un étage, généralement sans que personne ne leur ait demandé de gérer l’ascenseur.

Laissez-les faire.

Les gens sûrs d’eux ne dérangent pas forcément parce qu’ils prennent trop de place. Ils dérangent parfois simplement parce qu’ils ont cessé de demander aux autres combien de place ils avaient le droit de prendre.


Perhaps people preferred you when you doubted yourself

There is something rather fascinating about our relationship with self-confidence. We spend our time telling children that they should believe in themselves, teenagers that they should not allow other people’s opinions to influence them, and adults that they should finally learn to accept themselves as they are. Thousands of books promise to help us become more self-assured. Social media is overflowing with quotes telling us to know our worth.

And then someone comes along and, disaster, they actually do know their worth.

Suddenly, it is much less appealing.

They are arrogant, think too highly of themselves, have an enormous ego, should come back down to earth a little. Curiously, self-confidence seems to be a wonderful quality as long as it remains discreet enough not to bother anyone.

Sometimes we prefer people who doubt themselves

A person who doubts themselves a great deal is relatively comfortable for those around them. They ask for advice, seek approval, question themselves and sometimes accept things they probably would not accept if they had more confidence. You can tell them what they should do, how they should dress, what they should think about their work, their relationship, their body or their choices.

Someone who is self-assured makes the exercise considerably more difficult. They may listen to your opinion, but they do not feel obliged to follow it. They can hear “if I were you…” without immediately feeling the need to become you in their place. They know your opinion exists, but they do not mistake it for an instruction.

And that can be terribly frustrating for people who like to have influence over others.

“She really thinks she’s…”

Thinks she is what, exactly?

We have a rather strange reaction to someone who dares to say something positive about themselves. Ask a person what their flaws are and they can give you fifteen before coffee. Ask them what their qualities are and you may get the impression you have asked them to read out their bank statement in front of the whole room.

We have learnt that speaking positively about ourselves is suspicious. We are supposed to let other people notice our qualities and, ideally, look slightly surprised when they point them out.

“You’re really talented.”

Socially recommended response: “Oh no, not at all, I still have so much to learn.”

Try instead: “Thank you, yes, I think I’m quite good at this.”

Watch the faces.

And yet it is exactly the same person, with exactly the same skills. The only difference is that they had the indecency not to diminish themselves.

Confidence becomes arrogance when it no longer suits us

Of course arrogant people exist. Those who belittle others, monopolise conversations, think they know everything and regard the rest of humanity as slightly inferior have not suddenly become charming simply because they supposedly have “self-confidence”.

But we sometimes use the word arrogance with remarkable ease.

Saying no is not arrogant. Refusing to justify yourself for twenty minutes is not arrogant. Being proud of your work is not arrogant. Knowing that you are competent is not arrogant. Not needing everyone to like you is not arrogant either.

Arrogance means believing that you are better than other people. Confidence means knowing that you are not worth less.

The distinction is enormous. Yet it disappears very quickly when someone else’s confidence bothers us.

Self-confident people set more boundaries

And that is probably part of the problem.

Someone who knows their worth becomes harder to convince that they should accept the unacceptable. They leave a relationship in which they are treated badly more easily. They negotiate their salary. They refuse certain requests. They stop chasing people who make no effort for them. They no longer confuse kindness with permanent availability.

In short, they become less convenient.

The person who always said yes starts saying no. The one who apologised for having an opinion starts expressing it. The one who constantly sought reassurance no longer needs quite so much of it. And some people who liked the old version very much suddenly discover that the new one has “become difficult”.

Perhaps they have not become difficult.

Perhaps they have simply become harder to use.

Your confidence can act like a mirror

Other people’s confidence can also confront us rather brutally with our own hesitation.

Seeing someone wear exactly what they want without wondering whether others will like it can irritate someone who changes outfit three times before going out. Seeing someone leave a job that makes them unhappy can unsettle someone who has complained about their own for ten years without daring to leave. Seeing a person travel alone, start a business, show their work, speak up or simply live without constantly asking permission can awaken a rather uncomfortable question: why don’t I dare?

It is then tempting to turn that discomfort into criticism.

It is all about the right amount

You should be ambitious, but not ruthless. Strong, but gentle. Independent, but not too much. Know what you want, but remain open to everyone’s suggestions. Be proud of your appearance, but above all never give the impression that you find yourself irresistible. Succeed, but admit how difficult it all was so that nobody thinks you are simply pleased with yourself.

People like this are often described as intimidating. The word “intimidating” is interesting in itself. Sometimes it describes the effect on the observer more than the person being observed. Perhaps they simply walked into a room without thinking they ought to make themselves smaller.

No longer seeking approval changes a great deal

There is a particularly pleasant moment in life: the moment when you understand that not everyone is ever going to like you.

At first, this sounds like rather bad news. Then it becomes extraordinarily freeing.

Because if universal approval is impossible, we may as well stop organising our existence around it. Some people will think you are wonderful and others unbearable. Some will admire exactly what others criticise. You will be too ambitious for one person, not ambitious enough for another; too conspicuous here, too discreet there.

You can spend an entire lifetime adjusting the dial.

Or decide that perhaps there is no correct setting.

Having confidence does not mean never doubting yourself again. Even the most self-assured people experience fear, insecurities and moments of uncertainty. The difference may simply be that they have stopped treating every doubt as proof that they should give up.

They carry on anyway.

So yes, you may bother people

As you get to know yourself better, certain things become simpler. You know more clearly what you want, but above all what you no longer want. You explain less. You apologise less for things that require no apology. Little by little, you stop asking other people for permission to be who you are.

And not everyone will applaud.

Some will say you have changed. They will probably be right.

Others will say you think you are superior. Perhaps simply because you have finally stopped believing you are inferior.

And a few will try to bring you down a floor or two, usually without anyone having asked them to operate the lift.

Let them.

Self-confident people do not necessarily bother others because they take up too much space. Sometimes they bother them simply because they have stopped asking other people how much space they are allowed to take.

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