Les personnes qui n’aiment pas le contact physique

Certaines personnes ne supportent pas le moindre contact, une main sur une épaule, une caresse plus intime, un effleurement furtif et c’est la fuite. Ce qui devrait provoquer un bien-être et un apaisement, procure de l’agacement et de l’angoisse.

Selon la revue Scientific American, notre corps possède une mémoire tactile et porte des stigmates invisibles. Les endroits plus ou moins touchés par les figures parentales deviennent sources d’angoisse pour ceux à l’enfance brisée alors que pour d’autres elles sont synomymes de plaisir. Je me souviens encore de la douceur des doigts de ma mère me caressant les cheveux et la nuque, m’embrassant de baisers bruyants sur la joue.  Aujourd’hui j’adore toujours ce même contact dans mes relations sentimentales.

Il y a clairement un lien très fort entre les personnes qui ont une angoisse du toucher et une histoire corporelle compliquée avec leur mère. Eloigner le contact physique devient la seule manière d’occulter des souvenirs devenus trop douloureux.

Le toucher est l’un des sens les plus importants, et aussi le seul à être rendu. Quand on nous touche, on s’attend à ce que nous touchions aussi. Pour ceux qui appréhendent le toucher, c’est le début de la peur et du rejet.  C’est aussi un début d’un combat difficile à gagner. Ils s’isolent des relations sentimentales puisqu’ils savent qu’ils vont devoir à un moment entrer dans la phase où il n’y aura plus moyen de refuser d’être en contact physiquement.

Notre corps est le premier témoin de notre histoire, nos cicatrices témoignent d’un passé plus ou moins heureux : une chute en vélo, une brûlure domestique, une dent cassée, … toutes ces petites choses qui nous rappellent notre enfance.  Refuser d’être touché, c’est refuser de se souvenir de ce passé triste. Certaines maladies psychosomatiques de la peau peuvent même apparaître afin de disuader les curieux de regarder ou de toucher les endroits jugés trop personnels. Les émotions deviennent trop fortes, on a l’impression qu’aucune barrière à part son propre corps ne peut aider à refuser ce contact. Le corps tout entier devient un paravent contre l’ennemi.

Un travail thérapeutique pourrait néanmoins aider à déterminer quelles sont les empreintes corporelles qui ont marqué de manière indélébile ce corps refusant tout plaisir pouvant devenir sexuel.

Comment gérer la situation pour celui qui déteste le contact ?

Parlez-en.

N’hésitez pas à en parler avec votre partenaire afin que celui-ci ne se sente pas délaissé dans la relation. Il est important de communiquer et de dédramatiser la situation.

Se toucher soi-même.

Puisqu’il est presque impossible d’éviter éternellement le contact avec l’autre, autant s’habituer à le trouver réconfortant ou du moins supportable. Tentez de déterminer quelles parties de votre corps trouvent agréables d’être effleurées. Essayez d’apprivoiser votre peau. Pourquoi ne pas vous masser les mains, la nuque, les bras ? Détendez-vous et essayez de palper délicatement votre peau pour en faire un endroit de plaisir et l’habituer à ce même contact donné par une tierce personne.

Réflechir au contexte.

Une personne a osé vous faire une caresse, et ça y est déjà vous avez envie de fuir. Posez-vous donc les bonnes questions. Quel est le contexte ? Etait-ce intime ou juste amical ? Le contact est-il justifié ou déplacé ? Qu’avez-vous ressenti ? Cette personne est-elle tactile avec tout le monde ou juste avec vous ?

Se lancer tout doucement.

Pas à pas, dirigez la main de votre partenaire vers une partie de votre corps où les contacts sont les bienvenus. Ensuite, essayez du bout des doigts de nouvelles sensations. D’une caresse à une autre, vous arriverez enfin à trouver ces nouvelles émotions attirantes jusqu’à peut-être en demander plus.

Comment réagir quand son partenaire n’aime pas le contact ?

S’il est ouvert à la discussion, abordez son passé et écoutez sans juger.

S’il refuse vos baisers, esquive votre main sur son ventre ou déteste vos massages, ne vous inquiétez pas, ce n’est que la sensation de contact sur sa peau qu’il n’aime pas. Ne vous vexez pas, il n’y a aucun rejet de votre personne. Ne le culpabilisez pas, et demandez-lui où il aimerait être touché. Partez ensuite explorer ces endroits et vous verrez que plus il sera à l’aise, plus il viendra de lui-même vers vous.