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Jâai eu lâoccasion dâentendre la voix suave de Typh Barrow lors dâun concert privĂ© et je suis tombĂ©e sous le charme de cette personnalitĂ© naturelle. Câest donc tout Ă fait logiquement que jâai pensĂ© Ă elle pour ma nouvelle rubrique « Ces Belges qui mâinspirent ».
Le rendez-vous avec lâartiste de 30 ans a Ă©tĂ© rapidement concrĂ©tisĂ© (surprenant quand on sait que dâautres personnalitĂ©s nettement moins mĂ©diatisĂ©es ne prennent mĂȘme pas la peine de rĂ©pondre Ă une demande dâinterview). AssurĂ©ment cette jeune chanteuse nâa pas pris un milligramme de grosse tĂȘte.
Saviez-vous que le chanteur californien Coolio, sĂ©duit par cette voix cassĂ©e, a retweetĂ© le cover de Gangstaâs Paradise en affirmant que câĂ©tait le meilleur quâil ait jamais entendu ? Qui peut en dire autant ?
Loin dâĂȘtre une inconnue pour les amateurs de musique soul pop, câest six ans aprĂšs son premier single que sort lâalbum de la jeune Bruxelloise. Raw est Ă peine sorti quâil entre dĂ©jĂ dans lâUltratop.
Cette Ćuvre, travaillĂ©e dans les moindres dĂ©tails, aux textes et musiques entiĂšrement signĂ©s par Typh, est remplie de sensibilitĂ©. DĂ©finir Raw est difficile. Il demande Ă ĂȘtre dĂ©gustĂ© comme les meilleurs vins pour en dĂ©couvrir pas Ă pas les diffĂ©rentes influences et sonoritĂ©s particuliĂšres qui font tout lâunivers de Typh Barrow.
Sa voix de diva noire, tantĂŽt Ă©mouvante tantĂŽt fragile, tranche avec son look de jeune fille branchĂ©e aux yeux bleus. Câest sans tabou que cette solitaire nous livre les Ă©motions qui sont les siennes. Et ce nâest pas parce quâune partie de lâalbum a Ă©tĂ© enregistrĂ©e sur du matĂ©riel des annĂ©es 60 quâil nâest pas rempli de modernitĂ©, au contraire. Ăclatant et musclĂ©, Raw nous entraĂźne au fil des titres dans un crescendo musical aux ambiances mystĂ©rieuses et intemporelles.
On nâa pas fini dâentendre parler de cette jeune demoiselle, je vous le prĂ©dis.
On dit que câest en cassant le tourne-disque de votre pĂšre que vous avez commencĂ© Ă pratiquer votre passe-temps prĂ©fĂ©rĂ©, la musique. Est-ce la rĂ©alitĂ© ou une anecdote un peu enrobĂ©e ?
« Jâavais dĂ©jĂ commencĂ© la musique Ă lâĂąge de 5 ans. Mes parents mâavaient donnĂ© la chance dâapprendre le solfĂšge. Câest un peu plus tard que jâai dĂ©couvert le vieux tourne-disque de mon pĂšre et que je suis tombĂ©e amoureuse de la voix de Stevie Wonder. En Ă©coutant un de ses vinyles, jâai cassĂ© le bras du fameux tourne-disque. JâĂ©tais trĂšs jeune et je savais Ă peine comment il fonctionnait. Du coup, jâai dĂ» me cacher pour pouvoir lâutiliser. Ce nâest pas ce qui mâa donnĂ© le goĂ»t de la musique, mais câest ce qui mâa donnĂ© lâadmiration pour Stevie Wonder. Câest dans la musique anglo-saxonne des annĂ©es 60-70 que jâai baignĂ©. Le blues, la soul, Miles Davis, Eric Clapton, BB King sont les musiques et les interprĂštes que jâĂ©coutais. »
Votre album sâintitule RAW, ce qui veut dire brut ou pur en français. Quelle signification a-t-il pour vous ?
« Ăa veut pouvoir dire plusieurs choses en anglais. Pour moi, câĂ©tait une Ă©vidence. Cela fait rĂ©fĂ©rence Ă la conception brute et Ă lâancienne de lâalbum. Bien sĂ»r, il y a un travail de sophistication aprĂšs. Beaucoup de post-prod pour y apporter la touche de modernitĂ©. Raw, câest aussi la matiĂšre premiĂšre, la toile de fond que je voulais assez brute. Il y a encore la rĂ©fĂ©rence Ă ma personnalitĂ© que jâavais envie de montrer. Je sais que les gens ont une image de moi qui peut parfois ĂȘtre sophistiquĂ©e, sĂ»re dâelle. Beaucoup pensent que je suis une femme forte alors quâen fait jâai une personnalitĂ© assez ambivalente. LâextĂ©rieur, câest ma carapace, donc câest clair que cela fait partie de moi. Mais derriĂšre il y a quand mĂȘme un cĂŽtĂ© trĂšs Ă fleur de peau, un peu fragile. Jâavais envie de livrer aussi cette dualitĂ© avec mon cĂŽtĂ© garçon manquĂ©. »
Si vous pouviez choisir un artiste avec lequel faire un duo, quel serait cet artiste ?
« Il y a beaucoup dâartistes que jâadmire. Jâaimerais partager un moment de musique avec beaucoup dâentre eux. Disons que prĂšs de chez nous jâaurais trĂšs envie de faire un duo avec Akhenaton parce que jâadore son flow et sa plume. Câest un immense artiste. Il a vraiment un style et une patte incomparables. Câest grĂące Ă mon frĂšre que jâai baignĂ© dans le monde du rap et que jâai Ă©coutĂ© notamment âLâĂcole du micro dâargentâ dâIAM. »
Dâautres artistes belges que vous admirez ?
« Jâai pas mal Ă©coutĂ© Vaya Con Dios â Dani Klein dans mon adolescence. Sa voix est incroyable. Je trouve que nous avons un incontestable foisonnement musical en Belgique, nous avons de vrais talents. Câest totalement hype aujourdâhui dâĂȘtre belge. Je pense que câest surtout Stromae qui nous a ouvert la voie. »
Et une carriĂšre anglo-saxonne ?
« Plus je voyage pour ma musique plus je dĂ©couvre dâautres cultures. Ce qui mâarrive actuellement est dĂ©jĂ gĂ©nial mais je ne fais pas de plans parce que lâattente crĂ©e la dĂ©ception. Je profite juste de ce qui est en train de mâarriver. On verra bien de quoi demain sera fait. »
Votre album a Ă©tĂ© enregistrĂ© en deux parties : une Ă Londres et une en Belgique. Est-ce que vous pouvez mâen dire un peu plus ?
« Ce nâest pas Abbey Road, mais ce sont les studios qui ont rĂ©cupĂ©rĂ© le matĂ©riel de Abbey Road. On sâest demandĂ©, mon producteur François Leboutte et moi-mĂȘme, quelle direction donner Ă cet album. Pour ma part, en toile de fond je voulais vraiment les roots avec lesquelles jâai grandi. Quelque chose de vintage et de soul, un peu les sixties. Quoi de mieux que dâaller dans le berceau musical des Beatles ? Ce nâĂ©tait pas le but de seulement y enregistrer, mais aussi de ressentir lâĂąme et lâesprit de ces annĂ©es-lĂ . Tout le monde dans une mĂȘme piĂšce, pas de mĂ©tronome. On joue sur des instruments qui datent de lâĂ©poque et qui donnent un son incroyable. Un piano dont il manque trois touches mais on sâen fiche parce que le son est tellement chaud et distinctif que câest celui quâon veut et pas un autre. On enregistre tout en une seule traite donc sâil y en a un qui se plante, on recommence. Si quelquâun tousse, on se dit âTant pis, on le gardeâ. Câest vraiment chargĂ© dâhistoire, de chaleur et de vĂ©cu. Avant jâĂ©tais habituĂ©e Ă enregistrer dans des studios bien propres et confortables. »
Votre album, sorti dĂ©but janvier, a rencontrĂ© un Ă©norme succĂšs. OĂč voulez-vous quâil vous emmĂšne ?
« Je nâai vraiment pas dâattentes, il est dĂ©jĂ en train de mâemmener lĂ oĂč je ne pensais pas. NumĂ©ro 1 de lâUltratop câest un rĂȘve de petite fille qui se concrĂ©tise comme la sortie de cet album et le vinyle. Le 5 octobre je passe Ă lâAncienne Belgique, je rĂȘvais aussi de jouer dans cette salle. JâespĂšre quâil plaira Ă un maximum de gens et quâon puisse encore continuer Ă faire de la scĂšne comme aujourdâhui. Cette envie-lĂ est raisonnable je pense. »
Vous avez mis deux années à enregistrer et écrire votre album, qui est un bijou de la musique. Quel processus créatif se cache derriÚre ?
« Je suis trĂšs solitaire, je nâai jamais essayĂ© dâĂ©crire ailleurs que toute seule dans ma chambre. Je fonctionne trĂšs fort Ă lâintuition quand jâĂ©cris. Je fais Ă©couter les chansons Ă mon producteur, on en discute et puis on fait un tri. AprĂšs, les musiciens donnent leur avis. Une dĂ©marche assez classique je pense. Le pas suivant, câest la prĂ©sentation au public sur scĂšne et les rĂ©actions. Pour Raw, nous avons fait un mix entre ce qui a plu au public et ce qui nous parlait le plus. »
OĂč puisez-vous lâinspiration pour Ă©crire vos chansons ?
« Dans tout, dans une autre musique, dans un film, une phrase, un livre. Dans une expĂ©rience vĂ©cue aussi. JâĂ©cris souvent sur ce que je vis parce que je ne sais pas rĂ©ellement parler dâautre chose. Mais jâĂ©cris aussi sur ce qui se passe autour de moi et ce qui me touche, câest-Ă -dire ma famille, mes proches. Câest plus facile dâĂ©crire dans des pĂ©riodes difficiles parce que jâai plus de choses Ă exprimer. Dans ces moments-lĂ , la musique est un exutoire. Et puis Gainsbourg disait que prendre une photo du ciel câĂ©tait bien mais que la photo nâĂ©tait jamais aussi belle que quand il se passe quelque chose, quand il y a un orage, quand il pleut, quand il y a une tempĂȘte. Et pas quand tu as un grand ciel bleu. »
Quelle chanson a été la plus difficile à écrire ?
« Pas tellement Ă Ă©crire parce quâen gĂ©nĂ©ral quand ce nâest pas assez abouti, je zappe, mais plutĂŽt Ă arranger. Câest âYellow Eyesâ, on ne trouvait pas le bon arrangement, mais grĂące Ă François qui a fait un travail extraordinaire, on a pu finalement la sortir. »
Et laquelle est la plus personnelle mĂȘme si elles le sont toutes ?
« âFloatingâ, qui est une dĂ©claration dâamour mais qui est pour lâinstant celle qui a une rĂ©sonance particuliĂšre pour moi tant pour les paroles que pour la mĂ©lodie. Câest difficile car chaque chanson est trĂšs personnelle. Certaines sont sombres ou plus compliquĂ©es mais âFloatingâ, qui est plutĂŽt gaie, a Ă©tĂ© enregistrĂ©e vraiment par hasard. On nâallait pas la mettre sur lâalbum et on a bien fait de le faire parce que beaucoup de gens mâen parlent maintenant. Comme quoi quand câest spontanĂ©, ça marche vraiment bien. »
Comment avez-vous réussi à faire de cette voix qui vous complexait un atout ?
« Câest vrai que jâai une voix un peu androgyne. Ăa nâa pas Ă©tĂ© facile comme processus dâidentification Ă lâadolescence. JâĂ©tais un peu garçon manquĂ©, je jouais avec les potes de mon frĂšre, jâĂ©tais le 11e joueur de foot. MĂȘme mon pĂšre confondait ma voix avec celle de mon frĂšre. En plus, les standards de lâĂ©poque Ă©taient des voix ultra fĂ©minines comme Mariah Carey. Je me suis dit que si je nâĂ©tais pas capable de reprendre les chansons des autres, il fallait que je crĂ©e les miennes. Jâai commencĂ© Ă apprivoiser ma voix et je me suis lancĂ©e dans des piano-bars et rendu compte que je pouvais en faire une force plutĂŽt quâune faiblesse. »
Avez-vous un rituel avant de monter sur scĂšne ?
« Oui, je me maquille seule, parce que cela me permet dâĂȘtre concentrĂ©e et de me focaliser sur autre chose. Jâai aussi un petit geste porte-bonheur avec mes musiciens devenus entre-temps ma petite famille. »
Quâest-ce qui fait un bon chanteur ?
« La qualitĂ© principale que jâaime chez un autre chanteur, câest quand jâai lâimpression quâil vit ce quâil chante et quâil sâoublie totalement. Ătre sincĂšre et connectĂ© pour raconter quelque chose qui touche le public. »
Je tiens encore Ă chaleureusement remercier Typh Barrow pour sa gentillesse et le temps quâelle a voulu consacrer Ă cette interview.
Mise Ă jour 2026
Huit ans plus tard, ma petite prĂ©diction nâĂ©tait finalement pas si mauvaise. Typh Barrow a poursuivi sa carriĂšre, rempli de grandes salles et revient en 2026 avec DREAMA, son nouvel album sorti le 27 mars. Une tournĂ©e accompagne ce nouveau chapitre, avec notamment des dates Ă Bruxelles, LiĂšge, Mons, Charleroi, Paris et Luxembourg. Lâinterview ci-dessus reste volontairement celle de 2018 : je nâen ai pas modifiĂ© les rĂ©ponses, parce quâelles racontent exactement qui elle Ă©tait et oĂč elle en Ă©tait Ă ce moment-lĂ .
Typh Barrow: sensitivity, creativity, a mesmerising voice and a great deal of talent
I had the opportunity to hear Typh Barrowâs velvety voice at a private concert and I immediately fell for her natural, unaffected personality. It therefore seemed entirely logical to feature her in my new series, âBelgians who inspire meâ.
The meeting with the 30-year-old artist was arranged very quickly (which is rather refreshing when you know that far less high-profile personalities sometimes do not even bother to reply to an interview request). One thing is certain: this young singer has not developed even a milligram of an ego.
Did you know that Californian rapper Coolio, taken with her husky voice, retweeted her cover of Gangstaâs Paradise, saying it was the best he had ever heard? How many people can say that?
Far from unknown among soul-pop fans, the young Brussels singer released her album six years after her first single. Raw had barely come out before entering the Ultratop chart.
The record, crafted down to the smallest detail, with lyrics and music written entirely by Typh, is filled with sensitivity. Raw is difficult to define. It deserves to be savoured like a fine wine, gradually revealing the influences and distinctive sounds that make up Typh Barrowâs universe.
Her deep, soulful voice, by turns moving and fragile, contrasts with her fashionable young-woman look and blue eyes. Without taboos, this rather solitary artist shares her emotions with us. And just because part of the album was recorded on equipment from the 1960s does not make it old-fashioned â quite the opposite. Bright and powerful, Raw carries us from track to track through a musical crescendo of mysterious, timeless atmospheres.
We certainly havenât heard the last of this young woman â thatâs my prediction.
People say that breaking your fatherâs record player was what started your favourite pastime, music. Is that really what happened, or is the story a little embellished?
âI had already started music at the age of five. My parents gave me the opportunity to learn music theory. It was a little later that I discovered my fatherâs old record player and fell in love with Stevie Wonderâs voice. While listening to one of his records, I broke the arm of that famous turntable. I was very young and barely knew how it worked. So afterwards I had to hide in order to use it. It wasnât what gave me a taste for music, but it did give me my admiration for Stevie Wonder. I grew up immersed in Anglo-Saxon music from the 1960s and 70s. Blues, soul, Miles Davis, Eric Clapton and BB King were the music and artists I listened to.â
Your album is called RAW, which can mean raw or pure. What does the title mean to you?
âIt can mean several things in English. For me it was obvious. It refers to the raw, old-fashioned way in which the album was made. Of course, there is sophisticated work afterwards, a lot of post-production to give it a modern touch. Raw is also the raw material, the backdrop that I wanted to keep quite stripped back. It also refers to the personality I wanted to show. I know people sometimes have an image of me as sophisticated and self-confident. Many think I am a strong woman, whereas in reality I have quite an ambivalent personality. The exterior is my armour, so of course it is part of me. But underneath there is also a very sensitive, rather fragile side. I wanted to reveal that duality too, together with my tomboy side.â
If you could choose one artist to record a duet with, who would it be?
âThere are many artists I admire. I would love to share a musical moment with many of them. Closer to home, I would really like to record a duet with Akhenaton because I love his flow and his writing. He is an immense artist. He genuinely has a style and signature that are unlike anyone elseâs. It was thanks to my brother that I grew up around rap and listened in particular to IAMâs LâĂcole du micro dâargent.â
Are there other Belgian artists you admire?
âI listened to Vaya Con Dios and Dani Klein a lot as a teenager. Her voice is incredible. I think we have an undeniable abundance of music in Belgium, with genuine talent. Itâs completely cool to be Belgian today. I think Stromae in particular opened the way for us.â
And an international, English-speaking career?
âThe more I travel for my music, the more I discover other cultures. What is happening to me at the moment is already wonderful, but I donât make plans because expectations create disappointment. Iâm simply enjoying what is happening to me. Weâll see what tomorrow brings.â
Your album was recorded in two parts, one in London and one in Belgium. Can you tell me a little more about that?
âIt wasnât Abbey Road, but the studios had acquired equipment from Abbey Road. My producer François Leboutte and I asked ourselves what direction we wanted to take with the album. Personally, I really wanted the roots I grew up with in the background â something vintage and soulful, a little bit sixties. What better place than the musical home of the Beatles? The idea wasnât only to record there, but also to feel the soul and spirit of those years. Everyone was in the same room, no metronome. We played instruments from that era and they produced an incredible sound. There was a piano with three keys missing, but we didnât care because the sound was so warm and distinctive that it was the one we wanted and no other. We recorded everything in one take, so if someone made a mistake, we started again. If somebody coughed, we would say, âNever mind, letâs keep it.â It was genuinely full of history, warmth and lived experience. Before that, I was used to recording in very clean, comfortable studios.â
Your album, released at the beginning of January, has been a huge success. Where would you like it to take you?
âI genuinely donât have expectations. Itâs already taking me places I never imagined. Being number one in the Ultratop is a childhood dream coming true, just like releasing the album and the vinyl. On 5 October Iâm playing at the Ancienne Belgique, and I had always dreamed of playing there too. I hope as many people as possible will like it and that we can continue performing as we are today. I think thatâs a reasonable wish.â
You spent two years writing and recording the album. What creative process lies behind it?
âIâm very solitary. Iâve never tried writing anywhere other than alone in my bedroom. I work very much by instinct when I write. I play the songs to my producer, we discuss them and then make a selection. Afterwards the musicians give their opinions. I think itâs a fairly classic process. The next step is presenting the songs to the audience on stage and seeing the reaction. For Raw, we mixed what audiences liked with what spoke to us most.â
Where do you find inspiration for your songs?
âEverywhere â in other music, a film, a sentence, a book, or something Iâve experienced. I often write about what I live through because I donât really know how to talk about anything else. But I also write about what is happening around me and what affects me â my family and those close to me. Itâs easier to write during difficult periods because I have more to express. At those times music is an outlet. Gainsbourg used to say that taking a picture of the sky was fine, but the photograph was never as beautiful as when something was happening â a storm, rain, a tempest â rather than simply a huge blue sky.â
Which song was the most difficult to write?
âNot so much to write, because usually if something isnât developed enough I drop it, but rather to arrange. That was âYellow Eyesâ. We couldnât find the right arrangement, but thanks to François, who did extraordinary work, we finally managed to release it.â
And which is the most personal, even though they all are?
ââFloatingâ, which is a declaration of love and, at the moment, the song that resonates most strongly with me, both lyrically and melodically. Itâs difficult because every song is very personal. Some are darker or more complicated, but âFloatingâ, which is quite cheerful, was actually recorded by chance. We werenât going to put it on the album and Iâm glad we did because so many people talk to me about it now. It just shows that when something is spontaneous, it can work really well.â
How did you manage to turn the voice you once felt self-conscious about into an asset?
âItâs true that my voice is rather androgynous. That wasnât an easy part of finding my identity as a teenager. I was a bit of a tomboy, I played with my brotherâs friends, I was the eleventh football player. Even my father confused my voice with my brotherâs. And at the time the standards were ultra-feminine voices like Mariah Carey. I told myself that if I couldnât sing other peopleâs songs, I would have to create my own. I began to tame my voice, started performing in piano bars and realised I could turn it into a strength rather than a weakness.â
Do you have a ritual before going on stage?
âYes, I do my own make-up because it allows me to concentrate and focus on something else. I also have a little lucky gesture with my musicians, who have since become my little family.â
What makes a good singer?
âThe main quality I like in another singer is when I feel that they are living what they are singing and completely forgetting themselves. Being sincere and connected, telling something that reaches the audience.â
I would once again like to warmly thank Typh Barrow for her kindness and for the time she was willing to give to this interview.
2026 update
Eight years later, my little prediction turned out not to be so bad after all. Typh Barrow continued her career, filled major venues and returned in 2026 with DREAMA, her new album released on 27 March. A new tour accompanies this chapter, with dates including Brussels, LiĂšge, Mons, Charleroi, Paris and Luxembourg. I have deliberately left the interview above as an interview from 2018: her answers have not been rewritten, because they tell us exactly who she was and where she stood at that particular moment.
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